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Malik Djoudi : « J’ai parfois l’impression que je joue ma vie »

Hugo Paluch  25 avril 2019
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© Marcel Hartmann @bandits vision

Avec un second album, sorti le 22 mars 2019, Malik Djoudi, le nouveau dandy de l’electro-pop française, confirme sa place aux côtés des artistes pionniers du genre (dont Étienne Daho en tête de cortège, que l’on retrouve d’ailleurs en duo sur l’album). Nous l’avons rencontré. 

C’est en 2017 que Malik Djoudi se lance dans une aventure solo. L’accueil est positif : il se retrouve propulsé comme un espoir du genre grâce au perfectionnisme et à la grâce des mélodies qu’il compose. S’ensuit alors une tournée puis, en parallèle, la composition de son second album. Pas question de se reposer : cet accro au travail fait paraître son projet solo à peine deux ans après le premier. 

Comment se met-on à réaliser un second album après un premier sortie dans une période de doute sur la poursuite de ta carrière ? Y a-t-il plus de confiance, plus de pression ?

J’ai eu plus de pression sur ce nouvel album. À ce stade, beaucoup de personnes te disent que c’est un palier difficile à franchir, mais j’avais plus confiance en moi après le bel accueil qui a été réservé à mon premier disque. Cela m’a donné des ailes et comme j’ai beaucoup aimé le réaliser, le fait de me remettre à composer n’a pas été difficile. En plus, quand je rentrais de tournée, j’étais toujours frappé par un sentiment d’urgence à composer. 

Après avoir eu des expériences en groupe, l’aventure solo ça change quoi ? Y a-t-il une force du collectif que tu sens devoir compenser seul ? 

Quand tu es en groupe, tu peux te reposer sur les autres. Là, j’ai abandonné tout le reste pour me concentrer sur ce projet. J’ai parfois l’impression que je joue ma vie. Il faut que j’arrive à travailler du mieux possible, je n’ai pas le temps de lésiner. 

Tu as souhaité composer le second album dans la continuité du premier. C’est accompli, selon toi ? 

Oui, je pense. Il y a une continuité dans le sens où j’ai gardé les mêmes façons de travailler, les mêmes instruments, le même matériel. Je considère que j’ai utilisé les mêmes ingrédients que pour le premier. 

Et à l’avenir ? 

Je vais essayer de toucher à autre chose, mais rien n’est sûr. 

Je trouve que c’est « un album de nuit », à écouter dans le métro ou en marchant la nuit en ville. Était-ce intentionnel ? 

Non, ce n’était pas une intention de départ, même si j’aime bien vivre la nuit, qui m’inspire J’aime son atmosphère, j’aime m’y perdre. J’ai l’impression que je vis plus la nuit que le jour. 

Tu dis être influencé par les images. Tu as d’ailleurs écris de la musique pour le cinéma. Ton écriture pour cet album a-t-elle été influencée par des images, quelles qu’elles soient ? 

Ce qui m’inspire le plus ce sont les états, les émotions : comment je me sens, avec qui je suis. Après, ce que je compose me fournit des visuels, des paysages, des tableaux dans lesquels je plonge volontiers. La composition amène l’image, et non l’inverse. 

Concernant la langue, tu as déjà écris en anglais, mais tu te concentres aujourd’hui sur le français. Est-ce pour mieux te dévoiler ? L’anglais fournit-il un moyen de moins personnaliser les morceaux ? 

Pour moi l’anglais était effectivement une cachette, j’avais peur de m’affronter. Aujourd’hui, je n’ai plus peur de ça, au contraire ! J’aime me dévoiler, parler de moi et de ce que je ressens. 

À l’écoute, on entend des influences, comme Étienne Daho, un peu de James Blake (que tu cites comme une de tes références) pour la mélancolie ; tu parles de Sébastien Tellier aussi ; mais as-tu des influences plus improbables qui pourraient surprendre nos lecteurs ?

Bob Marley, je trouve ça très fort au niveau mélodique. 

Tu as dis avoir écris une grande partie de cet album en tournée. Comment tout concilier et ne pas se perdre ? 

La composition, et la musique en général, sont sacrées pour moi. Je les prends très au sérieux, comme des membres de ma famille. J’essaie juste de ne pas me perdre dans les sentiments que je pourrais avoir pour la musique. 

Après un duo avec Daho, avec quel artiste souhaiterais-tu collaborer, mort ou vivant ? En composition, interprétation, ou les deux ? 

Erik Satie à la composition, Barbara à l’interprétation. Barbara m’émeut tellement… 

Propos recueillis par Hugo Paluch 

Nouvel album Tempéraments disponible depuis mars 2019.

Malik Djoudi sera en concert au Trianon le 20 novembre 2019 et à travers la France, vous pouvez consulter les dates sur son site officiel.

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