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MERIA : “J’aime me promener entre les styles et en tirer différentes inspirations”

Rencontre avec MERIA, un jeune DJ aux influences multiples qui évolue sur la scène électro parisienne. Il nous parle ici de son univers musical et de son collectif Quatre Records, dans lequel la musique s’accorde à la philanthropie.

Peux-tu te présenter ?

Bonjour, je suis MERIA, j’ai 22 ans, j’habite en région parisienne et je suis DJ depuis quelques années. Je suis également DJ résident et producteur pour mon collectif Quatre Records.

Quand et comment t’es-tu lancé sur la scène électro parisienne ?

Je suis juriste de formation à la base, avec un Master 2 en Droit des Affaires. Je pense que, comme beaucoup, j’ai été guidé par la passion pour la musique et le besoin de la partager. J’ai commencé dans le milieu universitaire en région parisienne, à l’Université Paris Nanterre qui a un milieu associatif ultra développé et un gros public pour la scène électronique. Il y avait pas mal d’événements et donc pas mal de possibilités de passer du son. C’est donc là-bas que j’ai fait mes armes avec mes premières dates. On avait d’ailleurs la fameuse “Ferme du Bonheur” comme voisin. Par la suite, je me suis émancipé de cette scène universitaire et j’ai enchaîné plusieurs gigs. Je retiens notamment un set techno plutôt pas mal au Warehouse de Nantes avec ALab et les gars d’Equinox Sound. Il y avait aussi une série de trois gigs pour les “Apéros Micro” des potos d’ItinéraireBis, à la Rotonde Stalingrad. Ils font du très beau travail et ont réussi à rassembler un vrai public qui rend les expériences avec eux de plus en plus enivrantes.

Comment décrirais-tu ton univers musical ?

Plutôt éclectique je dirais, j’aime me promener entre les styles et en tirer différentes inspirations. C’est d’ailleurs très utile dans la construction d’un DJ set ou dans la production musicale, dans lesquels je trouve intéressant de rechercher une vraie progression. Si je devais éviter de lister vingt styles différents, je dirais que je fais face à une grosse dualité dans mon univers musical. D’un côté, un monde minimal et micro house assez européen avec des tracks tirés de la puissance anglaise, du groove roumain ou de la très variée scène française. De l’autre côté, un monde beaucoup plus house avec des touches de disco, de funk et de soul. C’est surtout pas mal de deep house, de Chicago house, de Detroit house et de tracks tirés de la scène française. En ce moment, je traîne aussi pas mal du côté anglais avec la UK garage et le 2-step. Je n’ai pas envie de choisir entre ces deux univers, la question ne se pose pas, d’autant plus lorsqu’ils se rejoignent. En tout cas, le point commun dans tout ça, c’est avant tout la recherche d’un rythme ou d’une vibe donnant au public ou à l’auditeur l’envie de sourire ou de danser. Bref, rien d’exhaustif ou de figé dans le marbre, il y a tellement de cultures, d’époques, de styles et d’artistes à explorer. Je pense que c’est pour ça que l’on consacre autant de temps et d’énergie à la musique, pour tenter de découvrir, créer et partager cette pluralité de musiques.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent le plus ?

Il y a mille personnes à citer… Si je devais résumer, je dirais avant tout ma famille, à qui je dois mes premières influences musicales, ainsi que mes amis les plus proches avec lesquels j’écoute constamment de la musique et qui me conseillent énormément. Au niveau des artistes, la liste est également assez longue. En sorties récentes, il y a par exemple le bel univers d’Oden & Fatzo avec leur nouvel EP Vinyl World sur Hoarder, que je viens de recevoir. Il y a également DJOKO avec son EP Hooked sur Shall Not Fade. Pépé Elle, gagnant du dernier Intease Contest d’Increase The Groove, qui a sorti un EP solo, 69 Chronicles, sur Aurore 404 Records. Il y a aussi Gene On Earth avec son dernier EP The Juggler sur Limousine Dream. Un petit dernier pour la route avec Bassam sur le V/A de BinarySound, dont tous les profits sont reversés à l’association caritative La Maison des femmes.

Tu es également cofondateur et producteur de Quatre Records. Peux-tu nous parler un peu plus de ce collectif ?

Oui, tout à fait ! Quatre Records est une association loi 1901, non politisée, née récemment, fin 2019. Elle résulte d’une volonté d’organiser nos propres événements autour de la musique électronique, de promouvoir des artistes émergents et de tenter d’apporter un peu de solidarité via la scène électronique parisienne. Nous organisons nos événements en partenariat avec des associations caritatives, ONG ou fondations, qui sont en général présentes lors de ces événements pour présenter leurs démarches et leurs actions. Puis, nous leur reversons 100% des bénéfices réalisés grâce aux différents évènements. Le but est de tenter de sensibiliser notre public à certaines causes caritatives et d’essayer d’aider ces organismes dans leurs actions. Dans l’idée, on aimerait bien transposer ce principe à d’éventuelles sorties du type Various Artists ou EP. Je vous parlais d’amis tout à l’heure, Quatre Records c’est également une histoire d’amis. On se connait tous depuis plus de dix ans. Il y a Nicolas qui est Adonis en tant que DJ résident et producteur du collectif, avec un style très axé minimal. Il y a également Aurélien qui est ALab en tant que DJ résident du collectif, avec un style plus sombre entre minimal et techno industrielle. Enfin, Jean-Baptiste, qui est DJ résident du collectif, gère aussi la captation ainsi que le graphisme et la scénographie de nos événements. Sans oublier tous ceux qui nous soutiennent, nous donnent continuellement de la force et font donc indirectement partie de ce projet.

Pour quelles causes Quatre Records a déjà performé et pour lesquelles le collectif aimerait-il se mobiliser ?

Récemment et étant donné le contexte actuel, nous avons performé pour la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (Fondation HP-HF) au travers de différents appels aux dons lancés grâce à pas mal de DJ sets, diffusés en live sur nos réseaux. Nous avons aussi performé pour Les Restos du Cœur, la SPA, Bouchons d’Amour, Kep Children, STRASS, Panty Party, Les Eveillés ou encore Acceptess Transgenres grâce au festival en ligne du collectif L’Esprit Léger. Nous avons également de nombreux partenariats pour nos prochains événements avec notamment Le Rire Médecin, Le Refuge LGBT, la Ligue nationale contre le cancer, HeForShe…De nombreux appels à participation ont été lancés mais on reste évidement ouvert à toute proposition de partenariat !

Est-ce que tu peux nous parler de projets futurs, aussi bien solo qu’avec Quatre Records ?

Bien sûr ! Concernant Quatre Records, je ne peux pas vous en dire beaucoup car de nombreux éléments sont encore en discussion et la période est plus qu’instable pour l’événementiel et la vie nocturne. Cependant, de nombreux événements arrivent, avec le report, dès que les conditions sanitaires le permettront, de l’ensemble de notre programmation du printemps et de l’été. Bien évidemment, notre soutien et nos pensées vont à l’ensemble des acteurs de l’évènementiel et de la vie nocturne, au personnel soignant, aux victimes et familles des victimes de l’épidémie ainsi qu’à l’ensemble des personnes qui se battent au quotidien pour nous protéger et aider l’autre. En attendant, un grand nombre de lives et de podcasts sont à venir, toujours au bénéfice de causes qui nous tiennent à cœur. Pourquoi pas la sortie de quelques Various Artists ou l’organisation d’un festival en ligne. Les bénéfices continueraient évidement d’être versés à nos partenaires. On est aussi en train de développer du VJing et du mapping pour nos futurs événements. De mon côté, je projette de continuer à partager un maximum de musique au travers de DJ sets diffusés en live et de me consacrer à la quête du track parfait. L’absence de gigs est également l’occasion pour moi de me consacrer beaucoup plus sérieusement à la production musicale, pour laquelle de belles choses sont à venir !

Plus d’informations sur les réseaux sociaux  de MERIA : Soundcloud, Facebook, Instagram.
L’actualité de Quatre Records à retrouver sur leur compte Facebook et leur compte Instagram.

Propos recueillis par Camille Venin

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