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Rencontre avec David Olivera, Délégué général de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté

Charlie Egraz 12 juin 2020
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D.R.

Situé à Besançon, l’Orchestre Victor Hugo est présent sur toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Rencontre avec son délégué général, David Olivera, qui nous parle de son métier et de cet orchestre en plein essor.

Qui êtes-vous ? Quel a été votre parcours professionnel ? 

J’ai une formation en gestion, j’ai fait l’école de commerce HEC. Puis j’ai obtenu un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées en gestion des institutions culturelles. Ensuite j’ai travaillé pendant huit ans dans une société de production de concerts à Paris qui s’appelait Instant Pluriel et qui produisait notamment la saison symphonique du théâtre Mogador. En 2006 je suis arrivé au festival de musique de Besançon. J’ai dirigé le festival de musique et le concours de jeunes chefs d’orchestres de Besançon pendant six ans. En 2012 je suis parti diriger un Institut Français au Burkina Faso. Enfin, depuis 2017 je suis délégué général de l’Orchestre Victor Hugo en Franche-Comté.

Quelles sont vos principales missions et les enjeux auxquels vous faites ou avez fait face ? 

L’une de mes premières missions a été de travailler sur une fusion de l’Orchestre Victor Hugo avec l’orchestre de Dijon. Malheureusement cela n’a pas abouti. Finalement, depuis 2 ans, l’objectif est devenu de transformer l’Orchestre Victor Hugo non permanent en permanent. Nous avons créé les premiers postes de musiciens permanents récemment, en septembre dernier. Aujourd’hui l’un des enjeux est d’essayer d’obtenir le label d’orchestre national en région. Nous espérons l’obtenir bientôt. Puis il y aura le développement de l’activité. D’une part le renforcement de l’orchestre pour pouvoir amplifier le nombre de concerts,  il va falloir organiser toute l’implantation sur le territoire. Cela s’effectuera en nouant des relations de long terme avec certaines collectivités ou certaines scènes nationales pour avoir une vraie implantation sur tout le territoire.

© JC Polien


Quel est votre processus de programmation culturelle ?

C’est très libre, nous n’avons pas de règle imposée en termes de choix. La programmation est faite par le directeur artistique, le chef d’orchestre qui dirige la majorité des concerts. Il n’y a absolument pas de quotas. Finalement c’est un équilibre subtil entre œuvres contemporaines, œuvres du répertoire, grands effectifs, petits effectifs etc. Il y a plein de différents paramètres. Il faut réellement veiller aux équilibres mais il n’y a pas d’obligations. En fait, nous sommes face à un répertoire gigantesque ! La majorité des orchestres se limite à un certain nombre d’œuvres qui sont connues et qui rassurent. Une des marques de fabrique de la programmation de l’Orchestre Victor Hugo c’est justement de chercher des œuvres que personne ne connaît, des œuvres à découvrir. Nous proposons donc un renouvellement de la programmation tous les ans puisqu’il y a de vastes possibilités.

 Pouvez-vous nous parler des actions culturelles proposées au public ?

Effectivement, nous avons un programme important d’actions culturelles. Il vise essentiellement les jeunes. Nous intervenons très régulièrement dans les écoles et collèges. Nous proposons des ateliers dans des maisons de quartier et dans les accueils périscolaires. Voilà, nous avons une bonne partie du programme qui s’adresse à notre jeune public. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de notre orchestre. Il se trouve que notre directeur artistique est également compositeur. Il a pour habitude de composer des contes musicaux pour tout public. De ce fait, l’orchestre a mis en place une sorte de rendez-vous annuel, en créant un conte musical. Il s’adresse bien sûr à un public familial. C’est une constante. A côté de ça, on publie aussi beaucoup de disques et de livres-disques qui permettent tout simplement de sensibiliser et toucher un public jeune et familial.

© JC Polien

Quelle place a l’orchestre au sein de la Région ? Comment communiquez-vous avec la totalité du territoire ?

L’orchestre joue dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté. C’est une réelle volonté d’être présent un maximum sur le territoire. Pour cela, on communique beaucoup sur les réseaux sociaux. Nous avons un compte Facebook, un compte Instagram, des vidéos sur YouTube etc. Nous les utilisons pour diffuser des informations, annoncer des événements. Ils servent essentiellement à communiquer sur ce qui se prépare, notre programme ; tout cela intéresse le public car il se sent concerné. Par contre nous ne communiquons pas spécialement sur les changements internes de l’orchestre comme la création de postes permanents par exemple.

Les réseaux sociaux ont donc été une solution de repli lors du confinement ?

Bien sûr, c’est important de garder le contact par le biais des réseaux sociaux. Déjà en temps normal, et encore plus lors du confinement. Nous avons, par exemple, réalisé avec les musiciens un petit diaporama de photos des musiciens en confinement. C’était assez ludique et drôle. Il a été assez bien reçu et repartagé. Nous avons aussi partagé une vidéo qui met en scène les musiciens chacun chez eux dans des situations humoristiques. Nous avons aussi travaillé avec la société européenne de la médecine d’urgence pour réaliser un film pour la journée mondiale de la médecine d’urgence le 27 mai. Les chanteurs musiciens et médecins urgentistes du monde entier ont réalisé des enregistrements pour créer un film monté. C’est important de garder du positif et faire sourire les gens dans ces moments. Ce contact via les réseaux c’est tout ce qu’il nous reste donc autant l’utiliser correctement.

© JC Polien

Quels sont les futurs projets pour l’orchestre ? Et pour vous ?

Nous avons tout annulé jusqu’à l’été. Normalement nous reprenons fin août avec l’orchestre des jeunes qui est une initiative menée chaque année. C’est un stage pour les jeunes musiciens de toute la région. On espère pouvoir le maintenir. S’en suivront des concerts dans toute la région également. Ce sera donc le premier rendez-vous avant la rentrée ! Nous commencerons officiellement la saison à partir de septembre avec le festival de musique de Besançon, puis il y aura tous les concerts de la saison à partir d’octobre. Pour le moment nous n’avons pas assez de visibilité pour savoir si tout cela pourra se faire et surtout dans quelles conditions. Pour ma part je compte rester, il y a encore du pain sur la planche et des années pour finaliser cette mise en place d’un orchestre permanent. L’orchestre est en pleine transformation, c’est un gros chantier loin d’être terminé. Il faut savoir que la région Bourgogne-Franche-Comté est la seule région qui n’avait pas, jusqu’au mois de septembre, d’orchestre permanent. C’est donc réellement important ! Nous sommes en train de tout faire pour que cet Orchestre Victor Hugo devienne un vrai orchestre permanent régional présent sur tout le territoire. La mission est encore longue.

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Propos recueillis par Charlie Egraz

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