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SOLIA : “Quand on a envie de faire les choses avec son cœur, c’est toujours plus facile”

Ata Dagher 1 juillet 2021
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Copyright : Melina Panos

Connue par certains pour son passage à l’émission Nouvelle Star en 2013, Julie aka SOLIA a beaucoup changé depuis. En effet, elle revient cette année avec des projets plus fous que ceux qu’on aurait imaginé. Zoom sur cette artiste qu’on méprend des fois pour Wonder Woman.

SOLIA est ton nom de scène, que signifie-t-il ? 

SOLIA est un nom qui me faisait penser à quelque chose de solaire, qui gardait mes racines africaines, et qui inspirait en même temps le mystère. Quand j’y réfléchissais, je me disais que je voulais que ça fasse référence à la soul. De plus, mon tout premier nom de scène était “Soul Flower”, qui rendait hommage à la musique de l’âme aussi. Du coup, j’ai fais un mélange !

Tu es dans l’industrie musicale depuis un moment mais tu n’étais pas très active en tant qu’artiste. Est-ce que le premier confinement a été déclencheur de ton envie de te donner plus dans ta carrière ?

Le premier confinement m’a permis de me recentrer sur les choses essentielles. Et vu que la musique pour moi a toujours été essentielle, je me suis dit que reprendre ma carrière d’artiste à partir de zéro en relançant le projet et en le construisant étape par étape n’était pas plus mal. Aujourd’hui, je me suis lancée dans un projet ambitieux et surtout maintenant, je n’ai plus peur d’être ambitieuse. J’ai confiance en moi pour aller jusqu’au bout de mes rêves. Le projet SOLIA me permet de m’échapper et de me reconnecter aux gens, ce qui est important pour moi. Donc, le confinement ne m’a été que bénéfique sur ce point. 

Qu’est-ce que c’est que d’être une artiste indépendante ?

Quand on est artiste indépendant(e), cela implique d’être seul dans sa prise de décisions dans la manière de produire ses chansons. Dans mon cas, je n’ai ni structure ni label. Je fais tout moi-même. Être indépendant, c’est aussi avoir la liberté de travailler comme on a envie, avec qui on a envie, et comme on peut le faire en fonction des moyens qu’on a. Par exemple, tous les mois, quand j’ai un peu de sous, j’avance sur mon projet, je termine un peu les chansons, je paye les mixages etc… Cela veut dire aussi qu’on est responsable de son temps, de son projet et de son financement. C’est être comme un chef d’entreprise : il faut tout savoir gérer. Ce qui n’est pas évident parce que quand on est artiste, on a envie de se concentrer sur la partie artistique et évidemment on ne peut pas tout faire. Il faut déléguer certaines parties et c’est vrai que c’est un juste milieu à trouver. Ce que les artistes indépendants font souvent c’est qu’ils font appel à des personnes pour les aider ponctuellement sur des sujets précis en attendant de trouver une structure qui puisse les accompagner. C’est un défi au jour le jour.

Photo : Melina Panos

Est-ce que tu penses que c’est encore plus difficile de percer quand on est une femme ?

La musique est une industrie difficile, il ne faut pas se leurrer. Il faut maîtriser les codes qui lui sont spécifiques et qui sont nombreux. Et puis quand on est une femme dans ce secteur, c’est encore plus compliqué et les statistiques le montre. Quand on regarde la télé ou le nombre de personnes bookées sur les festivals et mentionnées sur les affiches, les femmes représentent un petit pourcentage. Et pourtant, Dieu sait que dans le monde de la musique que je côtoie, il y a énormément de femmes qui se retrouvent bloquées par une espèce de plafond de verre. Il y a aussi les questions du sexisme, de la misogynie et des agressions qui freinent certaines artistes d’aller plus loin et d’essayer d’exposer leur musique. Mais finalement, je pense que la persévérance est ce qui fait la différence. En ce qui me concerne j’ai fait face à de nombreuses portes fermées mais je n’ai pas hésité à passer par la fenêtre dans ces moments-là. Et si la fenêtre est trop petite, alors ce n’est pas grave, je passerais par le trou de souris !

Comment est-ce qu’on arrive à gérer quand on a une famille, un job à temps plein et qu’on est artiste ?

Je me pose encore la question (rires). La clé est l’organisation mais c’est bizarre, car je le dis mais en ce moment j’ai l’impression de ne pas l’être du tout. Blague à part, je vis au jour le jour et je fais les choses en suivant mon instinct. Mais, j’ai surtout un compagnon qui est très présent, qui m’aide beaucoup et qui me conseille. Ma musique c’est aussi une aventure familiale. Mes enfants la vivent et sont inclus dans le projet puisque j’enregistre à la maison, je leur fais écouter mes morceaux et je leur demande leur avis. Il faut aussi se dire que en tant que femme, on n’est pas limitée à un rôle ou à un autre : on peut tout concilier, la carrière artistique et la vie familiale. De toute manière, je ne sais pas faire autrement, je viens d’une famille où les femmes ont toujours entrepris plusieurs choses en même temps. Je pense qu’il ne faut pas se mettre de barrière. C’est un état d’esprit et une question de tempérament.

Si j’ai bien compris, tu prépares un nouvel album. De quoi sera fait ton prochain EP ?

Je prépare un nouvel album oui. Il sera précédé par un EP pour l’introduire et je prépare aussi des choses différentes par rapport à ce que j’ai pu sortir au préalable. Maintenant j’assume mes bizarreries et mes folies, c’est qui je suis. Tout cela va se traduire dans un projet ambitieux car l’album sera accompagné d’un EP visuel. J’ai toujours rêvé de pouvoir allier différents arts à ma musique comme la danse et les arts visuels par exemple. Cet album est donc l’occasion de travailler avec des personnes issues de disciplines différentes dont le rendu final pourra créer j’espère le “SOLIA expérience” !

Tu t’essayes à de nouveaux instruments et il me semble que sur Instagram tu proposes des sons avec un looper ! On retrouvera ses particularités dans ton album ?

Oui il y sera ! On retrouvera le looper aussi sur scène. Actuellement, je travaille sur un set qui va mélanger des parties organiques de mon projet avec des parties afro-futuristes et des sonorités électroniques. Je sais que sur Instagram les petites sessions de looper ont beaucoup plus et je vous prépare un petit projet secret grâce auquel vous pourrez retrouver mes freestyles sur des plateformes comme Spotify peut-être, qui sait.

Un dernier mot pour encourager celles et ceux qui hésitent à se lancer dans la musique pour diverses raisons ? 

Quand on a envie de faire les choses avec son cœur, c’est toujours plus facile. Par contre, il faut aussi être conscient que l’industrie musicale est difficile, mais il faut voir ça comme un challenge et une opportunité pour grandir et apprendre des choses sur soi. De mon côté, j’ai appris ce que c’est que la résilience et la capacité à dépasser les difficultés. Il ne faut pas hésiter à foncer en se disant que ce qu’on présente est notre art et que ça nous appartient, c’est authentique et sincère. Même si vous ne finissez pas au Super Bowl, ce n’est pas ça qui est le plus important. Le plus important est qu’il y ait des gens qui arrivent à se connecter à votre musique.

Le Portrait Chinois : 

Si tu étais un instrument de musique ? 

La basse.

Si tu étais une ville ? 

Une ville imaginaire où on serait à moitié à poil à vivre d’amour et d’eau fraîche. 

Si tu étais une odeur ? 

De l’ambre.

Si tu étais un signe de ponctuation ?

!!!!!!!

Si tu étais une révolution ?

La somme de toutes ! L’ensemble des révolutions féministes, anti-racistes, anti-sémites, écologistes etc… Je serais LA révolution.

Pour suivre SOLIA sur Instagram c’est par ici 

Propos recueillis par L’Attitude

 

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