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    Rencontre avec Patrick Catalifo

    21 février 2014
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    Patrick Catalifo

     

    Février 2014
     

    En regardant l’affiche d’Un temps de chien avec Valérie Lemercier, vous vous êtes peut-être dit de Patrick Catalifo « encore un acteur de ciné et télé qui s’essaye au théâtre ». Grossière erreur !

    En effet, non seulement Patrick Catalifo a débuté au théâtre mais il est pratiquement chaque année sur scène. La différence, c’est qu’il officiait principalement au sein du théâtre public… jusqu’au Père de Florian Zeller. Autre a priori, son nom pourrait faire croire qu’il est corse, espagnol ou italien, non il est limougeot car il s’appelle en fait… Cathalifaud. Issu d’un milieu de militants, il se préoccupe toujours de questions sociales et de politique, mais n’en a pas fait son métier… parce qu’un beau jour, il a accompagné un ami à un cours de théâtre. Une révélation ! Aussi, après avoir obtenu une licence d’économie, il entre au Conservatoire. A sa sortie, il est immédiatement employé au sein du théâtre subventionné avant que le public ne le découvre au cinéma et à la télévision.

    Quelle différence essentielle y a-t-il, pour vous, entre le ciné et le théâtre ?

    Le théâtre pour moi, c’est là que tout a commencé. Je n’ai jamais recherché à me satisfaire le nombril, je ne suis pas un acteur à autographes ! Ce qui me passionne, c’est jouer et chercher. Il n’y a qu’au théâtre que l’on peut prendre le temps de chercher, pendant les répétitions comme chaque soir en jouant, pour, éventuellement, trouver. Au cinéma, c’est le rendu immédiat, la pulsion. C’est le même métier, mais ça fait pas du tout appel aux mêmes ressorts. En tournage, il faut rendre une scène dans la journée quand, au théâtre, on a plusieurs semaines avant de pouvoir la trouver. Ceci dit les textes ne sont pas les mêmes. Bien souvent, les auteurs sont plus compliqués au théâtre qu’au cinéma. Le cinéma est assez frustrant pour un comédien : on n’a pas le temps d’apprécier, on passe tout de suite à autre chose. Et puis au théâtre, il y a ce que renvoie le public.

    C’est la réaction du public qui vous fait dire « j’ai trouvé mon personnage »

    Non, je m’appuie pas sur lui mais sur moi car, parfois le public il faut s’en méfier. Vous savez, en 39 en Allemagne, il avait très mauvais goût !

    Vous avez longtemps travaillé dans le théâtre public, puis enchaînez maintenant les pièces dans le privé. Que s’est-il passé ?

    Dans le subventionné, on a plus de temps pour travailler car on est payé pour répéter, on n’y est pas soumis à la loi du succès et le temps de jeu est défini ce qui permet de caler les tournages, sans risque ce chevauchement. Donc pour moi, c’était l’idéal. Il se trouve juste que mes copains du subventionné (Bezace, Adrien, Martinelli…) travaillent moins et que j’ai moins de liens avec la nouvelle génération de metteurs en scène. Ceci étant dit, pour moi il n’y a pas de frontière et je suis très heureux de travailler, quelque soit l’endroit.

    Pourquoi avez-vous choisi de jouer dans Un temps de chien ?

    Quand quelqu’un pense à moi pour un rôle, ça me touche et la moindre des choses c’est de lire vite la pièce. Celui-ci m’a tout de suite plu -il est marrant, il équilibre la pièce en contre-balançant les propos de ces trois filles qui se plaignent de leur sort, de leur vie à moitié ratée… et c’est un personnage misogyne, excessif, impoli et parfois vulgaire, donc très amusant à incarner ! Pourtant, à la première lecture, j’ai eu peur de m’ennuyer car il faisait des allers-retours incessants entre les coulisser et la scène. J’ai donc demandé à Brigitte si elle accepterait d’étoffer sa présence… et elle l’a fait. Et puis, il y avait Valérie Lemercier, que je connais bien.

    Et ensuite ?

    Toujours une combinaison de théâtre, privé ou public, peu importe, et de tournages. C’est ce que j’aime et espère pouvoir faire longtemps !

    Propos recueillis par Caroline Fabre 

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