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    5ème édition pour le festival Kalypso et toujours incontournable

    Stéphanie Nègre. 10 novembre 2017
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    © P Planchenault

    Lancé par le centre chorégraphique national de Créteil dirigé par Mourad Merzouki, le festival Kalypso est devenu un incontournable de la scène hip hop. Itinérant, il présente pour cette cinquième édition 36 compagnies dans 18 lieux de la région parisienne. C’est l’occasion de découvrir les derniers travaux de chorégraphes émergents ou déjà reconnus comme Anthony Egea au théâtre Romain-Rolland de Villejuif au ou Abou Lagraa au théâtre des Gémeaux à Sceaux.

    © P Planchenault

    Anthony Egéa a choisi de réinterpréter Les Forains, ballet créé en 1945 par Roland Petit sur une musique d’Henri Sauguet tout en l’inscrivant dans l’esthétique – chorégraphique et musicale – de 2017. Le décor est planté avec la première scène, un impresario déjanté – manteau à col en fourrure et lunettes noires XL – qui joue avec des tables de mixage dans un décor de dancing avec grands lustres en cristal. Le spectacle prend la forme d’un tour de cirque où les artistes reprennent des rôles issus de l’univers circassien – l’hypnotiseur, le contorsionniste, les clowns – mais aussi du cabaret. Les décors et costumes sont émaillés de clins d’œil au cirque traditionnel comme avec les fracs rouges en tissus de vêtements de sports. La chorégraphie hip hop se nourrit de pas classiques – Anthony Egea a complété sa formation à l’école de danse de Cannes Rosella Hightower -. L’ensemble est drôle – avec la pointe d’émotion propre à l’univers du cirque et des arts de la rue, et mené tambour battant par des danseurs très investis.

    © P Planchenault

    Pour la musique, les extraits de l’œuvre originale d’Henri Sauguet interprétés par l’Orchestre de Limoges – le ballet est une coproduction de la compagnie Rêvolution d’Anthony Egéa et de l’Opéra de Limoges – s’intercalent avec des morceaux remixés façon électro par Frank2Louise. La fin s’achève par des saluts en forme de battle sur les notes du Chemin des Forains d’Edith Piaf.

    © D Aucante

    Pour sa nouvelle pièce, Dakhla, créée à l’occasion du festival Suresnes Cité Danse 2017, Abou Lagraa a choisi d’évoquer trois villes portuaires chères à son cœur : Alger, New York et Hambourg. Sur des ambiances musicales – pop funk, orientale et électro – qui caractérisent ces trois villes, la chorégraphie déroule la partition du voyage avec son lot de séparations et de retrouvailles. Elle joue aussi beaucoup avec les différences des quatre danseurs, qu’elles soient physiques ou artistiques, certains issus du hip-hop – Amel Sinapayen et Nassim Feddal – d’autres de la danse contemporaine – Ludovic Collura et Diane Fardoun -. Ainsi les duos homme-femme sont particulièrement intéressants qu’ils traduisent des corps à corps presque violents ou des étreintes plus langoureuses. Les scènes d’ensemble à la gestuelle ample sont interprétées avec précision et synchronisation ce qui donne au groupe une force bien plus grande que si elles n’étaient basées que sur l’énergie comme c’est souvent le cas dans le hip-hop. Après le Cantique des cantiques plus pièce de théâtre que spectacle de danse, Abou Lagraa réussi avec Daklha un petit manifeste dansé en faveur du métissage artistique.

    © D Aucante

    Stéphanie Nègre.

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