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    Olivier Dubois transforme ses danseurs en athlètes

    17 mars 2017
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    auguri copie

    Auguri

    D’Olivier Dubois

    Avec Youness Aboulakoul, Benjamin Bertrand, Camerone Bida, Mathieu Calmelet, Jacquelyn Elder, Virginie Garcia, Karine Girard, Inès Hernandez, Steven Hervouët, Aimée Lagrange, Mélodie Lasselin, Sébastien Ledig, David Le Thaï, Clémentine Maubon, Thierry Micouin, Aurélie Mouilhade, Loren Palmer, Sébastien Perrault, Rémi Richaud, Antonin Rioche, Nicolas Sannier, Sandra Savin

    Du 22 au 24 mars 2017

    Tarifs : 8-35€

    Réservation en ligne ou par tél. au 01 53 65 30 00

    Durée : 1h

    Chaillot – Théâtre National de la Danse
    1, place du Trocadéro
    75016 Paris
    M° Trocadéro

    www.theatre-chaillot.fr

    Du 22 au 24 mars 2017

    Courir à en mourir? Courir par grand désir? Ou courir pour sauver sa peau? « Auguri » d’Olivier Dubois arrive à Chaillot: Une pièce chorégraphique de grand athlétisme avec vingt-deux danseurs-cureurs qui se jettent à cœur perdu dans des trajectoires-éclair. Mis en orbite par un entraîneur olympique, ils lient performance, suspense et élégance dans un chassé-croisé vertigineux.

    dubois markus scholz maxxpppEt si nous étions face à une réplique au Sacre du Printemps, version Pina Bausch? Réplique coup-de-poing, ou plutôt, frappe de pied. Espoir et désespoir sont le carburant qui propulse des fusées humaines, pour foncer tels des taureaux vers on ne sait où, on ne sait quoi… Mais ils foncent, comme s’ils n’avaient rien à perdre.

    Olivier Dubois a signé quelques-unes des pièces de danse les plus radicales des deux dernières décennies. Le directeur du Centre Chorégraphique National de Roubaix sait tirer d’une mécanique corporelle apparemment peu féconde une force dramatique absolue. Il met ses interprètes en situation de fragilité et les pousse vers un épuisement qui laisse apparaître leurs failles et leur humanité.

    Courrir à en perdre la tête

    Dans « Auguri », tout le monde court à perdre haleine et surtout, à en perdre la tête. Au fond, un mur sépare l’espace que nous voyons, qu’il s’agisse d’un parking ou d’un parvis, de l’ailleurs qui se situe juste derrière. Les vingt-deux personnages surgissent tels des projectiles, dessinent une trajectoire, souvent courbe, et disparaissent de l’autre côté du mur.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=B43MGI0d_ls[/embedyt]

    Ils courent seuls, en petits groupes ou en troupeau. Quand les trajectoires des uns et des autres se croisent, on retient son souffle, imaginant des collisions de plus en plus probables. L’épuisement ne joue pas en la faveur de nos danseurs-athlètes. Petit à petit, l’un ou l’autre va glisser, voire tomber. Devant les portails dans le mur séparateur, on se bouscule. On hurle. Et puis, tout le monde se rassemble sur le toit, tel un essaim d’oiseaux.

    Bonnes ou mauvaises augures?

    image-1033243-breitwandaufmacher-wjln-1033243« Auguri »: Les augures. « Des trajectoires d’oiseaux qui révéleraient un avenir… « Auguri » doit s’observer, se scruter comme on observe les oiseaux, les essaims, les étoiles », dit le chorégraphe.

    Dubois ne révèle pas vraiment ses intentions. Au début, il annonce qu’il veut conclure une trilogie hautement dramatique sur un ton optimiste. Mais si sa déclaration faite en début du projet était sincère, Dubois a dû changer de cap. La pièce est maintenant parfaitement ouverte à toutes les interprétations. Métaphore de notre rapport à la vie ou reflet de la crise des réfugiés?

    Auguri-Olivier-Dubois-2On est bien plus certain en ce qui concerne le making-of d’« Auguri ». Pour courir comme ils courent, les danseurs ont reçu un entraînement de choix. Leur coach était Alain Lignier qui prépare des athlètes français de haut niveau aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques.

    Ici il s’agit certes de gagner en vitesse, mais aussi de contrôle et d’harmonie dans les corps, quelle qu’en soit la morphologie individuelle. Courir pour ne pas aller dans le mur : « Il est urgent de replacer le corps, l’Homme, au cœur de l’essence du monde, » dit-il. Dans « Auguri », cette urgence-là dévore chacune et chacun.

    Thomas Hahn

    [Crédits Photo 1 : © Markus Scholz/ Photo 2: wjln / Autres photos : © Michel Cavalca ]

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