À Chaillot : “The Brutal Journey of the Heart”
"Love Chapter3" © Stefan Dotter for Dior
Avec ce Love chapter 3, Sharon Eyal achève sa trilogie sur l’amour. S’inspirant du roman d’Hanya Yanagihara, Une vie comme les autres, elle nous invite à plonger dans les paradoxes du cœur humain.
Danseuse de formation classique, interprète de la Batsheva dance company auprès d’Ohad Naharin de 1990 à 2008 puis chorégraphe associée de la compagnie de 2005 à 2012, Sharon Eyal est également imprégnée de la culture des clubs et de la musique électronique. C’est d’ailleurs sur la piste d’une boite de nuit que le groupe de 8 danseurs semble évoluer sur les rythmes techno de compositeur Ori Lichtik. Les corps aux gestes graciles, aux déhanchements suggestifs et aux jeux de jambes nerveux suivent la musique dans un mouvement qui ne s’arrête jamais, tels les battements du cœur, cœur que les danseurs portent brodé sur leur poitrine sur la combinaison en dentelle de la créatrice Maria Grazia Chiuri. Parfois un solo ou un duo s’isolent même si le groupe se reforme très vite. Les expressions passent de l’abandon voluptueux à l’angoisse, de l’extase à l’amertume. Leur danse est hypnotique et fascinante, même si leur gestuelle mécanique fait penser aux gogo dancers présents dans les clubs pour entrainer le public.

Love Chapter 3 © Stefan Dotter for Dior
Sur scène, le cœur humain se révèle ou se perd, entre sentiments profonds et plaisirs éphémères, solitude et sensualité, érotisme et mélancolie. Ballet coup de poing, The Brutal Journey of the Heart se savoure sans avoir nécessairement vu les deux précédentes pièces du triptyque.
Stéphanie Nègre
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