Augustin passe aux aveux : une véritable épopée intime
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Augustin passe aux aveux D’après les Confessions de saint Augustin Adaptation : Dominique Touzé et Martine Loriau Mise en scène de Dominique Touzé Avec Dominique Touzé et au violoncelle Guillaume Bongiraud, en alternance avec Clémence Baillot d’Estivaux Jusqu’au 1er juillet 2016 Tarifs : de 10 à 26 € Réservation au Durée : 1h10 Les Déchargeurs M° Châtelet |
Jusqu’au 1er juilllet 2016
Dominique Touzé, metteur en scène et comédien, s’est emparé avec conviction des Confessions de saint Augustin, cela à travers la traduction incisive de Frédéric Boyer. Modernisé, saint Augustin touche frontalement le public par sa spiritualité tourmentée et humaine. C’est dans la petite crypte du sous-sol du Théâtre des Déchargeurs que le public reçoit les paroles de l’évêque d’Hippone, fondateur d’une littérature autobiographique. Comme personne avant lui, saint Augustin narre son parcours en imbriquant les faits aux tréfonds existentiels, attirant à lui au fil des siècles philosophes, théologiens, universitaires et psychanalystes. Par le choix de cette traduction et par son adaptation théâtrale, Dominique Touzé revêt l’œuvre, véritable épopée intime, d’un aspect sensoriel qui renouvelle son souffle.
Pour tous, familiers ou non de l’œuvre, l’interprétation théâtrale sera une rencontre étonnante et forte. Le dialogue avec l’excellent violoncelliste, qui ouvre avec Bach puis s’envole dans des chemins musicaux multiples composés par lui-même, offre une résonance à la complexité de Saint-Augustin. Le public chemine en un peu plus d’une heure dans une belle suspension du temps, captivé par les sons, les mots, la proximité d’un corps et d’un visage. On pourrait craindre un discours empesé ou une solennité patristique, mais au contraire, Dominique Touzé, par son jeu simple et tissé d’une compréhension sincère, réserve au public, qu’il croie au ciel ou qu’il n’y croie pas, une soirée de chair où les déchirements de l’être deviennent palpables. Émilie Darlier-Bournat [Photos © Pascal Gély] |
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Vêtu d’un pantalon et d’une chemise noires, d’un manteau sombre, il se tient debout, dans un dispositif minimaliste. À côté, sur une petite estrade, le violoncelliste Guillaume Bongiraud (en alternance avec Clémence Baillot d’Estivaux), tout habillé de blanc, semble lui donner la réplique en étant une métaphore de Dieu. Très près physiquement des spectateurs, Dominique Touzé permet de saisir combien cet itinéraire est celui d’un homme qui traverse les phases extrêmes de l’amour, de la chair, où il se rue avec débauche jusqu’au mépris du corps le plus névrotique. On suit saint Augustin depuis son départ de l’Algérie jusqu’à Milan, puis on se laisse happer par de nombreuses images qui surgissent à travers la diction nette et modulée du comédien, dont les moindres silences, regards ou déplacements sont percutants. Dominique Touzé, par son indiscutable présence autant que par quelques mouvements de mains, à la fois mesurés et prégnants, parvient à donner à cette grande figure du christianisme une humanité qui, tout en étant vivante et émouvante, transporte dans une intériorité où les sens et le spirituel cohabitent.





