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Baptiste Gonthier : “Nous comédiens, nous sublimons le monde actuel”

Rencontre avec Baptiste Gonthier, un jeune comédien plein d’ambition qui nous parle de son parcours, de ses expériences, ainsi que de ses nombreux projets dans le milieu cinématographique et dans le spectacle vivant.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Baptiste Gonthier, j’ai 20 ans et je suis originaire de Bergerac, en Dordogne. Je suis né à Cahors dans le Lot et je vis à Paris depuis deux ans. Je suis aujourd’hui comédien et acteur.

D’où vient votre passion pour le spectacle vivant et le cinéma ?

Depuis tout petit, j’aime lire, regarder des films, écrire et ce qui m’a toujours plu dans ce métier c’est de créer son propre univers artistique. Nous comédiens, nous sublimons le monde actuel dans lequel on vit et nous avons nos perceptions des choses. Être comédien c’est être un peu décalé, dans le sens positif et même légèrement négatif du terme. J’ai une phrase de Roger Louret en tête, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup appris dans ma vie, c’est le metteur en scène avec qui je travaille le plus et qui m’a repéré le premier : “Notre plus grand bonheur, c’est d’essaimer l’espoir.”

Parlez-nous un peu de votre parcours.

J’ai commencé le théâtre à dix ans. J’ai fait toutes les troupes de théâtre en semi-pro sur Bergerac et Périgueux et j’ai gagné des concours de jeunes talents dans ma région. À côté de mes études, je faisais des petits tournages sur France 3 et TF1 avec des rôles plus ou moins importants, comme par exemple dans Famille d’accueil. Après le bac, j’ai commencé le Cours Florent à Bordeaux et la même année, j’ai tenté le concours de la Classe Libre, une formation sur deux ans dirigée par Jean-Pierre Garnier, très réputée en France. En parallèle, j’ai rencontré Roger Louret, le fondateur des Baladins en Agenais, une très grande troupe de théâtre. Il connait beaucoup le métier et m’a donc appelé pour que l’on travaille ensemble. Je l’ai suivi en tournée pour la pièce La Morfle, écrite et mise en scène par lui, dans laquelle je jouais un jeune député. On a adoré travailler ensemble. Un an plus tard, il m’a rappelé pour le spectacle Je vais tuer le pianiste, avec mon ami Gabriel Sarrou-Vergnac. On a commencé en province et on espère maintenant continuer dans tous les théâtres de France. C’est l’histoire de deux amis qui aiment la même femme, on se demande ce qui va triompher entre l’amour et l’amitié. On se retrouve beaucoup dans cette pièce car les personnages ont notre âge. J’ai également passé une audition pour une comédie musicale en l’honneur de Charles Aznavour et je suis parti pour une tournée dans tous les casinos Barrière. Ce côté populaire me fait vibrer et rendre hommage à ce monsieur m’a beaucoup plu.

Que préférez-vous entre la scène et le cinéma et pourquoi ?

Je crois que j’aime beaucoup les deux, bien que ce soit totalement différent. À l’heure actuelle, la scène m’a plus souri donc j’ai d’avantage d’expérience là-dedans. Ce sont deux choses différentes car sur scène, tu es avec toi et toi-même, on est en direct face au public et il y a des jours avec et des jours sans mais c’est ce que j’aime aussi beaucoup. La caméra demande plutôt un travail sur nous-même et nos expressions intérieures. C’est ce que je veux développer, j’ai de plus en plus envie de continuer dans le domaine cinématographique.

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

C’est une jolie question mais je crois que ça fait beaucoup de jours à compter donc je ne sais pas mais je m’imagine dans un grand théâtre ou dans de grands films au cinéma. Je pense être optimiste mais il le faut. Si jamais tout ça ne vient pas, pourquoi pas être berger ou astronaute. Nan, je ne sais pas vraiment mais j’essaie d’être optimiste et de rendre les gens heureux avant tout.

Pensez-vous que le théâtre puisse paraître obsolète pour les jeunes générations ? Comment, d’après vous, pourrait-il les intéresser de nouveau ?

Je ne sais pas vraiment. À la fois oui et non, j’ai souvent entendu dire : “Le théâtre meurt depuis plusieurs années”. Mais il ne pourra jamais mourir entièrement car ce sont des personnes comme Molière ou Musset qui nous ont fait voyager depuis des siècles dans la langue française. Cette dernière évolue, on ne la parle plus de la même façon, on ne parle plus des mêmes choses et c’est normal que les jeunes n’aient plus envie d’écouter du Molière. Mais il y a aujourd’hui de plus en plus de jeunes comédiens qui cherchent à travailler dans ce domaine et à créer leur propre univers, j’en fais partie. On ne peut donc pas vraiment dire que le théâtre soit démodé, le public aime le spectacle quand il peut s’identifier à celui-ci.

Pensez-vous que le théâtre soit une forme d’art adaptée à la prise de conscience des enjeux sociaux et politiques ?

Selon moi, oui. Tout dépend de la pièce et de la mise en scène mais le théâtre classique et le théâtre moderne parlent de la même chose. On parle beaucoup de politique, depuis toujours, avec des auteurs comme Molière ou La Fontaine. Tous les jours, une nouvelle forme d’art naît et on cherche en permanence à traiter des sujets actuels. Je ne pense donc pas que le théâtre vieillisse réellement, je pense qu’il a un enjeu très important, comme toutes les autres formes d’art.

Avez-vous des conseils à donner aux jeunes artistes qui se lancent dans ce domaine ?

Pour ceux qui ont réellement envie de se lancer il faut rêver, travailler beaucoup, apprendre, vouloir apprendre et le plus important dans ce métier, c’est de se protéger. Merci pour cette interview, prenez soin de vous et soyez heureux, c’est le plus important.

Propos recueillis par Justine Mailhe 

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