Les Fo’Plafonds : C’est pas du bidon !
Les Fo'Plafonds © Dominique Plaideau
Véritable phénomène sur les réseaux sociaux avec des vidéos à plus de 50 millions de vues, les huit artistes des Fo’Plafonds débarquent au 13e Art. Un spectacle foutraque et insolite à voir en famille.
Gouttière, arrosoir, poubelle, gonfleur… Rien ne leur résiste. Tout est musique. Les “instrucs” de cet orchestre de brocante n’ont rien à envier aux instruments traditionnels. Si l’on a l’habitude de voir tous supports se transformer en percussions, on ne pouvait imaginer qu’un pied de chaise pouvait concurrencer une flûte, qu’une brouette remplie de gravier nous transporterait de la sorte.
Tubes recyclés
Ces musiciens, qui se définissent comme des “chiffonniers”, ne sont pas de pacotille. Depuis 2009, ce sont les as de la récup’. Ils ont répété longtemps pour transformer des éléments urbains, de l’électroménager, pour aiguiser des outils, détourner des objets bruts. Ici, une poêle fait office de guitare, une table à repasser de clavier, mais on vous laisse découvrir le Tromp’Board, le Pédalo-bass, le Tourniquet, le Klaxobass et surtout leur usage, ou plutôt leur seconde vie dans cette rue Eugène Poubelle. Ces musicos sont tellement déjantés qu’ils ont défoncé le plafond de leur atelier. D’où leur nom !
Malgré ce véritable fourbi musical, les Fo’Plafonds trouvent les bons accords et restituent l’harmonie de tous ces tubes. Le bruit devient son, note, rythme. Les objets les plus improbables résonnent de façon bluffante. Piochant dans le classique, la variété, la pop, le rock et même la techno, le répertoire brasse large, avec des reprises de Carmen, Dalida, Michael Jackson, Police, AC/DC ou encore Charlie Parker. Le public bat la mesure et reconnaît aisément chacun d’entre eux.
Ils cassent la baraque !
En 2015, Fabrice Guilbault, Marlène Pécot, Julien Thomas, François Babin, Pierre Derrien, Antoine Bouillaud, Benjamin Giet et Adèle Camara trouvent leur rythme. Enchaînant les tableaux à un rythme trépidant, ils se démènent encore plus grâce à la mise en scène au cordeau de Jean-Claude Cotillard, qui a permis à certains d’entre eux (surtout les hommes) de mieux camper leur personnage. Les gags relèvent de l’art du clown.
L’ensemble est généreux. Un divertissement décalé comme on aime.
Sarah Meneghello
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