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    A Chaillot, le flamenco jaillit de toutes sources

    Thomas Hahn 10 novembre 2017
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    biennale flamenco 17 theatre de chaillot rafaela carrasco artistik rezo paris

    Attention, chefs-d’œuvres! De grands classiques de la littérature espagnole passent à la scène, ravis par les plus grands de la danse flamenca! La 3e Biennale d’Art Flamenco à Chaillot salue le retour d’Andrés Marín qui porte ici un regard décalé sur Don Quichotte. La grande Rafaela Carrasco met en danse quatre icônes féminines du Siècle d’Or espagnol et Paris verra enfin danser José, 68 ans: José Galván – le papa d’Israel Galván, absolument!

    Avec neuf spectacles au total, répartis sur trois semaines, cette 3e Biennale d’art flamenco est en soi un chef-d’œuvre. Et elle est, plus encore que les éditions précédentes, centrée sur la danse.

    Mais en flamenco, il est rare que danse, musique et chant se séparent. C’est l’une des raisons pour lesquelles la danse flamenca rencontre un engouement qui semble croître en permanence.

    José Galván, le retour aux sources

    L’autre raison est que les créations scéniques deviennent de plus en plus inventives grâce à des personnalités artistiques ouvertes aux autres arts et cultures.

    José GalvanC Joss RodriguezMais cette nouvelle édition à Chaillot – Théâtre National de la Danse permet aussi de revenir vers le flamenco le plus purement sévillan avec José Galván, véritable mythe et maître de quelques danseurs phares dans l’histoire du flamenco.

    Le lien avec les racines se comprend par le titre, Tablao: Le lieu mythique de Séville où le flamenco trouve son expression la plus authentique. Mais Tablao n’est pas un solo. José Galván s’entoure de quatre autres danseurs, d’un guitariste et d’un chanteur.

    biennale flamenco 17 theatre de chaillot rafaela carrasco artistik rezo paris

    © Joss Rodriguez

    Andrés Marín : D. Quixote

    Don X by Benjamin Mengelle Il avait un peu disparu de nos scènes, ces dernières années, éclipsé par l’omniprésent Israel Galván. Marín était pourtant le premier d’une nouvelle génération de chorégraphes ouvrant le flamenco aux arts plastiques et à la musique contemporaine.

    Avec D. Quixote, il offre à la Biennale 2017 sa création phare, dans un spectacle conçu avec le metteur en scène français Laurent Berger qui signe également les textes et la dramaturgie. Pas de lecture de Cervantès donc, mais un nouveau regard sur le mythe le plus universel de la littérature espagnole. Un Don Quichotte footballeur et motard.

    biennale flamenco 17 theatre de chaillot rafaela carrasco artistik rezo paris

    © Benjamin Mengelle

    Raffaela Carrasco : Nacida sombra

    C Tony BlancoLa directrice artistique du Ballet Flamenco d’Andalousie frappe plus fort encore, en matière de références littéraires.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=dgR5YkU-88I[/embedyt]

    Pour son spectacle Nacida sombra (Née ombre), l’écrivain Alvaro Tato a imaginé quatre lettres, écrites par quatre écrivaines espagnoles des XVIe et XVIIe siècles, femmes mythiques, mystiques ou mystérieuses mais aussi combatives.

    Ces lettres sont le fil rouge d’une évocation dansée, chantée et musicale de Teresa de Jesus (1515-1582), María de Zayas (1590-1661), La Calderona (1611-1646) et sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695).

    La poésie chantée et dansée se décline au travers d’un cycle lunaire complet, mais on pourrait aussi parler des quatre saisons. Toutes les facettes émotionnelles du flamenco peuvent donc enflammer la grande salle de Chaillot.

    biennale flamenco 17 theatre de chaillot rafaela carrasco artistik rezo paris

    ©Chaillot Théâtre National de la Danse

    Rocío Molina et Rosario La Tremendita : Afectos

    Du quatuor féminin, on passe à un duo. Rocío Molina, nouvelle enfant terrible, iconoclaste et capable d’imaginer des formes de spectacle flamenco qui prennent tout le monde à contre-pied, s’associe à la formidable chanteuse et guitariste Rosario La Tremendita pour afficher une féminité sobre, presque comme dans la vie de tous les jours.

    D’où l’idée de placer l’action dans un séjour, où la liberté est celle qu’on éprouve entre ses quatre murs. Ici, le flamenco permet aux deux femmes de se refléter toujours plus profondément en elles-mêmes, à travers l’autre.

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    Patrice Thibaud et Fran Espinosa : Franito

    Tout est possible en flamenco, mais une chose arrive rarement: Le rire. Par contre, avec Patrice Thibaud, l’humour est garanti. Connu de la télé (20h10 Pétantes avec Stéphane Bern), du cinéma et de moult spectacle théâtral, on l’a aussi vu dans Don Quichotte du Trocadéro de José Montalvo.

    Avec Franito, Thibaud se lance à fond dans l’univers flamenco, face au danseur-chanteur andalou Fran Espinosa dont Thibaud dit qu’il est « comme sorti d’un tableau de Botéro », et donc loin du stéréotype du danseur mince et élancé. Franito se déroule dans la cuisine maternelle, et il va de soi que c’est Thibaud lui-même qui incarne la mère du jeune Franito, matrone inénarrable et brillante caricature de la figure maternelle andalouse.

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    Thomas Hahn

     

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