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    Festival Le Standard idéal 2012 – MC93 Bobigny

    6 février 2012
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    Festival Le Standard idéal 2012 – MC93 Bobigny

    Du 27 janvier au 13 février 2012, la Maison de la culture de la Seine-Saint-Denis à Bobigny (MC93) organise le Festival « Le Standard Idéal » auquel des troupes et des artistes venus des quatre coins de l’Europe — Berlin, Lisbonne, Budapest et Barcelone — participent avec des spectacles qui repoussent les normes habituelles du théâtre, qui le repensent comme un lieu de résistance, un lieu de marge, de contestation et d’invention.

    Cinq spectacles sont à découvrir à l’occasion de la neuvième édition de ce festival dédiée au théâtre musical : parmi ceux-là, une création, Le Clavier bien tempéré, du hongrois David Marton et une première en France, Le Songe d’une nuit d’été / The Fairy Queen du collectif portugais Teatro Praga.

    Le Songe d’une nuit d’été répond parfaitement à l’ambition de Patrick Sommier, directeur de la MC93 pour qui « un festival est là pour changer nos regards, nos opinions, accepter ce que nous ne connaissons pas encore. »
    L’inventive troupe du Teatro Praga de Lisbonne, associe en effet danse, chant, théâtre, télé-réalité, cinéma, opéra et musique baroque dans un spectacle protéiforme et joyeux inspiré du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare et accompagné de compositions de Henry Purcell.
    Sur la scène, transformée pour la circonstance en plateau télé, pas moins de 60 protagonistes, comédiens, danseurs, chanteurs, membres d’une équipe de télévision, d’un ensemble de musique baroque, réunis pour une étrange cérémonie des Oscars.

    Le spectacle est conçu comme une transposition contemporaine — avec les moyens et les formes du 21ème siècle — du théâtre de la Restauration anglaise du XVIIIè siècle. Le propos étant de redonner vie au semi-opéra « The fairy Queen » qui associait, dès l’origine, musique, théâtre, danse et pyrotechnie. En filigrane, le collectif Teatro Praga intègre dans sa pièce une interrogation sur le pouvoir et le bonheur.

    À l’époque de la restauration anglaise, Henry Purcell travaillait pour le roi, avec l’ambition de le divertir. Mais aujourd’hui, s’interroge le collectif Teatro Praga, pour qui travaillons-nous ?
    « Le premier problème que nous avons rencontré était de trouver et de reconnaître le pouvoir auquel nous pourrions consacrer le spectacle. Purcell vivait dans un régime de démocratie absolue, Teatro Praga vit dans une démocratie. Teatro Praga se retrouve face à une quantité innombrable d’entités, dont aucune ne se proclame du soleil. C’est pourquoi nous avons décidé que le pouvoir, ce serait Nous… Nous, le public. Et nous, les créateurs du spectacle. »
    « Nous avons présenté un spectacle plaisant et capable de plaire à tout le monde ». Mais, ajoute-t-il, « qu’arrive-t-il, quand nous sommes heureux ? Nous sommes stupides… C’est une sensation merveilleuse et paradoxale. Tout relève de la stupidité. Et c’est notre but dans la vie. Nous voulons être heureux. Nous voulons être idiots. Et cela signifie avoir le pouvoir. C’est un spectacle bien fait et par la même dangereux; c’est un spectacle qui sait qu’il est totalitaire ».

    Soit, objectera-t-on, mais le spectateur se trouve-t-il réellement plus heureux en regardant un programme télé durant lequel il a le sentiment que le spectacle est fait pour lui alors que, comme l’a admis Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, il s’agit de vendre aux annonceurs « du temps de cerveau humain disponible » pour les aider à écouler leurs marchandises ? Ce postulat du Teatro Praga nous paraît d’autant plus discutable que ce genre de divertissement, qui flatte les instincts les plus bas du genre humain, endort les gens bien plus qu’il ne les rend heureux.

    Plutôt que d’affirmer que le bonheur rend stupide et est l’allié des régimes totalitaires, n’aurait-il pas été plus judicieux de montrer que ce bonheur est non seulement factice, comme en témoigne d’ailleurs ce spectacle, mais qu’il convient de le chercher ailleurs ?

    Gaëlle Matoiri

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=wqq_6LHC-p0[/embedyt]

    Festival Le Standard idéal 2012

    Jusqu’au 13 février 2012

    Renseignements et réservations : 01.41.60.72.72

    Le songe d’une nuit d’été / The Fairy Queen
    Teatro Praga

    Jusqu’au 6 février 2012

    Le Clavier bien tempéré
    Mise en scène de David Marton
    Du 9 au 13 février 2012

    Les actes de Pitbull
    Péter Karpati
    Du 9 au 13 février 2012

    Tarifs : de 9 à 25 euros

    MC93 de Bobigny
    9, boulevard Lénine
    93000 Bobigny
    M° Bobigny-Pablo-Picasso

    www.mc93.com

     

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