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Florian Bartsch : « Nous rendons hommage en réinventant le genre »

Johana Gil 14 décembre 2018
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Florian Bartsch - @Eric Bontemps

New, la comédie musicale improvisée revient au Grand Point Virgule. Rencontre avec Florian Bartsch, à l’origine du projet, en 2011. Un passionné de théâtre d’improvisation et de musique !

Un spectacle coloré et pétillant.

Pour la 7édition, la troupe de New, la comédie musicale improvisée fait le pari de créer chaque mardi un spectacle de 1h30. Il associe trois techniques artistiques. On y trouve les codes de la comédie musicale avec quatre comédiens-chanteurs, les codes du jazz à travers des improvisations musicales menées par 3 musiciens, ainsi que les dessins d’une <<impro-graphiste>> qui habille, en direct, le grand écran, en fond de scène.

Et, à chaque représentation, le défi est brillamment relevé. Le succès l’atteste. La raison de cette réussite est sûrement artistique, puisque ce modèle permet au spectacle de se renouveler chaque soir. On peut donc venir autant qu’on le souhaite, car on bénéficie d’une nouvelle intrigue à chaque fois.

Ce format de comédie musicale n’est pas encore très représenté dans les théâtres français. En la matière, nous avons très longtemps été habitués aux grandes productions, notamment à travers l’influence de l’opéra. Mais dans New, pas besoin de décors sophistiqués, ni de costumes extravagants. Pourtant, la magie opère. La preuve en est que le soir de la représentation, Florian Bartsch, en bon maître de cérémonie, a brisé la glace avec le public en demandant s’il y avait dans la salle des spectateurs réguliers. Nous avons eu la surprise à ce moment là, d’entendre un couple partager son expérience, en disant que cela faisait la dixième fois qu’ils venaient. À découvrir, donc, en famille pour les fêtes de fin d’année ! En ce qui nous concerne, on y retournera !

D’où vous est venue l’idée de mélanger musique, théâtre et infographie ?

Quand j’étais entrain de chanter sous la douche ! La buée m’a donné envie de dessiner. Et là je me suis dit pourquoi pas travailler sur de la comédie musicale improvisée avec des dessins. J’avais déjà fait de la comédie musicale improvisée bien avant ; c’est un concept américain que je faisais avec ma troupe anglophone The Improfessionals. Après, j’ai refait le projet en plus grands, plus pro, avec des musiciens et des comédiens. J’adore les décors de comédie musicale, mais nous n’avions pas le temps d’en faire fabriquer. Donc, l’idée de l’illustrer graphiquement sur écran simplifiait les choses, surtout pour les changements de décors et la représentation de lieux fantaisistes.

Qu’est-ce qui fait votre succès depuis sept saisons ?

Nous rendons hommage à la comédie musicale tout en réinventant le genre. Nous sommes conscients de l’aspect artistique du musical très classique, comme Top Hat dans les années 1930, mais aussi des choses qui ont déjà innové le genre, comme Hair, ou le Rocky Horror Picture Show, dans les années 1970. Aujourd’hui, à Broadway, ou dans le West End à Londres, il y a déjà des présentations qui réinventent le genre. Donc nous faisons un clin d’œil en apportant notre touche : l’improvisation. Ainsi, le spectateur peut revenir autant qu’il veut, ce ne sera jamais pareil. Il devient même ambassadeur en faisant venir d’autres personnes.

Peut-on dire que vous avez créé une forme de théâtre démocratique ?

Carrément ! Pour nous, c’est très important que le public participe avant et durant le spectacle, ainsi que pendant les moments clés. Parfois, on laisse l’écriture de la fin au public. Il peut choisir le titre de la comédie musicale qu’il va voir se créer sous ses yeux. On peut aussi lui demander de choisir le style de la chanson qui va être chanté. On peut même se permettre des fusions. Par exemple, la dernière fois j’ai entendu ‘’ Disco –celtique’’, et c’est ce que nous avons fait. C’est très décalé et créatif comme procédé. On s’amuse beaucoup.

Cloé Horry et Perrine Megret  – @Christine Coquilleau Nait Sidnas

Quel type de travail implique l’improvisation ?

L’improvisation est simple parce que justement on peut la travailler. C’est comme un muscle. On s’entraîne une à deux fois par semaine et on adore ça. Le moment de la représentation venue, on se fait confiance et on lâche prise. C’est très agréable de sauter dans le vide après avoir bien répété. Mais on est très sérieux ! Tous les soirs, on fait une captation du spectacle pour voir ce qui a marché ou pas, comme si on analysait un match de foot.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui veut travailler l’improvisation ?

Se faire confiance et se dire : « J’essaye ! Si ça marche tant mieux et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave ». Il faut être à l’écoute, assumer ses idées et mettre son égo de côté.

Face au succès du spectacle, avez-vous envisagé de présenter votre spectacle dans le West End à Londres ?

Pour l’instant, on se concentre sur Paris, même si le spectacle existe aussi en anglais. J’ai vu pas mal de spectacles d’improvisations musicales dans le monde, comme les spectacles des Showstoppers qui jouent dans le West End. En plus on se connaît, on est ami ; donc, si on devait créer quelque chose ensemble, ce serait top ! Mais nous n’irons pas à Londres parce que c’est un peu leur terrain. De plus, nous avons des projets à Paris, comme New en français et anglais, mini New pour enfants et New Science. Tout cela nous occupe beaucoup.

Maintenant que votre troupe a goûté à l’improvisation, se verrait-elle monter un spectacle bâti sur un texte ?

Tout à fait ! On aime les deux. À suivre, donc !

Si vous deviez improviser un article pour Artistik Rezo, quel en serait le titre ?

On ferait un jeu de mots avec le titre, l’article commencerait par « il était une fois ». L’action pourrait se situer dans un monde magique où l’on découvrirait un héros, peut-être vous, la journaliste. On vous suivrait dans une quête particulière. Ou alors ce serait une forme d’article interactif, où vous commenceriez vos phrases, tandis que vos lecteurs les finiraient. C’est un concept assez osé, mais pourquoi pas ?

Johana Gil

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