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« J’ai envie de toi » : une première comédie sacrément réussie

Hélène Kuttner 4 septembre 2019
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Clément Sautet (c) Puppets.

L‘acteur et humoriste Sébastien Castro signe ici sa première comédie que met en scène avec punch et doigté José Paul. Une histoire de placard défoncé, de vieille maman abandonnée et de messages envoyés au mauvais destinataire. Bref, une enfilade de situations connues mais non moins rocambolesques joués tambour battant par des jeunes comédiens.

Youssouf (Sébastien Castro) vit de petits boulots au quatrième étage d’un vieil immeuble, dans un appartement contigu à celui de son nouveau voisin, Guillaume (Guillaume Clérice). Totalement sans gêne mais armé de son bon droit, il perfore le mur de cloison entre les deux appartements pour récupérer « son » placard selon un ancien titre de propriété jamais respecté. Les deux voisins se retrouvent donc dans le même appartement, alors que Guillaume est dans l’effervescence d’un rendez-vous galant, texto envoyé par erreur à son « ex » Christelle (Anne-Sophie Germanaz) alors qu’il reluquait la belle Julie (Astrid Roos).

Pendant ce temps-là, dans l’appartement de Youssouf croupit la vieille mère de Sabine (Maud Le Génédal), une jeune femme qui a laissé sa mère en fauteuil roulant chez lui le temps de fêter avec une amie son anniversaire.

Un vaudeville délirant

A voir les personnages courir en tous sens dans les trois espaces conçus par Jean-Michel Adam, les deux appartements ouverts au public et le couloir qui sert de placard, on ne peut s’empêcher de penser à Feydeau, mais aussi à Ray Cooney ou Jean Poiret. Personnages typés, situations cocasses, jeux de mots et quiproquos hallucinants, dialogues absurdes envoyés en rafale comme des armes de destruction massive, la pièce est construite sans temps morts, dans un espace unique qui permet de concentrer le talent de chaque comédien. Ils campent des caractères de bande dessinée, tricotant à toute vitesse des phrases sans complément, dont le personnage de gros dur jaloux (Alexandre Jérôme) est impayable. On rit, sans une once d’ennui, bien que le début soit à roder, et on se laisse embarquer béatement dans cette tragédie comique de toutes nos erreurs et nos horreurs.

Hélène Kuttner

 

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