« Study # 3 » : Le tour du monde de Forsythe
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Study # 3 De William Forsythe Avec les danseurs de la Forsythe Company Du 5 au 12 décembre 2014 Tarifs: de 8€ à 39€ Durée : 1h10 Théâtre Chaillot |
Du 5 au 12 décembre 2014
S’il fallait voir une seule pièce de Bill, l’Américain de Francfort, ce serait bien entendu « Study # 3 », où Forsythe revisite son répertoire, créant une synthèse très vivante de ses deux périodes majeures. Tonicité et déconstruction avancent la main dans la main et ouvrent sur une nouvelle compréhension de ce que chorégraphier veut dire. L’histoire de « Study # 3 » est complexe et passe par l’Italie. C’est au Teatro Grande de Brescia que Puccini réussit à imposer sa « Madame Butterfly », en mai 1904, après un échec essuyé en février de la même année à Milan. Parmi les raisons de l’échec initial : le public ne pardonna pas que l’œuvre rappela de trop près « La Bohème », du même Puccini, créée huit ans plus tôt. Aujourd’hui, l’autocitation ne fait plus scandale, elle est devenue une forme d’art en soi. Parce qu’elle permet aux critiques de se distinguer de spectateurs moins expérimentés et moins assidus? Forsythe en joue comme dans une partie de billard, avec rebondissements internes sur des pièces antérieures, dans lesquels il citait déjà d’autres pièces de son répertoire.
Il y avait d’abord celui qui a étonné le monde de la danse dans les années 1980 et 1990, celui qui semblait lutter contre la danse classique alors qu’on comprend aujourd’hui ce qu’il prônait déjà à l’époque : il faisait des ballets ! Au début des années 2000, il s’est transformé en un concepteur de l’auto-déconstruction. Ce Forsythe est un penseur, pas seulement de la danse mais de l’humanité dans son ensemble. Sa réflexion sur le spectacle passe par les mathématiques, la physique quantique, la neurologie, la logique…
Rewind, reshuffle, re-Forsythe! Le jeu des citations devient si intense qu’il produit une pièce totalement nouvelle. C’est la méthode globale appliquée à une œuvre que Forsythe revisite en tant qu’archiviste. Cela produit un collage à la Picasso ou Bauhaus – pour rester plus proche de Dresde, où la Forsythe Company est également implantée. A recommander également : La discussion publique sur la danse, entre Forsythe et le jeune chorégraphe français Noé Soulier, également un fervent déconstructeur du ballet classique, qui a lieu à Chaillot le 6 décembre à 14h30 (accès libre sur réservation). Thomas Hahn [Photos : © Umberto Fravretto] |
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Du 5 au 12 décembre 2014
C’est justement pourquoi nous avons ici à faire à une synthèse de son œuvre, permettant de faire le tour de son univers en soixante minutes. Forsythe est aujourd’hui un classique, alors qu’il a lui-même traversé plusieurs périodes marquées par des approches très différentes de la construction d’une pièce.
« Study # 3 » se donne sur un plateau en pente, comme dans le théâtre de Brescia, où Forsythe avait créé un « Study # 1 » qui utilisa des citations de Puccini. « Study # 3 » est basé sur la même tonicité que des pièces aussi célèbres que « One Flat Thing Reproduced » ou « The Room as it Was ». D’où aussi la présence forte de la musique de Thomas Willems.





