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Le voyage de D. Cholb : voyage à l’intérieur d’un cœur

Hélène Kuttner 4 décembre 2017
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© Luc Maréchaux

Voici un spectacle essentiel.

Non pas parce que l’auteur du récit « Dix jours en terre ceinte »(ed.Magellan), adapté ici, est un Français juif, athée, taraudé par la question du conflit entre israélo-palestinien, décide de revenir 50 ans après sur la terre qui a accueilli les membres de sa famille entre les années 1930 et 1950, mais parce que son parcours ressemble à un voyage initiatique dont il a tiré un remarquable journal de bord, où se croisent les témoignages de Palestiniens, d’Arabes chrétiens, d’Israéliens de gauche et de droite, et de camarades venus faire le voyage avec lui pour des raisons aussi diverses qu’un retour aux racines bibliques ou un besoin de voir de plus près cette mosaïque culturelle, religieuse et politique que constitue Israël aujourd’hui. Bernard Bloch, acteur et auteur, nous invite sur la petite scène du Cabestan, dos tourné au public, le nez sur ses notes, à se révéler.

© Luc Maréchaux

Son double, formidable Patrick Le Mauff, est un faux candide qui partage, avec Thomas Carpentier à la régie, les images et les mots de ce récit à l’intérieur des consciences. Les routes de Cisjordanie, le mur qui encercle les territoires occupés comme un puzzle, la traversée de villes comme Tulkarem, Naplouse, Béthléem, Hébron et le rayonnement de Jérusalem donnent à voir et saisir une réalité que la vérité des témoignages enregistrés, et incarnés à l’écran par des prestigieux comédiens, nous aident à comprendre. Pour autant, à l’inverse d’une loupe déformante qui tend à isoler une seule des parties en présence comme le font souvent les médias, ne donnant de cette situation qu’un seul aspect, un seul argument, l’auteur donne aussi la parole à des membres de sa famille, en Israël, pour entendre un point de vue qui ne correspond pas forcément à la doxa nationaliste du gouvernement. Tiraillé dans sa conscience et dans son coeur, entre ses origines « ashkénazes » d’Europe Centrale et ses révoltes de citoyen laïc, engagé pour une autonomie de la Palestine, Bernard Bloch nous ouvre son coeur et sa démonstration est limpide, puissante. Il faut l’entendre.

Hélène Kuttner

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