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Pour une fin d’année pétillante : « Le Cabaret Extraordinaire »

Thomas Hahn 20 décembre 2018
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« Le Cabaret Extraordinaire » © Stella K

Au cabaret La Nouvelle Eve, à Pigalle, une nouvelle halte, et une nouvelle formule du fameux « Cabaret Extraordinaire », qui réunit un éventail singulier d’artistes de tous horizons, réunis par leur esprit décapant. De Maria Dolores au Cirque des Mirages, s’y réinvente le Paris de la Belle Epoque, dans un esprit flambant neuf.

Les spectacles de fin d’année programmés à Paris ont tous pour but d’offrir un moment de légèreté et de gaité. « Le Cabaret Extraordinaire » a bien prouvé sa force et sa qualité en ce sens, lors des plus de quatre-vingt représentations données à travers la France (et il est même déjà venu à Paris). Jonglage, humour, chanson et cabaret sont les ingrédients d’une soirée haute en couleurs où se rencontrent des vedettes de différentes disciplines, tous réunis par un esprit partagé et une maîtrise qui vient de loin, drapée d’un tempérament excentrique et farceur.

Chacun des artistes sur scène a créé ses propres spectacles. Le line-up suffirait donc pour tout un festival, avec de formidables propositions soir par soir. Ici, on les trouve tous réunis, ce qui garantit une soirée sur un rythme d’autant plus soutenu.

« Le Cabaret Extraordinaire » © Stella K

Chanteuse-conférencière latine

Pour les énumérer : c’est Maria Dolores, la diva burlesque, qui mène la danse de sa baguette sensuelle, en conférencière déjantée. Quand elle ne participe pas au « Cabaret Extraordinaire », elle chante par exemple sa vision du tango argentin, accompagnée de l’Amapola Quartet. Le rouge et le noir sont ses couleurs de prédilection…

Elle est assistée – faut-il dire: perturbée? – par un certain Jean Jacques (de son vrai nom Christian Tétard), violoniste professionnel qui s’est réinventé en clown qui a aussi mis son talent et son corps à disposition du théâtre de rue, dans plusieurs spectacles de la Compagnie n° 8 et qui vient de créer un solo de clown musical, le « Hans Peter Tragic Koncert ».

« Le Cabaret Extraordinaire » © Stella K

Clown-jongleur bretzel-baguette

Hans Peter est un prénom typiquement germanique, contrairement à celui d’Immo. Et pourtant, l’Allemand dans cette soirée, c’est lui: Immo, une référence absolue du jonglage acrobatique et clownesque. Immo se produit en salle comme dans la rue et il vient tout juste de créer « French Touch Made in Germany », où le titre suffit à lui seul pour décliner toute l’autodérision de ce sunnyboy de haut vol. S’il a toujours la patate, c’est que ce clown-jongleur bretzel-baguette est heureux en France, grâce à l’accueil enthousiaste du public hexagonal.

Comédienne Sea-Girl

Et puis, il y a Elise Roche. Dans un premier temps, on peut se demander pourquoi  « Le Cabaret Extraordinaire » fait appel à une comédienne qui a brûlé les planches dans des spectacles de théâtre contemporain, où elle fut mise en scène par Niels Arestrup, Adel Hakim, Aurélien Recoing, Thomas Le Douarec ou Julie Brochen. Mais elle a aussi travaillé avec Anne Bourgeois, et donc avec La Troupe du Phénix dans les mises en scène musicales de Marivaux, Shakespeare etc.

Car Elise Roche est autant chanteuse, et en tant que telle l’une des cofondatrices et codirectrices artistiques des fameuses Sea Girls, ensemble de chanteuses, ensemble loufoque et bien sûr entièrement féminin, qui a osé réinventer la chanson française la plus traditionnelle, justement à La Nouvelle Eve, l’un des hauts lieux les plus historiques de la tradition des cabarets parisiens.

« Le Cabaret Extraordinaire » © Stella K

Cirque des Mirages

Pour couronner le tout, voilà un certain Yanowski avec son partenaire pianiste Fred Parker: Un duo qu’on ne présente plus, Le Cirque des Mirages, si troublant dans son invention d’une interface entre les déchirements d’un Jacques Brel et l’expressionnisme cinématographique d’un Lang ou d’un Murnau. A (re-)découvrir ici en mode 100%… Cabaret!

Et si vous vous demandez comment tous ces artistes si divers et varié.té.s ont pu se retrouver à partager une même scène et des tournées, la réponse tient dans le nom d’Armelle Hédin, qui ne fut pas seulement comédienne, clown, danseuse et metteure en scène, mais aussi  régisseuse plateau à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier ! Dans le métier, il n’y a donc plus rien qu’elle ne connaît pas, d’autant plus qu’elle est aujourd‘hui productrice investie dans la scène dans la scène cirque-théâtre, music-hall, clown etc. C’est elle qui a su fédérer tous ces artistes engagés sur des voies si personnelles, pour composer un programme aussi décapant et pétillant qui incarne si bien l’esprit parisien de fin d’année.

Thomas Hahn

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