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    « Shâhnâmè » : quand le théâtre d’ombres devient spectacle et cinéma à la fois

    Thomas Hahn 3 décembre 2018
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    Shâhnâmè - Feathers of Fire © Cristoforo Magiozzi

    Le Musée du Quai Branly-Jacques Chirac reçoit une troupe de Los Angeles qui réussit à mélanger cinéma d’animation, théâtre d’ombres et spectacle gestuel, pour raconter un chapitre d’une œuvre fondamentale de l’humanité : Le livre des rois du poète persan Ferdowsi.

    « Shâhnâmè » est le titre d’un des spectacles les plus surprenants, à la fois par son esthétique et sa technique. Imaginez un film fait de théâtre d’ombres, comme on le pratique aujourd’hui encore dans les civilisations les plus anciennes, du Cambodge à la Perse. Et ce film-là, où les figurines s’animent comme des mimes en chai et en os, serait en vérité joué en live, par des acteurs-danseurs. C’est qui se passe dans cette aventure artistique sans pareil.

    Le spectacle, créé en 2016 à la Brooklyn Academy of Music de New York par l’illustrateur et réalisateur de films d’animation iranien Hamid Rahmanian, raconte les aventures de Zal et Roudabeh,  une histoire puisée dans un chapitre du légendaire « Livre des Rois – Shâhnâmè » du poète Ferdowsi. Voilà une œuvre millénaire et tout aussi fondamentale pour la culture persane que le Mahabharata en Inde ou bien, chez nous, l’Odyssée d’Homer et l’Ancien Testament réunis.

    On voit donc ici une petite partie de cette œuvre monumentale, adaptée pour devenir un fascinant spectacle visuel qui permet de plonger dans sa propre enfance, autant que dans les sources d’une civilisation. Mais derrière l’écran, la technologie est au rendez-vous, et au service de silhouettes, qui sont faites de corps, de costumes, de masques et plumes. Le titre anglais et originel est par ailleurs « Feathers of Fire » : Plumes de feu.

    Dans la tradition, le théâtre d’ombres se joue avec des silhouettes noires sur écran blanc, où les flammes d’une torche peuvent ajouter une lueur orange… Mais ici, dans « Shâhnâmè », l’écran s’emplit de couleurs comme si nous étions dans une salle de cinéma occidentale d’aujourd’hui. Ce qui nous est promis, revient donc à retrouver les sensations enfouies des spectacles partagés par une communauté à travers l’excitation d’images proprement fascinantes. Aucun autre spectacle n’est donc comparable à celui-ci.

    Thomas Hahn

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