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    Des Souris et des hommes : tout en noirceur et en lumières fulgurantes

    21 février 2015
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    dessouriseydeshommes

     

    Des Souris et des hommes

    De Jonh Steinbeck

    Mise en scène de Jean-Philippe Evariste et Philippe Ivancic

    Avec Jean-Philippe Evariste et Philippe Ivancic

    À partir du 27 janvier 2015 (relâche les 10 et 20 mars 2015)
    Du mardi au samedi à 19h

    Tarifs :
    1re cat. : 36,50 €
    2e cat. : 28,50 €
    3e cat. : 22,50 €
    4e cat. : 15,50 €

    Réservation en ligne ou au 01 42 97 40 00

    Durée : 1h20

    Théâtre du Palais Royal
    38, rue de Montpensier
    75001 Paris

    M° Pyramide
    (lignes 7 et 14)

    www.theatrepalaisroyal.com
    P1120079De la noirceur, des éclats de rêves et de lumières : l’intensité tragique, le propos et la poésie de Steinbeck sont restitués dans un joli précipité grâce à une mise en scène fine et une direction d’acteurs percutante. Un théâtre qui bouleverse et qui dérange.

    Un piège à souris ; c’est ce que cet ensemble de panneaux constitués de lattes de bois qui referment le plateau par l’arrière pourrait bien évoquer. Et lorsque la belle et sensuelle femme de Curley, le fils du patron, pointe son joli minois, Lennie, grand enfant prisonnier de son corps d’homme, tremble à l’idée de céder à de si doux appâts. Le malheur rôde à pas feutrés. Il est sans doute tapi derrière une planche, prêt à bondir. Pourtant, quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Lennie et son compagnon George, deux bons vieux amis, travaillent dur. Les ouvriers agricoles défient l’adversité et se dessinent un horizon de liberté et de paix : une petite propriété.

    De puissants faisceaux de lumière jaune qui filtrent entre les planches trouent la nuit noire. Si le décor demeure inchangé tout au long de la pièce, ce sont les éclairages qui le transfigurent. À l’instar du rêve qui habite nos héros, ils magnifient la réalité crue de ce monde terre à terre et font surgir la tragique poésie de Steinbeck.

    Des-souris-et-des-hommes-palaisroyalLe casting complète un tableau scénique convaincant. Tous les acteurs défendent leurs personnages dans leur singularité et avec justesse. Le défi représenté par le rôle ardu et complexe de Lennie, à l’instar de ces monstres qui habitent le théâtre, est relevé haut la main par Philippe Ivancic. Effrayant et touchant, il suscite un parfait équilibre émotionnel entre pitié et terreur. La seule remarque que l’on pourrait émettre concerne les quelques corps à corps lors de combats peu crédibles qui laissent apparaître des acteurs maladroits.

    Un éclairage cru et dérangeant

    Si la mise en scène est d’époque, l’auteur n’a pas pris une ride. Son regard intemporel, comme un laser, balaye notre propre société.

    Racisme, ségrégation sociale, machisme, rejet des personnes âgées, mépris du handicap mental ; le bal des exclusions va bon train. Et les solitudes tissent des liens entre les héros qui se retrouvent sur cette scène des exclus.

    P1110801Ce théâtre pose également des questions d’une insolente modernité : l’acte de tuer se mue successivement en un acte de haine ou d’amour. Les frontières communément et socialement admises entre le moralement répréhensible et le bien se brouillent et l’œuvre choque, sans doute pour susciter une réflexion. Personne n’en sortira indemne !

    Jeanne Rolland 

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