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    Une histoire d’amour selon Alexis Michalik

    Hélène Kuttner 26 janvier 2020
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    © François Fonty

    L’auteur-metteur en scène de 37 ans monte aujourd’hui sa pièce la plus personnelle, la plus intime, autour d’une histoire d’amour entre deux femmes. En même temps que ses autres pièces continuent de tourner, alors qu’il est déjà récompensé par sept Molière, Michalik, qui tourne beaucoup au cinéma, a décidé d’interpréter le seul rôle masculin, entouré de quatre comédiennes épatantes. C’est déjà un succès.

    Une histoire de femmes

    © François Fonty

    On est loin du Porteur d’histoires, épopée picaresque qui déroulait son lot croustillant de légendes et de vrais personnages. Loin aussi du Cercle des Illusionnistes avec le fil magique et conducteur de l’illusion théâtrale, qu’Edmond, le superbe hommage à Cyrano de Bergerac, a prolongé avec magnificence avant d’être réalisé en film. On serait davantage du coté d’Intra Muros, avec un fait de société pris dans son aspect brut, sauf que le thème de l’amour est à priori moins grave que celui de la prison. Une chose est sûre : quel que soit la sujet abordé, le jeune artiste possède les mots et le tempo pour raconter, encore et toujours, des histoires auxquelles on croit. Celle de Katia (Juliette Lacroix) homosexuelle assumée, qui rencontre Justine (Marie-Camille Soyer), pas encore très sûre de ses préférences amoureuses. Une histoire d’amour va naître sur fond de tragédies familiales et de de cancer, mais la petite fille qui va naître de cette union PMA ne grandira qu’avec sa mère Katia, que Justine va abandonner.

    Clichés plus vrais que nature

    © François Fonty

    Avec un frère écrivain alcoolique et cynique, lui-même blessé par la vie, joué par l’auteur lui-même, et une petite fille qui comprend tout et dit maîtriser Tolstoï et Kant à 12 ans, les personnages de cette histoire, hantés par les fantômes des personnes disparues (Pauline Bression) dessinent nos histoires familières, nos névroses narcissiques et nos fractures sentimentales, que d’aucuns trouveront très clichés. La force de Michalik et de ses comédiennes est justement de les assumer pleinement, avec une sincérité parfaite et un enchaînement de situations qui ne souffre aucun temps mort. On rit beaucoup car les répliques et les bons mots fusent comme des flèches de sioux, mais on pleure aussi, d’une bienheureuse émotion, car la corde sur la quelle jouent les interprètes est celle de la vie, de ses bonheurs et de ses tragédies.

    Et puis, avec quelques chaises, un wc et un canapé, l’énergie des comédiens est telle qu’en une heure et demi on est bien sonné. Bravo.

    Hélène Kuttner 

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