0 Shares 1949 Views

Une histoire d’amour selon Alexis Michalik

Hélène Kuttner 26 janvier 2020
1949 Vues

© François Fonty

L’auteur-metteur en scène de 37 ans monte aujourd’hui sa pièce la plus personnelle, la plus intime, autour d’une histoire d’amour entre deux femmes. En même temps que ses autres pièces continuent de tourner, alors qu’il est déjà récompensé par sept Molière, Michalik, qui tourne beaucoup au cinéma, a décidé d’interpréter le seul rôle masculin, entouré de quatre comédiennes épatantes. C’est déjà un succès.

Une histoire de femmes

© François Fonty

On est loin du Porteur d’histoires, épopée picaresque qui déroulait son lot croustillant de légendes et de vrais personnages. Loin aussi du Cercle des Illusionnistes avec le fil magique et conducteur de l’illusion théâtrale, qu’Edmond, le superbe hommage à Cyrano de Bergerac, a prolongé avec magnificence avant d’être réalisé en film. On serait davantage du coté d’Intra Muros, avec un fait de société pris dans son aspect brut, sauf que le thème de l’amour est à priori moins grave que celui de la prison. Une chose est sûre : quel que soit la sujet abordé, le jeune artiste possède les mots et le tempo pour raconter, encore et toujours, des histoires auxquelles on croit. Celle de Katia (Juliette Lacroix) homosexuelle assumée, qui rencontre Justine (Marie-Camille Soyer), pas encore très sûre de ses préférences amoureuses. Une histoire d’amour va naître sur fond de tragédies familiales et de de cancer, mais la petite fille qui va naître de cette union PMA ne grandira qu’avec sa mère Katia, que Justine va abandonner.

Clichés plus vrais que nature

© François Fonty

Avec un frère écrivain alcoolique et cynique, lui-même blessé par la vie, joué par l’auteur lui-même, et une petite fille qui comprend tout et dit maîtriser Tolstoï et Kant à 12 ans, les personnages de cette histoire, hantés par les fantômes des personnes disparues (Pauline Bression) dessinent nos histoires familières, nos névroses narcissiques et nos fractures sentimentales, que d’aucuns trouveront très clichés. La force de Michalik et de ses comédiennes est justement de les assumer pleinement, avec une sincérité parfaite et un enchaînement de situations qui ne souffre aucun temps mort. On rit beaucoup car les répliques et les bons mots fusent comme des flèches de sioux, mais on pleure aussi, d’une bienheureuse émotion, car la corde sur la quelle jouent les interprètes est celle de la vie, de ses bonheurs et de ses tragédies.

Et puis, avec quelques chaises, un wc et un canapé, l’énergie des comédiens est telle qu’en une heure et demi on est bien sonné. Bravo.

Hélène Kuttner 

Articles liés

Ozma en concert au Café de la Danse
Agenda
96 vues

Ozma en concert au Café de la Danse

Après trois années de tournée en Europe, Afrique, Asie et Amérique du Sud, le quintet de jazz explosif Ozma est de retour avec son septième album Hyperlapse annoncé pour le 7 février 2020 chez Cristal Records. Hyperlapse peut être vu...

Dandyguel en concert au FGO-Barbara
Agenda
118 vues

Dandyguel en concert au FGO-Barbara

MC est le terme qui lui va comme un gant ! Rappeur, ambianceur, host, présentateur des plus gros évènements en France, Dandyguel excelle dans chacun de ces domaines ! Ceux qui l’ont vu à l’œuvre s’en souviennent ! À...

Saturday Book Live spécial Boris Vian avec Helena Noguerra aux Trois Baudets
Agenda
91 vues

Saturday Book Live spécial Boris Vian avec Helena Noguerra aux Trois Baudets

Une de nos booklovers préférée a accepté de venir partager son amour pour les mots et la poésie de l’ami Boris sur la scène des Trois Baudets : Helena Noguerra. Boris Vian aurait eu cent ans le 10 mars...