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Volmir Cordeiro époustouflant

10 décembre 2014
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Volmir_Cordeiro_portrait_Photo_Fernanda_Tafner

Inês

De Volmir Cordeiro

Du 4 au 6 décembre 2104

La Ménagerie de Verre
12-14, rue Léchevin
75011 Paris
M° Parmentier (ligne 3)

www.menagerie-de-verre.org

Du 4 au 6 décembre 2104

Bluffant! Volmir Cordeiro est tout bonnement époustouflant sur la scène de la Ménagerie de verre avec son dernier spectacle, “Inês”, et ce n’est en rien exagéré que de se lancer dans un tel dithyrambe. On adore!

Explications

Dès son arrivée sur scène il déstabilise, jouant du décalage entre une musique brésilienne endiablée au volume indécemment élevé et son pas digne et posé. Il quadrille la scène lentement, comme le ferait une statue grecque douée de vie, enveloppée d’un drapé classique entièrement revisité. Cette courte introduction suffit pour nous projeter dans l’univers de Volmir Cordeiro, de changer d’espace temporel. Et lorsque la musique s’arrête et qu’il ne reste plus que le son des projecteurs, il raconte, à la manière du Chœur dans le théâtre grec. Face au public qu’il électrise et fascine, il livre l’histoire d’Inês, l’attraction instinctive qu’a exercée sur lui cette chorégraphe. “Un jour, j’ai croisé cette femme qui s’appelle Inês. Il ne me suffisait pas de la regarder, je voulais surtout m’approcher d’elle. Immédiatement, j’ai commencé à me reconnaître en elle. J’ai quitté mon rôle de regardeur et j’ai commencé à vivre avec cet être de chair. Il ne m’a pas suffi de la capter, il m’a fallu l’avaler.” Il y a du charnel, du sexuel, de l’abandon, de l’enfantin dans tout cela.

Volimr_Corneiro_Photo_Margot_VidecoqInès cherche une relation directe avec le public, symbiotique, comme lui. Les mots déferlent, dansent sous l’impulsion de la diction chorégraphiée de Volmir Cordeiro. “À 17 ans, Inês est devenue une personne réelle, la pauvre!” Il compose avec poésie, manie la sensualité et jongle avec l’absurdité avec une réelle aisance et fluidité, jusqu’à l’emballement lorsqu’il décrit le rêve d’Inês, et se bousculent alors une litanie de mots. Il ne lâche pas le public. Voir, être vue. Inês “veut faire partie du show de la réalité”, “être dans une entreprise de la visibilité”. L’enthousiasme de Volmir ne nous laisse d’autre choix que de vouloir la regarder.

La danse, un regard intérieur

Mais c’est à ce moment qu’il se rend aveugle avec deux bandes de scotch noir sur ses yeux, et qu’il cède la place à l’expression corporelle. Il incarne son texte, le vit, le traduit dans sa chair. Il y a quelque chose de chamanique dans cette danse qui rime avec transe. Le voilà porté par une musique intérieure que l’on finit par entendre, il suffit à notre tour de se laisser porter. Parfois, le jeu de l’éclairage le dédouble créant un dialogue avec son ombre. Et au fur et à mesure, il est absorbé par la pénombre, se fond avec l’obscurité. On le suit au rythme de ses pas jusqu’à ce qu’il s’échappe par une porte dérobée. Fin du spectacle. 

Le secret de Volmir Cordeiro est certainement le plaisir qu’il prend à transmettre une histoire comme un conte, aussi bien au son des mots qu’au rythme du corps. Il est “propriétaire de ses mots, a sa propre syntaxe”, tout comme Inês, son double. Il est au croisement de la performance, de la danse, du théâtre, incarnant ce que l’on attend aujourd’hui de l’art : qu’il fasse tomber les frontières.

Stéphanie Pioda

[Photo : Portrait de Volmir Cordeiro par Fernanda Tafner – Photo du spectacle par Margot Videcoq]

A découvrir sur Artistik Rezo :
« Questions de genres : Festival Les Inaccoutumés 2014 » écrit par Thomas Hahn

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