Retour à Bilbao – Espace Pierre Cardin
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Un début d’histoire était proposé, aussi : « Billy Elliot rentre au conservatoire, au conservatoire de théâtre, mais le conservatoire a fermé ». J’ai écrit un texte qui répond au principe de théâtre dans le théâtre. On interrompt sans arrêt la fable, on la met en question, en doute. J’ai travaillé sur la notion d’atelier, de travail, de recherche « au plateau », j’ai mis des mots sur quelque chose qui en général est tu : les sensations de l’interprète. Et puis, j’ai fait écrire les élèves : à chacun d’eux, j’ai passé commande d’un paysage écrit du Conservatoire. Un lieu. Choisi par eux. Un endroit du Conservatoire. A leurs paysages viennent s’adjoindre les paysages de mon Conservatoire. A l’époque où j’y étais élève et où j’y ai dansé.
Retour à Bilbao, c’est un peu le retour dans l’innocence de ce lieu, et un partage avec l’incroyable énergie des interprètes et des artistes qui le font actuellement.
May Bouhada
Le corps de l’acteur est une mine, j’y cherche des matériaux précieux, j’y trouve des pépites d’or. L’acteur joue son corps : je plonge mon regard dans cet espace de jeu, une faille ouverte où la danse existe à l’état brut. L’acteur redonne à la danse son origine archaïque avant qu’elle ne devienne technique et virtuose : elle est celle d’un « être au monde ».
Ce que je cherche à transmettre à mes élèves : l’art d’être au monde sur un plateau de théâtre, dans la nudité brute du corps, dans la musicalité d’un paradis perdu et retrouvé où chacun a sa singularité et sa beauté, oser le choc des retrouvailles. Oser parler une langue que l’on pensait avoir oubliée. Décider que le paradis est réel du moment que l’amour du réel initie toute forme.
Ici, avec la création de Retour à Bilbao, nous choisissons le plaisir comme motif suprême : l’envie de légèreté est un voyage si délicieux…Nous multiplions les situations loufoques, nous composons une palette haute en couleurs, chacun ses jambes pour passer du rouge au bleu, chacun y va de sa gourmandise, de son appétit, de sa voracité. Il est question d’amours volages, sauvages, émerveillées, éparpillées. Il est question de faire le siège, de ne pas quitter la place. Il est question de défendre sa peau comme un cri de guerre.
Les voici légers, drôles, messagers vivants et rieurs… Qu’on ne me dise pas qu’ils sont des danseurs, ils sont des acteurs qui dansent. C’est tout leur talent, nous faire croire à l’impossible.
Caroline Marcadé
Retour à Bilbao
D’après un texte de May Bouhada
Mise en scène et Chorégraphie Caroline Marcadé
Collaboration artistique Jean-Marc Hoolbecq
Avec Joris Avodo, Julien Barret, Julien Bouanich, Hadrien Bouvier, Ludmilla Dabo, Delphine Hecquet, Gaël Kamilindi, Jean-René Oudot, Fannie Outeiro, Laure-Lucile Simon, Manon Vincent.
Les mardi 11 et mercredi 12 mai 2010 à 20h30
Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Réservation indispensable au 01.53.24.90.16 du lundi au vendredi de 14h00 à 18h00 à partir du lundi 03 mai 2010 ou dès maintenant sur le site www.cnsad.fr
Espace Pierre Cardin
1-3, avenue Gabriel
75008 Paris
Métro Concorde
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