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    Garry Winogrand, regards sur la ville

    13 novembre 2014
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    Garry Winogrand

    Commissaires :
    Leo Rubinfien, Erin O’Toole et Sarah Greenough

    Jusqu’au 8 février 2015
    Du mercredi au dimanche de 11h à 19h
    Le mardi de 11h à 21h
    Fermeture tous les lundis

    Jeu de Paume
    1, place de la Concorde
    75008 Paris

    M° Concorde
    (lignes 1, 8 et 12)

    www.jeudepaume.org

    Jusqu’au 8 février 2015

    Le Jeu de Paume revient sur l’œuvre du photographe américain dans une expo réussie. Clichés en noir et blanc, vidéo-entretien captivante, personnes connues ou non sont proposés au visiteur. Une balade à travers les États-Unis de la deuxième moitié du XXe siècle.

    “Parfois, c’est comme si […] le monde entier était une scène sur laquelle j’ai acheté un ticket. Un grand spectacle où rien ne se produirait si je n’étais pas sur place avec mon appareil.” Et il est aussi vaste que beau ce monde que Garry Winogrand (1928-1984) immortalise.

    Le spectateur est invité à se balader dans toutes les grandes villes américaines, des années 50 à 80, à voir les gens, qu’ils soient illustres comme le président Kennedy, inconnus comme ces trois couples discutant chacun de leur côté sur le même banc ou bien originaux à l’instar de ce cow-boy. Chaque photo est complexe, demande à être analysée, le noir et blanc renforçant le désir de s’attacher aux personnages, à ce qu’ils regardent, aux conversations qu’on leur attribue, à leur direction.

    garry_winogrand-jeu_de_paumeDans un des coins de la première moitié de l’expo, des dizaines de personnes boivent les paroles de Winogrand. Détendu, drôle, il discute de son travail, on rit, on s’étonne, on est impressionné. Cet entretien donné à la Rice University à Houston est longue mais assez vivante pour ne pas imaginer quitter son siège ou son bout de mur avant de l’avoir entendu dire ce qu’il pensait de San Francisco et de sa “drôle d’atmosphère” ou de Los Angeles “qui est tout sauf urbaine”.

    Sur toutes ses photos urbaines, on entend la ville, on la sent bouger. New York, Las Vegas, Memphis, Dallas… À chaque fois, il sent la ville et trouve ses personnages parmis ses habitants. Et le photographe américain saisit aussi bien leurs mouvements que leurs regards. Un feu de poubelle est photographié, mais ce qui intrigue, ce sont cet homme obnubilé par les flammes et à côté cette femme les yeux dirigés vers l’objectif.

    Ses clichés jouent également sur l’ambiguïté tel ce chauffeur dont on ne sait s’il crie ou bâille ou encore l’humour avec cette chèvre qui regarde l’appareil qui la mitraille, alors que le gosse à ses côtés est perdu dans ses pensées. Le Jeu de Paume donne à voir une exposition riche et diversifiée, destinée à un public aussi bien averti que débutant en photographie. “C’est l’Amérique qu’il étudie”, dit-il. Les historiens et sociologues trouveront alors de quoi prendre du plaisir, en plus du plaisir procuré par l’esthétique des clichés.

    Damien Dole-Chabourine

    [Visuels : Los Angeles, 1980–1983, Garry Winogrand, épreuve gélatino-argentique, Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona. © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco ; New York, vers 1962, Garry Winogrand, Tirage gélatino-argentique. The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona. © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco]

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