Le Misanthrope ou Molière super star au Théâtre de la Bastille
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Le Misanthrope De Molière Mise en scène de Thibault Perrenoud Avec Marc Arnaud, Mathieu Boisliveau, Chloé Chevalier, Caroline Gonin, Eric Jakobiak, Guillaume Motte en alternance avec Thibault Perrrenoud et Aurore Paris Jusqu’au 20 décembre 2014 Du lundi au samedi à 19h, dimanche à 15h, relâche les 1er, 7 et 14 décembre Tarifs : de 14 à 24 euros Réservation en ligne ou par tél. 01 43 57 42 14 Durée : Théâtre de la Bastille |
Jusqu’au 20 décembre 2014
Molière résiste à tout. Au Théâtre de la Bastille, Thibault Perrenoud et les jeunes comédiens de la compagnie Kobal’t montent le Misanthrope en jeans au milieu des bancs de jeunes spectateurs. Parler vrai et alexandrins slamés, l’ambiance est à la « teuf » et la pièce est dynamisée par une équipe pleine d’énergie, au risque parfois d’en égarer le sens. On est accueilli comme chez des copains, table de mixage en mezzanine et chips/ marschmallows sur une table de fortune, avec une sono tonitruante et une ambiance plus que chaude. En jeans moulants et parkas à capuches, les comédiens débarquent. Point de signe du Grand Siècle, hormis un lustre négligemment suspendu. L’Alceste de Marc Arnaud est percutant, saignant et viscéralement révolté contre les moeurs de l’époque. Le bouquet de roses explose en plein visage de son ami Philinte, joué par Mathieu Boisliveau : le ton est donné. Avec les alexandrins, très bien dits et parfaitement articulés, les corps s’expriment, crument et violemment, les tables valsent et les paquets de chips s’envolent. Devant des rangées de lycéens ébahis et conquis, Célimène (Aurore Paris) fait claquer sa beauté contemporaine sur ses talons aiguilles, le tee-shirt subtilement échancré qui dénude un dos de sirène. Et ce qu’on ne voit jamais dans cette pièce advient: Alceste et Célimène s’embrassent sensuellement, révélant au public ce « je t’aime moi non plus » de l’impossible renoncement amoureux. Les nouveaux alexandrins n’apportent pas grand chose, pas plus que la mise à nu totale d’Alceste dans le dernier acte. Fort bien menée au départ, en particulier grâce au talent très convaincant de Marc Arnaud et à la justesse d’Eric Kakobiak dans Oronte, le spectacle tend à se déliter par son excès d’inventivité et par une énergie pas toujours maîtrisée. Dommage, car on finit par perdre le fil. Saluons cependant l’engagement spectaculaire et revigorant de tous les jeunes artistes qui rendent un hommage, certes très vert, mais aussi très respectueux, du grand Molière. Les bégueules s’ abstiendront mais l’auteur appréciera. Hélène Kuttner [Crédit photos : © Alice Colomer]
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