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    Providence – Les déchargeurs

    12 avril 2018
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    N’oublie pas que je suis en état de choc. Imagine de quoi je serais capable en pleine forme.

    Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 à New York, un couple illégitime tente de profiter du chaos pour disparaître, changer d’état civil et vivre une nouvelle vie. L’homme, marié, deux enfants, a choisi d’aller rejoindre la femme qu’il aime plutôt que de se rendre à son travail dans l’une des tours. Ils se confrontent à cette tentation (tentative) de disparition fortuite plongés dans le chaos que vit leur pays, sinon dans le trouble que les événements ne manqueront pas de provoquer dans leur relation.

     

    Mot du metteur en scène

    On pourrait parler d’une “tragédie aux yeux secs.” Le mal et le malheur ambiants ont des airs d’absolu. Nul jamais n’aurait imaginé ou conçu une telle catastrophe. Point de compassion, point d’attendrissement ou d’identification possibles. Providence est une pièce noire, sèche, qui dérange et refuse le recours aux sentiments et aux émotions humains ordinaires… Neil LaBute met de côté toute facilité d’attendrissement et d’indulgence pour cet homme et cette femme, couple déjà mal formé et en marge qu’il réunit dans cet appartement voisin du lieu de la catastrophe, où tout, comme eux-mêmes, vient d’être recouvert d’une fine couche de poussière grise qui s’est abattue en pluie sur la zone et ses habitants. Pluie de cendres, explosion des valeurs, éruption de l’Histoire qui se déverse en lave et blesse à jamais une civilisation marquée en plein cœur, un pays qui ne sera plus jamais le même ensuite. Que peuvent ces personnages, qui en sont recouverts de cette pluie de cendres, de ce deuil collectif qu’ils subissent inexorablement. Le couple se débat pour ne pas succomber. Il ose un projet de fuite, une solution extrême, une de ces tentations qu’on a du mal à croire réalisables, tant la vie au quotidien avait jusque-là incité plus à la lâcheté qu’à l’audace, au conflit et à la dissimulation plus qu’à des élans de bravoure. On n’a plus peur de Virginia Woolf, on n’a plus à négocier en douceur pour éviter la faillite d’un couple. On est face à l’indicible et à l’inexprimable, donc à devoir courber l’échine sous l’effet du malheur… D’où l’idée extrême d’aller dans un ailleurs où rien ne sera pareil. Un lendemain d’apocalypse. Où il est nécessaire de fuir. C’est la tentation d’une île. Une île providentielle. Existerait-elle ? Pierre Laville

    La pièce conserve une saveur diablement amère. Gallais impressionne. Rares sont les acteurs qui s’investissent autant. / L’Obs 

    Un scénario joliment tordu. Cette pièce noire et sèche de Neil LaBute, Pierre Laville en fait une fable forte. / Le Canard enchaîné 

    Entre les deux acteurs, le courant est électrique, sensuel et venimeux, lourd de culpabilité, de cuistrerie et d’égoïsme. Une fiction crue au déploiement laisse pantois. C’est dingue. Et édifiant./ Télérama sortir 

    Marie-Christine Letort tient avec rigueur sa partition d’un drame intime. La mise en scène minimale se concentre sur le jeu des acteurs. / Transfuge 

    Une écriture brute et brutale. Des acteurs au faîte de leur art savamment mis en inquiétudes, angoisses et doutes par Pierre Laville. / Télérama

    C’est un théâtre où l’humour est sans confort et la psychologie sans complaisance. Les deux comédiens sont exceptionnels. / L’Express.fr 

    [ Source texte : communiqué de presse ]

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