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    « Frères ennemis » : Matthias Schoenaerts, à corps et à cœur

    4 octobre 2018
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    De Bullhead à Frères ennemis, Matthias Schoenaerts a su conquérir le public français, s’imposant comme un acteur phare de notre époque. La preuve qu’on peut être viril et sensible à la fois.

    Pour le public français, Matthias Schoenaerts est né dans les années 2010. Il faut pourtant rappeler que l’acteur belge a démarré sa carrière dans les années 90, avant de commencer à tourner de nombreux films (pas forcément arrivés jusqu’à chez nous) au début du nouveau millénaire. Parmi eux, il convient de distinguer l’excellent Black Book de Paul Verhoeven, aux côtés de Carice van Houten, mais aussi le thriller Loft (2008) d’Erik van Looy, huis-clos en forme de Cluedo. Il est d’ailleurs à noter que Schoenaerts est le seul acteur à avoir aussi tourné dans le remake de ce dernier film, mis en scène par le même réalisateur en 2014, aux côtés de James Marsden, Karl Urban et Wentworth Miller.

    Chez nous, c’est donc plutôt avec Bullhead de Michael R. Roskam que l’acteur a explosé. Dans ce thriller mâtiné de drame, il traînait son impressionnante carcasse, idéale pour camper un personnage aussi humain qu’animal. Jacques Audiard ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisqu’il l’a ensuite engagé pour jouer le rôle principal de De rouille et d’os aux côtés de Marion Cotillard. Quelle que soit la langue des dialogues, Schoenaerts parvient à chaque fois à imposer une tension nimbée d’émotion, sa musculature impressionnante ne masquant jamais son immense sensibilité.

    Depuis, s’il n’a pas toujours atteint des sommets au box-office, Schoenaerts n’a pas cessé de confirmer. Il a retrouvé Roskam pour Quand vient la nuit (avec Tom Hardy) et Le Fidèle (aux côtés d’Adèle Exarchopoulos), mais s’est aussi exprimé avec brio chez Luca Guadagnino (A bigger splash, remake sous-estimé de La piscine), Francis Lawrence (Red Sparrow, avec Jennifer Lawrence) et David Oelhoffen. Dans Frères ennemis, le réalisateur français dirige un tandem ultra charismatique dans lequel Schoenaerts affronte Reda Kateb. Le sujet semble vu et revu (deux amis d’enfance se font face, l’un étant devenu flic et l’autre voyou), mais les deux hommes sont si convaincants qu’ils parviennent à redonner de l’allure à un univers trop balisé. Schoenaerts, c’est le roi Midas du cinéma franco-belge : il semble pouvoir transformer n’importe quel film un peu classique en oeuvre singulière, aussi forte que fine.

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