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Arthur de Pins : “Seuls comptent les formes et les aplats de couleurs”

Pauline Chabert 1 juin 2020
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© Arthur de Pins

Rencontre avec Arthur de Pins, dessinateur de bande dessinée passionné d’animation et de monstres, qui nous fait découvrir ses débuts et sa façon de travailler. 

Quel est votre parcours ? Comment vous a-t-il amené à l’illustration ?

Après avoir fait les Arts-Déco de Paris en diplôme Cinéma d’animation en 2000, j’ai eu beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Dans l’animation, il y a du travail pour les techniciens mais pour les auteurs c’est la galère quand on veut monter un projet. Je faisais donc des boulots d’illustration en parallèle, pour compenser le peu de revenus des courts métrages. Puis je suis devenu illustrateur à plein temps, avant de renouer avec mon désir de raconter des histoires, via la bande dessinée.

 Y a-t-il des dessinateurs qui ont influencé votre travail, votre style ?

S’il ne fallait en citer qu’un, ce serait Edmond Kiraz. Pour moi, il est à la synthèse de l’illustration, la bande dessinée et la peinture. Tout le monde connaît cet artiste par ses “Parisiennes” mais au-delà de ces jolies filles, il a développé son propre langage graphique et peu peuvent se vanter d’en avoir fait autant. Je suis toujours en extase devant ses illustrations. Le moindre de ses reflets sur des pavés mouillés est une trouvaille de génie. Je citerais également Monsieur Z, héritier direct de Kiraz, qui a été l’un des pionniers d’Illustrator. Ces deux artistes sont donc mes père et grand-frère spirituels en matière de dessin.

© Arthur de Pins

 Pourquoi utiliser Illustrator ? Que vous apporte cet outil ?

Pour commencer, je précise qu’il ne m’apporte pas de gain de temps. Ce serait même plutôt l’inverse. Mais cet outil permet d’obtenir un graphisme unique, de par le procédé de “papier découpé” qui est le sien et de par l’absence de trait qui oblige à gérer de manière intelligente les couleurs, qui ne sont plus un remplissage mais les formes elles-mêmes. Et puis certes, l’outil est complexe, mais c’est de sa complexité que naissent les trouvailles. J’ai utilisé Photoshop, ses brushes et ses filtres dans le temps, mais aujourd’hui, je m’en fiche. Seuls comptent les formes et les aplats de couleurs. Si l’on compare les outils de dessin à des instruments de musique, Photoshop serait un logiciel de musique utltra perfectionné, tandis qu’Illustrator serait un vieux Fender Rhodes, au son délicieusement rétro.

Comment êtes-vous passé de Péchés Mignons, une BD érotique, à Zombillénium, une parodie de l’entreprise ?

C’est l’univers des monstres qui prévaut pour tout ça. Je suis fan des monstres depuis l’enfance et une fois adulte, j’ai voulu télescoper cet univers avec celui – bien plus terre à terre – de la vie d’entreprise. “Les monstres paient-ils leurs impôts ? Prennent-ils des RTT ? Ont-ils des syndicats ?”. Telles étaient les questions qui m’animaient au moment de démarrer Zombillénium. À vrai dire, Péchés Mignons, qui n’a rien à voir je vous l’accorde, était plutôt le petit écart de parcours. Une commande qui a débouché sur un, puis quatre albums. Je me suis éclaté à les faire mais au bout d’un moment, l’univers m’a un peu lassé.

© Arthur de Pins

Pourquoi avoir fait un film sur Zombillénium ?

Parce que faire un film d’animation à partir de mon univers, c’était mon rêve de gosse.

Avez-vous envie de faire d’autres films d’animation ?

Absolument ! L’animation est mon métier à la base.

Avez-vous des projets, des envies qui vous font rêver ?

Oui, mais rien que je ne puisse dévoiler…

Retrouvez toute l’actualité d’Arthur de Pins sur son compte Instagram et sur son site internet.

Propos recueillis par Pauline Chabert

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