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    Rodolphe Barsikian : “On peut dire que j’appartiens à une génération du vectoriel”

    Charles Gelis 25 mars 2021
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    Rodolphe Barsikian devant son oeuvre Intervalle

    Du 18 au 28 mars 2021, l’exposition Vie Digitale de l’artiste Rodolphe Barsikian (commissariat de Paul Ardenne), présentée par Vahan Studio, se tient au 7 rue Froissart en plein cœur du Marais à Paris. Modules digitaux, dessin vectoriel, et formes éclatées, scandent la présentation d’un travail abouti, à la démarche singulière. Comble de modernité, Rodolphe Barsikian vendra ses œuvres sous forme de NFT en utilisant la technologie blockchain.

    Comment souhaiteriez-vous être présenté, vous et votre travail ?

    Je suis né à Gonesse en 1977, en banlieue nord, et ait vécu à Sarcelles pendant 25 ans. J’ai vécu cette banlieue quand elle était encore rurale, entre béton et campagne, bien éloignée de la réalité d’aujourd’hui. Le travail que je présente au sein de l’exposition Vie digitale est vraiment le résultat d’un chemin de vie. J’ai mis du temps à exposer ce travail longuement mûri.

    Je n’aurais jamais cru devenir un artiste du digital, car j’étais très attaché aux techniques classiques de production de l’œuvre. C’est seulement quand j’ai commencé à entrer dans l’art graphique pur et dur, que les outils numériques sont arrivés. J’ai trouvé dans ce mode de création une certaine propreté dans le dessin. Au-delà de l’aspect matériel, je suis captivé par la précision du trait de l’outil vectoriel. On peut dire que j’appartiens à une génération du vectoriel.

    Où trouve-t-on des inspirations artistiques pour alimenter cette création digitale sous forme vectorielle ?

    Absolument partout, mais dans mon travail je dirais que cela relève principalement de l’inconscient. Je suis très observateur. J’aime capter les évènements et les images qui m’entourent, c’est une partie de ma sensibilité. Les films, la musique, le cinéma ou la photographie m’influencent beaucoup. Surtout, je pense puiser une partie de mon inspiration dans mes racines arméniennes.

     

    Vous signifiez que “votre dessin est pour vous l’écriture de votre destin”, comment vos expériences de vie transparaissent dans vos œuvres ?

    Au départ, je pars d’une feuille blanche. Je me suis cherché pendant des années et il m’a fallu du temps et de l’expérience pour concevoir cette exposition et les œuvres que l’on y retrouve. Prenons pour exemple mes Retables, ils sont composés d’un squelette d’éléments que l’on appelle des modules, qui structurent l’espace. Une fois ce squelette formé, j’ai besoin de matière pour m’exprimer et je viens travailler dans une banque d’images d’éléments organiques qui est un peu la clef de toute l’exposition. Certaines formes de ce réservoir d’images sont sans doute inspirées inconsciemment de mes racines et de mes expériences de vie. Quand je reprends la forme du retable, ce n’est pas dans une optique religieuse, mais pour mettre en avant certaines images du passé qui m’habitent encore aujourd’hui.

    Vos œuvres proviennent d’une démarche entièrement numérique. À l’heure des NFT (Non-Fungible Tokens) et de la blockchain, pourquoi leur donner une dimension physique ?

    Ce que l’on voit dans cette exposition n’est que la partie visible de l’iceberg. Une partie restera complètement digitale, mais je pense qu’il est important de montrer la partie physique des œuvres. Le problème d’authentification ne s’applique pas à la vente physique, qui s’accompagne de garanties par le biais de certificats notamment. Aujourd’hui, les NFT nous permettent d’être considérés en tant qu’artistes dans la sphère numérique, comme producteurs d’œuvres uniques malgré leur format 100% numérique. C’est une avancée essentielle pour tous ceux qui travaillent avec le digital aujourd’hui.

    À ce propos, vous qui avez une formation de graphiste, où placeriez-vous la frontière entre le graphiste et l’artiste, s’il en existe une ?

    Au moment où tu n’es plus obligé de répondre à une commande (rires) ! Blague à part, je pense que c’est une différence de mode de vie. Le travail que vous voyez ici a commencé à être produit en parallèle de ma carrière de graphiste, et il est resté stocké pendant des années avant d’être dévoilé à mon entourage, puis à un public plus large. Je me suis émancipé peu à peu de certains codes du graphisme, pour livrer un message personnel.

    Comment parvient-on à trouver l’harmonie entre la frénésie créatrice des modules qui servent de matrice à vos œuvres, et le plan, la structure de la composition ?

    Lorsque je structure mon œuvre, je le fais en tant que graphiste, tant dans le choix du format que dans l’équilibre de la composition. Après un travail de maîtrise, intervient le lâcher-prise qui correspond à un réel besoin de liberté. Finalement, je dirais que c’est à cet instant que l’humain entre en jeu. Les paramètres extérieurs entrent en résonance avec ma volonté créatrice et tout cela a un impact essentiel sur la tonalité de l’œuvre, au sein de laquelle le mouvement est primordial. Je suis un artiste nomade, je n’ai pas d’atelier. Capter les choses qui m’entourent fait partie de mon travail, qui se nourrit aussi bien des images du passé que de ce qui me berce dans l’instant.


    Propos recueillis par Charles Gelis


    À découvrir sur Artistik Rezo :

    Ma Vie Digitale de Rodolphe Barsikian

    Jusqu’au 28 mars 2021 

    Accès gratuit (l’exposition est accessible uniquement sur rendez-vous du fait des contraintes sanitaires)

    https://www.rodolphebarsikian.comhttps://www.rodolphebarsikian.com

    Galerie Joseph, 7 rue Froissart, 75003 Paris

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