“Les Silences de Riyad” : un thriller de la réalisatrice saoudienne Haifaa Al Mansour au cinéma le 5 août
Dans le désert saoudien, le corps d’une adolescente est retrouvé, sans qu’elle puisse être identifiée. Personne ne signale sa disparition et l’affaire est rapidement classée. Mais à Riyad, Nawal, une jeune employée du commissariat, refuse de lâcher ce dossier.
En enquêtant sur la victime, elle met au jour des éléments qu’elle n’aurait jamais dû découvrir et se retrouve bientôt entraînée dans une affaire qui la dépasse.
Note d’intention de la réalisatrice
“Je considère Les Silences de Riyad comme la pièce manquante d’une trilogie composée de Wadjda (2012), le premier long-métrage que j’ai tourné en Arabie saoudite, et The Perfect Candidate (2019). Ces trois œuvres sont liées par des personnages féminins qui refusent le rôle que la société leur assigne et remettent en question un système fondamentalement construit pour les maintenir à l’écart. Elles portent d’ailleurs toutes le même nom fictionnel, Al-Safan.
En écrivant cette histoire, je souhaitais explorer les multiples paramètres qui façonnent l’identité et la vie des femmes, tout particulièrement au Moyen-Orient, où la société détermine dès le plus jeune âge ce que l’on peut être ou espérer. Je voulais également mettre en lumière les mécanismes de violence que cela implique et révéler aux passages les conséquences dévastatrices des inégalités de genre, quel que soit le contexte ou le lieu. Lorsque la société accorde moins de valeur à l’existence des femmes, il devient plus facile de dissimuler, banaliser, voire cautionner, les violences qui leur sont faites. Bien souvent enfermées dans ces structures patriarcales, les femmes n’ont pas d’autres choix que de participer malgré elles au processus de déshumanisation que ces systèmes produisent. Je tenais à aborder ces réalités avec sincérité et transparence, sans jugement ni a priori, laissant mes personnages s’exprimer à travers leurs actes.
Les Silences de Riyad parle aussi des masques que les femmes portent. Ceux visibles ; un trait de maquillage, un voile, une abaya ou un niqab, et ceux parfois imperceptibles, façonnés par les attentes sociales, religieuses ou familiales, qui sont, à l’origine, l’image que le monde projette sur nous. J’espère que ce film viendra ébranler ces représentations et rappeler que, derrière ces figures imposées, nous ne sommes pas anonymes. Nous sommes complexes, contradictoires et vivantes. Nous sommes uniques, toutes aussi libres et indéfinissables que ceux qui grandissent sans subir les mêmes contraintes culturelles. Et nous avons, nous aussi, des histoires à raconter.
Je voulais également que le film demeure avant tout une expérience de cinéma captivante. Les Silences de Riyad est un thriller, une enquête traversée de mystère, pensée pour entraîner le spectateur dans une course haletante à travers le quotidien opaque des femmes saoudiennes. Toutes les questions sociales qui traversent le récit se sont imposées naturellement – je n’aime pas les films qui donnent des leçons, ce n’est pas ma façon de faire, ni de transmettre une idée. Ma vision du monde s’est développée au contact de personnages issus d’horizons très différents, à travers des films d’action et d’aventure, dont les héros me touchaient par leur manière de ressentir et de réagir.
C’est ce que j’ai souhaité accomplir avec les personnages de mon film : offrir un regard sur mon pays, singulier et encore largement méconnu. Des figures humaines et universelles, auxquelles chacun peut s’attacher, et qui nous entraînent avec elles dans une quête aussi imprévisible qu’intime.”
À propos de Haifaa Al Mansour
Haifaa Al Mansour est la première femme cinéaste d’Arabie saoudite. Diplômée en littérature de l’Université américaine du Caire, elle réalise d’abord des films institutionnels avant de signer ses propres courts-métrages. Si son documentaire Femme sans ombres (2005) révèle son travail aux yeux du monde, c’est son premier long métrage de fiction, Wadjda (2012) qui est célébré. Sélectionné dans de nombreux festivals internationaux (Sydney, Tribeca ou Vancouver), le film reçoit plusieurs distinctions dont le Prix du public au Los Angeles Film Festival. Il est également nommé aux BAFTA Awards dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.
Partie suivre des études cinématographiques à l’Université de Sydney, Haifaa Al Mansour réalise ensuite le biopic au casting hollywoodien Mary Shelley (2017) avec Elle Fanning et Douglas Booth. L’année suivante, elle signe pour Netflix Une femme de tête (2018), porté par Sanaa Lathan. Elle présente également en première mondiale au Festival de Venise un court métrage réalisé dans le cadre de la série Women’s Tales de Miu Miu, intitulé The Wedding Singer’s Daughter.
En 2019, elle réalise The Perfect Candidate, l’histoire d’une médecin se lançant en politique en Arabie saoudite. Elle poursuit en parallèle un travail régulier pour la télévision et les plateformes. Les Silences de Riyad est son cinquième long métrage.
[Source : communiqué de presse]
Articles liés

“Maldoror” : Julien Gosselin investit la Cour d’Honneur avec une création magistrale
En ouverture du 80° Festival d’Avignon, le metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Odéon Julien Gosselin présente dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes une création de plus de cinq heures, brassant le geste poétique audacieux...

Portrait(s), Rendez-vous photographique de Vichy 2026 est à découvrir jusqu’au 4 octobre
Du 19 juin au 4 octobre 2026, Portrait(s) présente et célèbre quatre décennies de création de David LaChapelle avec une exposition monographique rassemblant œuvres emblématiques et inédites à découvrir au Grand Établissement thermal de Vichy. Sur l’esplanade du lac...

“Le Souffle” de Lydie Arickx : une installation monumentale dans la nef de l’église Saint-Eustache à Paris
Le 9 juillet à 20 heures, Lydie Arickx dévoile “Le Souffle”, un corail monumental suspendu à 7 mètres de haut dans la nef de l’église SaintEustache à Paris. Découpée dans l’aluminium avec la finesse d’une dentelle, cette forme arborescente...






