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Dewar & Gicquel – Jus d’orange – Palais de Tokyo

15 mars 2013
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Palais de Tokyo

Le duo d’artistes qui revendique une pratique du « fait main », que ce soit la sculpture sur bois, la taille de pierre, la céramique ou la tapisserie, expérimente un nouveau médium pour donner corps à d’étranges sculptures où l’on découvre des paires de jambes en glaise qui dansent des menuets improbables au milieu de la forêt ou des montagnes informes qui s’élèvent puis s’écroulent.
 

Réinventer la sculpture

De la tapisserie à la taille du granit, de la sculpture sur bois à la cuisson de la céramique, le lexique de Daniel Dewar et Grégory Gicquel (nés respectivement en 1976 et 1975, vivent et travaillent à Paris), mêle les genres dans une joyeuse – mais toutefois érudite – démesure.

S’ils multiplient les références à la culture populaire dans une posture décomplexée qui met à mal les canons esthétiques et le bon goût environnant, les artistes s’inscrivent néanmoins dans l’Histoire de la sculpture, de ses origines anciennes à l’ère post-industrielle. Les motifs qu’ils déclinent empruntent autant au gisant médiéval qu’à une forme d’abstraction développée par certains artistes de la seconde moitié du XXe siècle.

Ainsi la série des « Mixed Ceramics » (2011) n’est pas sans rappeler quelques sculptures archéologiques d’Arman : dans les deux cas, la texture des objets récupérés témoigne d’un intérêt commun pour une forme de sédimentation, produisant par-là même une collusion des temporalités.
 

Un nouveau corpus vidéo

Le temps, justement, est au cœur des courtes vidéos réalisées récemment par l’intrépide duo. Formant un ensemble d’une cohérence indéniable, ces séquences rejouent les préceptes du proto cinéma : par un effet de stop motion, chacune de ces vidéos génère l’illusion du mouvement comme jadis les folioscopes, thaumatropes et autres phénakistiscopes.
 
 

« Volontairement plat mais cependant excitant »

L’exposition propose un parcours composé de différentes salles au sein desquelles sont juxtaposées sculptures et vidéos dans un dispositif simple. De petites tailles, les céramiques correspondent ainsi à l’échelle des vidéoprojecteurs, semblables à des sculptures de table.

Le titre de l’exposition reprend un nom commun « volontairement plat mais cependant excitant. Une image tellement simple qu’elle en devient absurde » – témoignant d’un exotisme commun, tout comme les sujets que les deux artistes traitent dans leur pratique sculpturale. Comme le précise la critique d’art Zoë Gray : « La démarche multiforme de Dewar & Gicquel évolue à la lisière entre le sublime et le ridicule. Elle se nourrit d’hyperboles visuelles où tout est excessif et demeure en même temps dans le non-dit. »

A découvrir aux mêmes dates au Palais de Tokyo : 
– Soleil froid (du 27 février au 20 mai 2013)
– Julio Le Parc (du 27 février au 20 mai 2013) 
 Nouvelles impressions de Raymond Roussel (du 27 février au 20 mai 2013)
– François Curlet – FUGU (du 27 février au 20 mai 2013)

François Curlet – FUGU 

Du 27 février au 20 mai 2013
De midi à minuit tous les jours, sauf le mardi
Fermeture annuelle le 1er mai

Plein tarif : 10€ // Tarif réduit : 8€ (visiteurs de moins de 26 ans, familles nombreuses, enseignants, séniors, Maison des artistes, groupes de plus de 10 personnes, et adhérents des institutions partenaires du Tokyopass)
Gratuité : les visiteurs de moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires des minimas sociaux, le personnel du Ministère de la Culture et de la Communication, ICOM, IKT, journalistes, guides-conférenciers, pass enseignant, bénéficiaires du minimum vieillesse, personnes en situation de handicap & leur accompagnateur

Palais de Tokyo
Niveau 1 – Galerie Wilson

 

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