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    Siddartha à l’Opéra Bastille

    2 avril 2010
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    Angelin Preljocaj interroge le corps et ses limites.  Le danseur est matériau. Selon les thèmes du livret d’Eric Reinhardt, les corps s’épousent amoureusement, se lient d’amitié ou bien encore ne sont que des figures éthérées et diaphanes qui apparaissent dans l’obscurité pour éclairer le monde et guider le jeune homme dans sa quête.

    Le chorégraphe cherche à voir comment l’esprit prend  corps et comment le corps devient signe dans cette quête de la plénitude et du vide. Y parvenir, c’est accepter la séparation, c’est renoncer à l’amour de son père ou de sa femme, aux richesses et aux plaisirs de la chair.

    Des images violentes et inquiétantes révèlent la souffrance des hommes dès le premier tableau. Vêtus de noir, sans visage, ils portent un casque et se meuvent de manière désordonnée, symbole de la mort. Très plastiquement, ils s’opposent au corps éthéré de l’Éveil, incarné par la superbe et gracile Claire Marie Ostia, figure féminine qui attire le jeune homme sur la voie

    3406_--AnneDeniau-SID1-0787de la sagesse. Par correspondance et symboliquement,  le pluriel se confronte à l’unité, le noir au blanc, les corps  désarticulés et moulés dans un justaucorps noir à la grâce des jeunes femmes éthérées au tutu de voile immaculé. Le danseur étoile Jérémie Bélingard a été très applaudi. Il irradie. Sa beauté, sa grâce, son élégance et sa noblesse naturelle donnent toutes les couleurs du personnage de Siddharta.

    Les décors de Claude Lévêque surprennent et transportent dans un imaginaire insolite en lien avec le ciel. Ils rappellent qu’on interroge les mythes fondateurs. Suspendus et gigantesques, ils descendent étrangement et occupent l’espace. Une énorme sphère se balance, écho du temps qui passe ? L’image du chassis  de  camion, souvenir de lieux désaffecté est superbe. Rappelle-t-il en chacun de nous l’endroit insolite de nos premiers ébats amoureux ? Le chalet éclairé de l’intérieur effraie, ce sont comme des flammes menaçantes de l’enfer.

    Un ballet étrange et très plastique dans lequel le chorégraphe joue avec les limites du corps et de l’esprit.

    Marie Torrès

    Siddharta

    Musique (Commande de l’Opéra national de Paris) Bruno Mantovani
    Chorégraphie Angelin Preljocaj
    Scénographie Claude Lévêque
    Costumes Olivier Bériot
    Dramaturgie Eric Reinhardt
    1h40 sans entracte

    Jusqu’au 11 avril 2010
    Les 29 mars, 31 mars, 1er avril, 2 avril, 6 avril, 7 avril et 9 avril à 19h30
    Les 4 avril et 11 avril à 14h30
    Réservation : 08 92 89 90 90 ou sur le site de l’Opéra Bastille.
    Tarifs : 5€, 10€, 18€, 31€, 46€, 57€, 68€, 82€

    Opéra Bastille
    Place de la Bastille
    75012 Paris
    M° Bastille (lignes 1, 5 et 8)

    www.operadeparis.fr


    [Visuel :
    © Anne Deniau Opéra national de Paris]

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