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“POLARAKI” : Mille polaroids du photographe japonais Araki Nobuyoshi exposés au musée Guimet

7 octobre 2025
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Photographe japonais prolifique, obsessionnel et volontiers provocateur, Araki Nobuyoshi est, depuis les années 1960, un protagoniste incontournable de l’histoire de la photographie japonaise et internationale. Issue d’une donation exceptionnelle reçue par le musée Guimet, l’exposition “POLARAKI” dévoile un aspect essentiel de son œuvre : l’exploration des possibilités infinies offertes par le polaroid, source d’expérimentation centrale dans le travail de l’artiste.

Réalisés entre 1997 et 2024, les polaroids d’Araki présentés dans l’exposition ont été acquis progressivement auprès de galeries majoritairement françaises et japonaises au cours des 25 dernières années par le collectionneur Stéphane André qui en a fait don au musée Guimet le 5 mai 2025.

Déployée dans la rotonde au quatrième étage du musée, POLARAKI présente l’installation conçue par le collectionneur pour son appartement dans le XVIIIe arrondissement de Paris : 43 colonnes composées de 9 cadres disposés bord à bord et du sol au plafond. Dans chaque cadre, un, deux, trois ou quatre polaroids selon des associations composées en partie par Araki, en partie par le collectionneur. L’exposition rend hommage à l’usage frénétique du polaroid par Araki pour qui il constitue, depuis la fin des années 1990, un geste quasi quotidien, au service d’une pulsion scopique et érotique, alimentant une forme de journal autour duquel s’articule l’ensemble de son œuvre.

Araki Nobuyoshi, Sans titre, 1997 – 2024 © Nobuyoshi Araki  © Musée Guimet, Paris / Nicolas Fussler, photographe

L’exposition évoque également l’appropriation par un collectionneur privé de l’œuvre d’un artiste sous une forme qui s’apparente aux cabinets de curiosités – dont les traits caractéristiques sont la saturation d’un espace personnel, le goût pour l’étrangeté voire le licencieux, le caractère hétéroclite.

Le don exceptionnel de Stéphane André au musée Guimet répond de manière significative à la politique d’enrichissement du musée dans les domaines de de l’art contemporain en Asie et de la photographie. Il prolonge le travail initié en 2016 avec l’exposition monographique rétrospective Araki, présentée au musée Guimet en 2016.

Commissariat :

Cécile Dazord, conservatrice, chargée de mission pour l’art contemporain, musée Guimet

Édouard de Saint-Ours, conservateur des collections photographiques, musée Guimet

À propos d’Araki Nobuyoshi

Araki Nobuyoshi Né à Tokyo en 1940, le photographe Araki Nobuyoshi travaille au Japon depuis le début des années 1960. Engagé par la firme publicitaire Dentsu en 1963, à l’issue de ses études de photographie, il devient photographe indépendant en 1972. Il connaît un succès artistique rapide et considérable, doublé d’une très grande popularité, au Japon et sur la scène internationale.

La mise en scène érotisée du corps féminin – parfois rapprochée de l’estampe shunga, et de la pratique de lier les corps (shibari, kinbaku) – occupe une place centrale dans son travail, associée à des prises de vue rapprochées de fleurs, ainsi qu’à des images issues de son univers familier : éléments paysagers, environnement urbain, ciels, chats, figurines, poupées, ou restes alimentaires. Cette production photographique est en outre largement alimentée par son histoire personnelle ; Araki développe un genre nouveau qu’il appelle shi-shashin (“photographie du je”) une écriture visuelle à la première personne entre fiction et autobiographie. Son œuvre est hantée jusqu’à l’obsession par l’amour, le sexe, la vie, la mort et, dans une démarche qui a pu faire polémique, le corps féminin.

Le travail d’Araki entretient de fortes affinités avec certaines avant-gardes artistiques des années 1960 et 1970, du pop art (médiatisation, provocation, complicité avec la culture populaire) à la photographie expérimentale (interventions sur les polaroids à coups de ciseaux, de pinceaux ou de feutres). Sa pratique de la photographie instantanée comme tentative de restitution d’un flux ou afflux de conscience anticipe enfin les usages contemporains dans lesquels production et diffusion des images se télescopent et se livrent sans discontinuer.

Sans titre, Araki Nobuyoshi 1990-2024 © Nobuyoshi Araki © Musée Guimet, Paris Nicolas Fussler, photographe

[Source : communiqué de presse]

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