Sofiane Saidi, seul en scène dans le cadre des Arabofolies
Sofiane Saidi, festival Womad 2019 © Miguel Santos
On a pu (ré)entendre dernièrement Sofiane Saidi à l’IMA, au sein de “L’Armée mexicaine”, formation constituée en hommage à Rachid Taha après sa disparition prématurée. Le voici seul en scène, “Prince du raï 2.0” puisant avec bonheur dans la funk, le chaâbi égyptien ou encore la musique de Bollywood.
Tout en plongeant dans ses racines oranaises, fécondées par les Bédouins de l’Ethiopie au Mali, par les réfugiés d’Al-Andalus dont les écoles de Nouba rayonnent toujours, la poésie des chioukh ou le phrasé des gasbas.
Plus que quiconque, Sofiane Saidi incarne au masculin la fougue inspirée du raï algérien. Son chant ivre d’amour et de liberté sublime la fête, la douleur et l’extase.
Né à Sidi bel Abbes, Sofiane Saidi s’initie au raï dans les cabarets d’Oran. Lorsque le sang commence à couler dans les rangs des artistes pourfendeurs de tabous, il fuit l’Algérie que les extrémistes du FIS tentent de mettre à genoux. À Paris, il reconstruit son identité dans les nuits de Barbès et les rencontres inspirées.
Bien qu’ancrée dans sa terre natale, son expression n’est pas nostalgique. Son blues oranais croise l’inventivité de Tim Whelan pour son premier album El Mordjane, l’électro d’Acid Arab, le funk de Mazalda (El Njoum) ou la famille de Rachid Taha, dont il honore la mémoire au sein de l’Armée Mexicaine ou du CousCousClan de Rodolphe Burger avec qui il crée Mademoiselle en compagnie du oudiste électrique Mehdi Haddab.
Dans ses partages joyeux, il peaufine l’éclat de son chant, sculpte les facettes de son art et définit son propre alliage magique raï-électro, qu’il présente aujourd’hui seul et fier sur la scène de l’IMA.
Source : communiqué de presse]
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