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    Arles – Les Rencontres de la Photographie 2026 : la sélection Artistik Rezo des expos à voir absolument !

    6 juillet 2026
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    Carlos Idun-Tawiah, "Many Reasons to Live Again" [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta

    La 57e édition des Rencontres d’Arles propose des récits ancrés dans différents territoires, notamment le continent africain et la Méditerranée. Entre archives, grandes expositions monographiques et scènes émergentes, les images interrogent les identités, histoires et représentations, tandis que d’autres explorent les mille et une facettes du vivant. La programmation donne à voir ce qui persiste, se transforme et nous relie, et ouvre des espaces de liberté et d’émancipation, en nous invitant à regarder le monde avec plus d’intensité.

    De passage à Arles pour l’édition 2026 des Rencontres Photographiques, nous vous proposons une sélection d’expositions à ne surtout pas manquer…

    Paul Kodjo – Photoromance
    Croisière – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Paul Kodjo : Photoromance est la première exposition personnelle d’ampleur du photographe ivoirien Paul Kodjo en France. Figure majeure de la construction d’une culture visuelle ivoirienne postindépendance, il est l’un des premiers photographes africains à avoir exploré le genre du photoroman, non seulement pour son potentiel narratif, mais également pour les possibilités nouvelles qu’offre le langage cinématographique à la création d’images fixes. Mêlant photographies issues de ses photoromans avec un corpus plus large, pour la plupart encore jamais exposé, cette exposition se concentre sur la production du photographe à son retour à Abidjan en 1970, où il initie l’agence avant-gardiste MAMEDIS (Mass Media Service), qui proposait des services aussi bien en photographie qu’en cinéma et en édition. C’est dans ce cadre que Kodjo réalise ses premiers photoromans, qui deviennent rapidement le cœur de la production de l’agence.

    Paul Kodjo, Deux femmes, un homme, 1971
    Avec l’aimable autorisation des Rencontres du Sud et de in camera galerie

    Katia Kameli – Le Roman algérien (Un nouveau chapitre)
    Église Saint-Blaise – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Le Roman algérien, la fascinante enquête iconographique déployée par Katia Kameli depuis 2016, n’est ni un monument ni un anti-monument. C’est une œuvre en mouvement qui relie des voix, des imaginaires et des moments historiques et culturels pour redonner de l’épaisseur à l’histoire et la mémoire collective de l’Algérie. Film-essai polyphonique, il offre, chapitre après chapitre, une réflexion incarnée sur la fabrique des images dans toute leur diversité : cartes postales, photographies de presse, œuvres d’art, films et objets populaires y sont analysés, remis en jeu, éprouvés dans ce qu’ils disent du passé et projettent dans l’avenir.

    Katia Kameli, Photogramme du Roman algérien – Chapitre 1, 2016, vidéo     Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de l’ADAGP, Paris

    Ghana ! Rêver l’indépendance
    Lauréate de la Bourse de recherche curatoriale 2020
    Felicia Abban (1935-2024), James Barnor (1929), Willis E. Bell (1924-1999) et Efua T. Sutherland (1924-1996), Denyse Gawu-Mensah (1995), Carlos Idun Tawiah (1997), Rita Mawuena Benissan (1995), Manuela Nebuloni et Postbox Ghana (1986), Maame Abena Osaah Asamoah (1997), Marc Riboud (1923-2016), Paul Strand (1890-1976)
    Palais de l’Archevêché – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    6 mars 1957 : après plus d’un siècle passé sous domination britannique, le Ghana, ancienne Côte-de-l’Or, célèbre son indépendance, porté par la détermination de son leader Kwame Nkrumah et de son entourage politique. Artisan du projet panafricaniste, le pays ouvre ainsi au reste de l’Afrique subsaharienne la voie vers l’émancipation politique. À l’aube d’une liberté nouvelle s’annoncent des temps complexes, où le Ghana doit à la fois construire les structures de son État, renforcer son autorité politique dans le contexte de la guerre froide et se forger une identité collective. Parmi les multiples défis d’ordres économique, social et politique, la refonte d’une identité propre tant culturelle qu’intellectuelle est au cœur du projet d’émancipation du Ghana. Musique, théâtre, danse, littérature et arts visuels participent de cet élan en prolongeant de manière sensible cette récente expérience de liberté. La photographie occupe alors une place cruciale dans l’élaboration de l’image de la jeune nation, au sein de son territoire comme à l’étranger.

    James Barnor, Gladys Kwakor Owoo, employée à Alsalso House, Ever Young Studio, Jamestown, Accra, 1957
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Clémentine de la Féronnière

    Bruno Boudjelal – Goudron Tanger-Le Cap
    Commanderie Sainte-Luce – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    “Avant de commencer ce projet, je ne connaissais que très peu le continent africain. C’est en 2001 que je le rencontre pour la première fois, à Bamako, puis au Gabon en 2003, où ma femme m’a emmené sur les lieux de son enfance. Au cours de ces deux voyages, j’ai éprouvé une étrange familiarité, comme si je connaissais déjà ces endroits, ces personnes. Les impressions que j’y ai ressenties sont éloignées des représentations qui circulent sur ce continent : ce n’est ni l’Afrique exotique et pittoresque ni l’Afrique des douleurs avec la guerre, la pauvreté, la maladie. Pour moi, il se dégageait de ces lieux une vive énergie – liée tout à la fois à la vie et au chaos. Tout cela m’a donné envie d’aller plus loin sur les routes, de sillonner le continent à la découverte de ceux qui y vivent. Suivre le goudron demande un temps long qui permet de vivre plus intensément les situations traversées et les échanges avec les voyageurs…” – Bruno Boudjelal

    Bruno Boudjelal, Accra, Ghana, 2005
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste

    Marie-Claude Deffarge & Gordian Troeller – Des images qui ne font pas rêver : Reportages et documentaires pour Stern
    Maison des Peintres – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Rassemblant photographies, films documentaires et reportages, l’exposition offre un aperçu de cinq décennies de journalisme international. Depuis les années 1950, Marie-Claude Deffarge et Gordian Troeller ont documenté les injustices sociales, les crises politiques et les guerres dans plus de cinquante‑cinq pays, de l’Italie à l’Iran en passant par le Yémen et le Brésil. Associant reportage photographique et filmique, leur travail porte une forte charge critique vis‑à‑vis des perspectives capitalistes, des structures patriarcales et des héritages coloniaux, adoptant souvent une approche documentaire subjective et controversée.
    L’exposition met en lumière leurs méthodes de travail collaboratives et intègre les perspectives des pays documentés grâce au fonds photographique du musée Folkwang (Essen, Allemagne), aux collections de films du Centre national de l’audiovisuel (Luxembourg) ainsi qu’à des prêts d’Ingrid Becker-Ross.

    Marie-Claude Deffarge & Gordian Troeller, Thaïlande, 1965
    Avec l’aimable autorisation d’Ingrid Becker-Ross Troeller

    Lisa Oppenheim – Monsieur Steichen
    La Mécanique Générale – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Travaillant la photographie, le textile et les compositions florales, Lisa Oppenheim propose un portrait subjectif et abstrait d’une des figures les plus célèbres de la photographie du XXe siècle : le photographe et commissaire d’exposition américain d’origine luxembourgeoise, Edward Steichen (1879-1973).
    Avec Monsieur Steichen, Lisa Oppenheim explore les potentialités de la photographie, en se concentrant sur les aspects moins connus de la pratique de Steichen – sa passion pour les fleurs, ses créations textiles et ses expérimentations avec la photographie couleur. L’artiste compose à partir des “fils perdus” de Steichen : “Je compte faire avec son œuvre ce qu’il a fait tout au long de sa vie : assimiler et recomposer un large éventail de pratiques et d’idées”, explique-t-elle. Croisant Dye Transfer, procédé utilisé par Steichen lors de ses expérimentations dans les années 1930-1940, et l’intelligence artificielle, Oppenheim redonne vie à un iris aujourd’hui disparu baptisé Monsieur Steichen, créé en 1910 par le botaniste Fernand Denis. Elle emploie l’IA pour générer des “hybrides hypothétiques” fusionnant les images des deux variétés d’iris originelles. Les images ainsi générées sont ensuite transformées par Dye Transfer, utilisant l’imprégnation successive de colorants cyan, magenta et jaune pour perturber la vraisemblance, tant génétique que photographique.

    Lisa Oppenheim, Mons Steichen, Version VII, 2024, Dye Transfer
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Tanya Bonakdar Gallery, New York / Los Angeles

    Martine Barrat – Soul of the City [L’âme de la ville]
    Espace Van Gogh – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Artiste aux multiples vies, Martine Barrat a développé une œuvre en dehors des circuits traditionnels de la photographie et autour d’un sujet principal : New York et ses quartiers marginalisés. Danseuse dans le Paris des années 1960, elle s’installe à New York en 1968, invitée par Ellen Stewart pour se produire dans son théâtre la MaMa Experimental Theatre Club. À la suite d’un accident qui met fin à sa carrière de danseuse, elle se procure un appareil vidéo avec le soutien de Félix Guattari et crée un atelier de musique de jazz et vidéo destiné aux enfants du Lower East Side et de Harlem. Au début des années 1970, elle entreprend un travail documentaire, à la fois intime et politique, avec les gangs du South Bronx, les Roman Kings et les Ghetto Brothers. You Do the Crime, You Do the Time projeté au Whitney Museum en 1978 marque l’aboutissement de cette collaboration. Le vol de sa caméra conduit Pearl, le président des Roman Kings, à lui offrir son premier appareil photographique. Barrat commence alors une œuvre passionnante guidée par sa curiosité intacte pour la rue, ses codes et ses modes de vie.

    Martine Barrat, Block Party [Fête de quartier], Harlem, 1992
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste et la Galerie Rouge

    Ming Smith – Lueur nomade
    Église Sainte-Anne – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 Plus d’informations ici

    Lueur nomade propose une approche d’ensemble de la pratique de Ming Smith, en l’inscrivant dans un vaste paysage photographique, artistique et géographique. L’exposition réunit des images couvrant plusieurs décennies, présentant Smith non seulement comme une figure majeure de la photographie américaine, mais également comme une artiste dont la vision s’est façonnée au fil de rencontres prolongées avec l’Europe — ses villes, ses musées et ses traditions photographiques — et par une constante exploration du médium photographique lui-même. L’artiste s’est immergée dans des environnements imprégnés d’histoire de l’art, comme Rome ou Paris, sans jamais occulter sa position de femme noire américaine.

    Ming Smith, Respiration circulaire, 1980.
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste

    Lee Shulman et Omar Victor Diop – The Anonymous Project – Being There
    Ancien collège Mistral – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 Plus d’informations ici

    Being There [Être là] semble être une constellation d’images familières — fragments de vies autrefois glissés dans des albums de famille —, où se figent des célébrations éphémères et des moments d’intimité. Mais ces clichés chargés d’émotion fabriquent aussi l’illusion d’un bonheur continu : ils cadrent le quotidien avec soin, tout en reléguant hors-champ les aspérités du réel. C’est précisément dans ces silences que Being There trouve sa force. Prises en Amérique du Nord dans les années 1950 et 1960, ces photographies témoignent d’une époque traversée par la reprise économique et les tensions de la guerre froide, mais aussi par la ségrégation raciale et les luttes pour les droits civiques. Lee Shulman et Omar Victor Diop interviennent dans ces scènes en apparence insouciantes, y introduisant une présence noire là où l’histoire l’avait rendue impossible. Leur geste fissure l’innocence visuelle de ces images et les transforme en prises de position incisives sur la race, la classe et l’exclusion. En conservant le grain et les textures des photographies originales, Shulman et Diop cultivent une tension subtile entre l’ordinaire et l’extraordinaire. L’apparition de Diop met à nu l’isolement de l’Autre : sa présence agit à la fois comme une perturbation et comme un acte silencieux de résistance. Le résultat intrigue, déstabilise, parfois amuse — mais sa charge critique demeure tranchante, sans compromis.

    Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023
    Avec l’aimable autorisation des artistes

    Nous ne sommes pas seuls, Images extraterrestres
    Lauréat de la Bourse de recherche curatoriale 2025
    Silas Bahr (1992), David De Beyter (1985), Caryline Boreham (1974), Yves Bosson (1959), Erik Bullot (1963), Jean-Yves Casgha (1952), Gui Christ (1980), Douglas Curran (1952), Sébastien Duijndam (1980), Sacha Goldberger (1968), Eduard Albert « Billy » Meier (1937), Archives for the unexplained (AFU, Suède), Centre d’archives et de recherches exotiques (CARE), Collection Agence Martienne, Collection Allis Druffel, Collection François Louange, Collection Gordon Macdonald, Collection Philippe Baudouin, NASA, Sauvegarde et Conservation des Études et Archives Ufologiques (SCEAU), Service historique de la Défense (Vincennes)
    Croisière – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    Point de départ de l’exposition, le poster de la célèbre série X-Files cache en réalité une tout autre histoire : celle d’une mystérieuse photographie réalisée en 1975. Son auteur, le Suisse Eduard Albert “Billy” Meier, est connu pour de nombreux ouvrages dans lesquels il affirme, images à l’appui, avoir réussi à entrer en contact avec les habitants d’autres planètes. Plus qu’une simple affiche, le cliché de Meier appartient à une catégorie méconnue de photographies, réalisées au cours d’observations d’ovnis et sur lesquelles les spécialistes de l’ufologie – l’étude des ovnis – s’appuient pour mener à bien leurs recherches. Bien avant l’ère des fake news et des images générées par intelligence artificielle, la photographie des ovnis a ébranlé notre rapport à la preuve visuelle. Dès la fin du XIXe siècle, ces clichés aux contours flous, souvent troublants, ont instillé dans nos sociétés une “culture du doute visuel”, préfigurant ainsi des interrogations contemporaines sur la fiabilité des images. Avec eux s’est ouvert un espace vertigineux de spéculation au sein duquel le regard peine à trouver ses repères habituels. Plus que de simples anomalies, ces images nous incitent à repousser sans cesse les frontières du réel.

    Apolinar “Paul” Villa et Gabriel Green, See… Flying saucers are real !, v. 1970.
    Collection Agence Martienne

    Mallory Lowe Mpoka – Cosmologie des héritières
    Présentée dans le cadre du Prix Découverte 2026 Fondation Louis Roederer par Occurence, Montréal, Canada
    Espace Monoprix – 6 juillet au 4 octobre 2026 – 9h30 à 19h30 – Plus d’informations ici

    La proposition de Mallory Lowe Mpoka réunit quatre œuvres en dialogue, à travers lesquelles l’artiste engage l’image comme un espace actif de construction, de déplacement et de transmission de l’identité. Artiste belgo-camerounaise, Mpoka développe une pratique pluridisciplinaire où la photographie n’est jamais isolée, mais sans cesse reconfigurée par le tissage, la matière et le geste, jusqu’à devenir une image incarnée et située. Pour elle, l’image ne vise pas la restitution fidèle d’un passé, mais son activation. Nourrie d’archives familiales fragmentaires, de récits transmis oralement et de projections spéculatives, sa pratique interroge la manière dont les images participent à la formation du soi, notamment dans des contextes marqués par la rupture coloniale, la migration et l’effacement des mémoires. L’image devient alors un lieu de passage : entre générations, entre corps, entre histoire intime et histoire collective.

    Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory, Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage en coton et perles de verre
    Avec l’aimable autorisation de l’artiste


    L’équipe Artistik Rezo vous souhaite de belles visites et de belles découvertes photographiques !

     

    Taking Picture Photography GIF by Wikipedia

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