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Bishop Nast : “Il faut casser les codes”

Zoé Lunven 13 janvier 2021
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© Bishop Nast

Bishop Nast photographie son environnement quotidien, à Paris et dans les cités environnantes, où il a grandi. Son objectif : “transmettre des émotions en utilisant d’autres moyens que simplement la parole.”

Peux-tu te présenter rapidement ?

Alors, moi c’est Bishop Nast, j’ai 23 ans et j’habite en banlieue parisienne, plus précisément à Clichy-sous-Bois dans le 93. Je suis photographe depuis maintenant 7-8 ans et réalisateur depuis 1 ans et demi à peu prêt.

© Bishop Nast

Quand t’es-tu mis à la photographie ?

Les premières fois où j’ai touché un appareil photo, c’était vers 2012, pendant un voyage scolaire en Sicile. J’ai emprunté l’appareil photo de ma grande sœur, j’ai kiffé et quand je suis revenu en France, j’ai continué à prendre des photos des gens autour de moi.

Quelles sont tes inspirations ?

Ma première inspiration est ma mère, qui elle-même a fait de la photo à un moment dans sa vie, pas pour en faire une carrière mais surtout dans le but de garder des traces de certains instants passés. Je suis cette démarche-là : en photographiant mon quotidien au jour le jour pour y garder des traces. Le fait de me dire que j’ai des photographies de lieux de ma ville qui n’existent plus aujourd’hui, c’est une fierté et c’est intemporel.

Quel message cherches-tu à faire passer ?

Le message que j’ai toujours voulu véhiculer à travers mes photos c’est le vivre ensemble, l’union, la fraternité. Surtout, ne jamais s’arrêter à une première impression des banlieusards, car c’est souvent les plus respectueux. C’est une des valeurs les plus appliquées dans nos cités : le respect et la joie, malgré la misère. Il faut casser les codes et nous enlever cette étiquette de délinquants, voleurs et incendiaires de voitures.

“Noirs, Arabes, Blancs, Chinois, Indiens… on n’a pas les mêmes origines mais on a les mêmes valeurs et la même cité.” © Bishop Nast

Le confinement est-il productif en créations pour toi ?

Grâce (ou à cause) du confinement, j’ai pu me recentrer sur mes projets personnels en photographie et plus approfondir ma deuxième passion audiovisuelle, qui est la réalisation.

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Propos recueillis par Zoé Lunven


À lire également sur Artistik Rezo : Quelques comptes de photographie de rue à suivre sur Instagram par Soraya Assae Evezo’o

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