Guillaume Piens en 3 œuvres d’art – Jury du Prix ICART Artistik Rezo 2022
Photo Chiara Santarelli @ NH COMM
Guillaume Piens, commissaire général d’Art Paris, pose un regard omniscient sur le monde de l’art : historien d’art de formation, organisateur, conseiller et directeur artistique de manifestations culturelles mais aussi collectionneur, il a travaillé entre autres pour la FIAC et Paris Photo, dont il a été directeur. Entrepreneur dans l’âme, il a créé sa propre société de production d’événements culturels, Culture Squad Communication. Depuis 2012, il est aux manettes d’Art Paris, le rendez-vous printanier pour l’art moderne et contemporain organisé au Grand Palais. C’est aujourd’hui en sa qualité de jury pour le Prix ICART Artistik Rezo qu’il se prête au jeu du portrait chinois Artistik.
Guillaume, pouvez-vous vous décrire en deux œuvres d’art ?
Ma couleur est le bleu indigo. Sur le site “Travaux et décoration”, j’ai lu que la couleur de l’indigo signifiait sagesse et justice, ainsi que le sens de l’équité. C’est aussi la couleur de l’intuition et de la perception, de l’intégrité et de la sincérité profonde, ce qui me caractérise tout à fait dans la vie comme au travail. Cette passion pour le bleu indigo attise mon intérêt pour le travail de Thomas Devaux, présenté en solo show par la galerie Bacqueville à Art Paris 2022.

Thomas Devaux, Dichroic 3.51, 2021 © Galerie Bacqueville
Ses photographies d’étagères de supermarché, floues en larges bandes de couleur avec des contours incertains, forment ensemble des gradients lumineux. Avec leur finition évanescente, ces compositions invitent le spectateur à la contemplation et à une lecture spirituelle hors des temporalités de la consommation.
Je nourris aussi une passion profonde pour le voyage, les cartes et les globes terrestres. L’art est pour moi le meilleur moyen de connaissance de soi et du monde. Mes voyages incessants, que ce soit pour des missions ou des aventures plus personnelles, ont fait de moi un explorateur de l’art, quelqu’un qui jette les ponts entre les cultures et ouvre des chemins. Mes collègues me surnomment avec humour “GPS system” car je sais toujours trouver mon chemin dans les lieux les plus improbables. Ils se moquent aussi gentiment de moi en disant que je serais même capable de trouver un artiste ou une galerie en pleine jungle !
Quoiqu’il en soit, cette sphère Geolocation du duo d’artistes russes Recycle, présentée à Art Paris 2022 par la galerie Suzanne Tarasieve, aimante mon imaginaire géographique.

Recycle Group, Geolocation, 2021 © Galerie Suzanne Tarasiève
À vos yeux, quelle œuvre illustre au mieux la thématique “Lien.s” retenue pour cette 14e édition du Prix ICART Artistik Rezo ?
Aral Revival Kazakhstan de Sarah Trouche, présentée par la galerie Marguerite Milin. Cette photographie prise sur le lieu même d’une catastrophe naturelle causée par l’homme, résonne en moi comme une injonction : que peut faire l’art face à la crise écologique ?

Sarah Trouche, Aral Revival Kazakhstan, 2013 © Galerie Marguerite Milin
Cette question est au cœur de l’édition 2022 d’Art Paris, qui s’engage résolument en faveur de l’environnement avec deux thématiques complémentaires : “Histoires naturelles. Un regard sur la scène française” et “Art & Environnement”, associées à une démarche d’éco-conception, une première dans le monde des salons d’art.
Sous le titre “Histoires naturelles”, Alfred Pacquement, commissaire invité, nous livre son regard sur la scène hexagonale à travers une sélection de 20 artistes qui traitent de leur relation au monde naturel, animal et végétal. Tandis qu’Alice Audouin, autre commissaire invitée, aborde à travers “Art & Environnement” les enjeux environnementaux tels que la crise climatique ou la destruction de la biodiversité qui traversent le champ de la création internationale comme de la société.
Œuvres à retrouver au Grand Palais Éphémère, dans le cadre d’Art Paris Art Fair 2022, du 7 au 10 avril.
Propos recueillis par Baudouin Vermeulen
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