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    Justine Weulersse : « La jeune génération retourne aux arts artisanaux »

    Inès Marionneau 3 avril 2018
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    À l’occasion de l’exposition « 100 % Beaux-Arts » organisée à La Grande Halle de la Villette jusqu’au 8 avril, nous avons rencontré Justine Weulersse, responsable des expositions à La Villette.

    2018 est une année riche en évènements à La Villette, institution ouverte sur l’expérimental, et qui fête ses 35 ans cette année. Pouvez-vous me décrire rapidement le festival 100 % ?

    100 % a été créé il y a trois ans selon des thématiques qui varient chaque année. La première édition s’est consacrée aux arts numériques avec des jeunes artistes. L’édition de 2017, Afriques Capitales, mettait en lumière des artistes plus confirmés, comme Pascal Martine Tayou. D’ailleurs, nous avions recréé toute une ville africaine dans la Grande Halle pour mettre en valeur cette création peu connue du grand public.

    Cette année, dans cette même Grande Halle, vous proposez l’exposition 100 % Beaux-Arts. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

    100 % Beaux-Arts est une invitation faite à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA). Son directeur, Jean-Marc Bustamante, et la Villette se sont mis d’accord pour proposer aux 25 chefs d’atelier des Beaux-Arts (Jean-Michel Alberola, Claude Closky, Emmanuel Saulnier, Djamel Tatah, entre autres) de demander deux noms d’artistes qui étaient passés dans leurs ateliers ces sept dernières années. Il s’agit donc véritablement d’une carte blanche donnée aux chefs d’atelier et il n’y a pas de commissariat d’expo.

    © Joris Henne & Natasha Lacroix

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Quel est l’intérêt de cette exposition ? Que reflète-t-elle de la jeune scène contemporaine française ?

    Le résultat est assez surprenant, puisque les œuvres touchent à tous les médias. On se rend alors compte que cette jeune génération retourne aux « arts artisanaux ». Dans l’exposition, il y a effectivement beaucoup de peintures, de dessins, de sculptures, de céramiques, d’installations à partir de ficelles et de bouts de bois qui jouent énormément avec l’espace.

    C’est une richesse d’avoir pu proposer à ces artistes un lieu tel que la Grande Halle, qui en plus d’être un bâtiment historique, propose des conditions d’exposition qu’on ne trouve nulle part à Paris. Cette formidable boîte à outils permet aux artistes de proposer ce qu’ils veulent, car ils ont un nombre de mètres carrés approximatif.

    © Raphaël Tiberghien

    Selon vous, y a-t-il un manque de visibilité de la jeune scène contemporaine en France ?

    Tout le monde cherche effectivement à se faire reconnaître, d’autant qu’il y a beaucoup de concurrence. L’ENSBA est l’une des plus reconnues en Europe et tous ses jeunes artistes, en sortant de l’école, cherchent à se faire connaître. D’où l’affiche de l’exposition de Raphaël Tiberghien, « C’est toujours le début qui est difficile », qui illustre vraiment les réalités de ces jeunes artistes. Comment se différencier, se faire connaître, tout en restant fidèle à son énergie créatrice ?

    Quelle est la différence entre 100 % Beaux-Arts et les foires ou biennales qui s’épanouissent de plus en plus en France, et particulièrement à Paris ?

    La première chose évidente : ce n’est pas à vendre. Mais, en effet, nous sommes un peu entre les deux. Le but : faire connaître ces artistes, lesquels sont d’ailleurs présents sur le montage.

    Certes, participer à cette exposition comporte des contraintes : de lieux, de voisinages (des artistes par rapport aux autres), de lumière, de cohérence d’ensemble. Cependant, dans le cadre d’une institution comme la Villette, c’est un sacré coup de pouce pour eux.

    © Léonard Martin

    Et vous concernant, avez-vous un coup de cœur particulier sur l’une des œuvres ?

    J’aime beaucoup Jean Claracq un peintre qui crée des scènes de la vie quotidienne avec des constructions architecturales complètement utopistes et irréalistes. L’installation de 3 m x 3 m x 3 m de Léonard Martin me plaît aussi énormément. Avec un matériel de base (bois, câbles), il reconstitue une mise en installation d’Ulysse de James Joyce où des personnages déambulent dans la ville. Il matérialise ainsi le parcours de ces trois personnages avec des ponts, des chemins de fer qui se déploient. Une sorte de mise en scène du roman.

    Propos recueillis par Inès Marionneau

    À découvrir sur Artistik Rezo :

    Joris Henne & Natasha Lacroix : « Laisser place à l’imagination », par Eléanore Boutrois

    – Solo-Show des lauréats du Prix Icart Artistik Rezo 2017 à Éléphant Paname

    – Prix Icart Artistik Rezo 2017 – Les Lauréats

     

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