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“La Friche artistique est avant tout un espace d’échanges et d’entraide”

Collectif-3-Couronnes

© Gibi de Belleville

Au cœur du 11e arrondissement de Paris, Le Collectif 3 Couronnes propose des actions solidaires autour du graffiti dans une friche ouverte sur le quartier. Rencontre avec Valiouka, bénévole organisatrice du Mur depuis quatre ans, qui nous présente ce squat original.

Pouvez-vous présenter vos activités en quelques mots ?

En trois mots : autonomie, vie de quartier et entraide. Pour développer un peu : le Collectif 3 Couronnes regroupe des personnes issues de la rue ou encore des riverains, venant de tous milieux. Nous nous sommes retrouvés autour d’un constat commun : trop de personnes sont contraintes de dormir dehors ! Alors, nous nous regroupons pour aménager une friche urbaine avec pour objectif qu’elle devienne un lieu d’accueil et de solidarité, un lieu participatif ouvert sur le quartier. Les visiteurs y sont ravis de découvrir un jardin atypique, avec plein de surprises.

Chaque mois, un artiste muraliste est effectivement invité à venir réaliser une fresque sur la façade de la friche. Si au début nous avons travaillé principalement avec notre réseau, nous recevons aujourd’hui des mails d’artistes, de voisins etc. Tout le monde peut naturellement participer. Nous essayons de varier et de donner de la visibilité à celles et ceux qui en ont moins. Nous recevons beaucoup de demandes. Des gens attendent depuis un an !

Vous faites partie d’un regroupement de collectifs nommé Intersquat. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

C’est un réseau indépendant de squats culturels et artistiques, d’anciens squats et de lieux disposant de conventions précaires avec les pouvoirs publics. C’est aussi une plateforme d’échanges artistiques, politiques et de pratiques culturelles non institutionnelles. Chaque membre a sa propre organisation, associative et / ou autogérée, ainsi que ses propres règles. La fréquence et les modalités d’ouverture au public varient selon le choix des collectifs qui y vivent et y travaillent.

Mais les membres actifs de l’Intersquat de Paris militent pour la réquisition citoyenne des bâtiments et des jardins délaissés dans la ville, pour les transformer en lieux de vie, de création, d’exposition et d’expérimentation. L’Intersquat de Paris est en contact avec les réseaux, national et international, des « squats ».

Collectif-3-Couronnes

© DR

Comment fonctionnez-vous au quotidien ?

Nous ne faisons plus d’hébergement depuis un an, car c’est une grosse responsabilité, et nous n’avons plus de bénévoles pour gérer cet aspect social. Nous maintenons tout de même l’accueil de jour, avec le café (le mercredi et samedi). Nous sommes également ouverts aux riverains et aux passants ces jours-là. Lorsque nous avons des récupérations alimentaires, grâce aux commerçants et aux voisins, nous les redistribuons aux personnes vulnérables qui se présentent ou que nous connaissons dans le quartier.

Concernant les évènements (le week-end), une porte ouverte pour la nouvelle façade est prévue chaque mois. Nous recevons volontiers toutes propositions, tant que le cadre du lieu est respecté (pas d’électricité et pas d’évènement bruyant) : concert acoustique, lecture de poésies, après-midi dessin avec des enfants du quartier, rencontres débats…

Quels sont vos objectifs ?

Essayer d’aider les personnes vulnérables que nous croisons grâce à une vie de quartier solidaire et festive ; stimuler l’entraide entre les riverains ; entretenir le lieu (nous avons des travaux d’aménagement que nous aimerions terminer). Nous souhaitons également redynamiser la partie sociale, en proposant à des associations d’aide pour les personnes à la rue, ou vulnérables, de tenir des permanences ponctuelles à la friche, ou d’organiser des collectes de dons. Bref, nous aimerions relancer cette activité qui nous tient à cœur.

Collectif-3-Couronnes

© Marco La Mouche

Quels liens entretenez-vous avec le street art ?

Nous sommes plus en contact direct avec la culture graffiti que le street art, même si les deux sont liés. Les bénévoles qui gèrent le Mur proviennent du milieu du squat, où nous avons eu des ateliers en tant qu’artistes et graffeurs.

Quand on nous a appelé pour aider au Collectif 3 Couronnes, nous avons naturellement contacté notre réseau pour inviter des graffeurs à venir mettre de la couleur sur les murs. Même si la friche est avant tout un espace d’échanges et d’entraide, on savait que l’art allait apporter une visibilité au lieu, notamment parce que les photographes donnent envie de le découvrir.

Avez-vous des projets ?

On va voir après le confinement comment les choses vont se dérouler, mais on aimerait prévoir la façade de mai. Essayer d’accueillir à nouveau les gens, relancer les associations pour les permanences… On va essayer de reporter cet été le concert acoustique initialement prévu fin avril. Nous devons aussi préparer la succession des deux bénévoles, qui ont créé le mur et s’en occupent depuis le début, car ils quittent Paris. Deux autres membres vont reprendre le flambeau. Le calendrier est déjà bouclé pour l’année, mais on espère pouvoir peindre bientôt…

Propos recueillis par Manon Pallo Leduc

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Rencontre avec Kashink, l’artiste au genre libre, de Emma Mercier

 

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