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    Le street-art poursuit sa résidence au Bassin d’Hiver de Molitor

    Frédéric Ménard 20 décembre 2017
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    La piscine intérieure de Molitor © Frédéric Ménard

    Terrain de jeu historique pour les graffeurs et les street-artistes, la piscine intérieure de Molitor continue d’inspirer une génération d’artistes d’horizons différents.

    À l’origine, en 1929, l’architecte Lucien Pollet avait pensé relier piscine intérieure et bassin olympique extérieur. Après avoir frôlé la démolition en 1989, le complexe Molitor a entamé une relation de 20 ans avec tout un pan de la culture underground, en attendant des projets de réhabilitation. Mais depuis trois ans, celui-ci a évolué en hôtel 5 étoiles en prenant soin, toutefois, de conserver le charme du lieu : l’empreinte du street-art.

    La résidence renouvelée de street-artistes internationaux

    Autour du Bassin d’Hiver s’élèvent trois étages de cabines de change, désormais offertes à la main experte des artistes invités par l’équipe de l’hôtel. Artiste Ouvrier, Balder, Damien-Paul Gal, Fred Calmets, Indie 184, Kashink, Kouka, Rolecs, Stew, Thomas Mainardi, entre autres, ont imprimé leurs créations sur les murs et créé des capsules artistiques. La déambulation le long des coursives, sublimée par la prestance d’une piscine mythique, permet d’accéder au talent évident de ces créateurs de renom.

    Ce jeudi 21 décembre, l’Hôtel Molitor ouvrira ses portes pour le vernissage d’un street-artiste présent dans les cabines du Bassin d’hiver : Le Module de Zeer. Entre 19h et 21h, l’exposition CHeMiNeMeNT du français Mehdi Cibille, alias Le Module de Zeer, questionnera le voyage entre post-graffiti et art conceptuel, avec son célèbre motif cellulaire reproduit à l’infini.

    Le Module de Zeer, à partir du 21 décembre à Molitor © Frédéric Ménard

    Chacun a donc déposé son échantillon d’art dans les travées de ce complexe aujourd’hui fastueux, preuve que le street-art, par sa capacité d’adaptation, magnifie aussi bien les panneaux de signalisation, la façade de la Tour 13, les rideaux de fer des commerçants, que l’intérieur d’un palace parisien.

    Les critiques ont été nombreuses sur ce que beaucoup considèrent comme une volonté de surfer sur le succès du street-art. Soutenu par les nouveaux modes de représentation tel qu’Instagram, ce mouvement a réussi en effet le tour de force de rassembler autant les jeunes générations que les plus âgés, y compris toutes les classes sociales. Et cette culture pop, qui réjouit tant la rue, s’exporte aussi à merveille dans les galeries. Alors pourquoi pas associer luxe et street-art ?

    M. Chat, des murs de Paris à l’hôtel Molitor © Frédéric Ménard

    Le street-art à Paris : de la rue au musée

    La capitale française a connu plusieurs générations de street-artistes, et ceux que nous connaissons actuellement n’ont pas à rougir de leurs prédécesseurs. Intra-muros, on compte de nombreux quartiers embellis par de géniaux artistes français et internationaux : Ourcq, Ménilmontant, Butte-aux-Cailles, la très populaire rue Dénoyez, etc.

    Molitor offre au street-art un écrin différent et permet à ces œuvres d’être vues par un autre public, sans doute le plus privilégié. De plus, outre l’embellissement et la singularité d’un lieu déjà impressionnant, à la base, l’hôtel a la volonté de respecter l’empreinte artistique qui jalonne son histoire.

    Reste à saluer d’autres initiatives. Dans les locaux de l’école de codage fondée par Xavier Niel, Art 42 de Nicolas Laugero Lasserre renouvelle autrement les publics de cette forme d’art : plus d’une centaine de pièces sont réunies dans un lieu unique formant ainsi le premier musée gratuit et permanent de street art en France. Voilà de quoi contribuer à la notoriété de cet art tout en le popularisant !

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