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    Michel Cambon : “L’humour est nécessaire pour ne pas mourir de trouille”

    Sarah Meneghello 15 avril 2020
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    Cambon-Coronavirus-Confinement

    Michel Cambon vit et travaille à Grenoble. Après des études d’arts, il est dessinateur pour la presse et l’édition. Il est l’auteur d’albums de dessins publiés par les éditions Glénat et Iconovox et le lauréat du Prix PCE (Presse Cartoon Europe) pour un dessin paru sur Urtikan.net et dans l’hebdomadaire La Terre de chez nous. Il collabore à des hebdomadaires régionaux (Les Affiches de Grenoble, Terre Dauphinoise) ou plus spécialisés (La Lettre du cadre territorial, Le Journal des Arts), ainsi qu’à plusieurs mensuels et revues.

    La pandémie est-elle inspirante ou paralysante ?

    Pour ma part, inspirante. On vit une période très étrange : tout est figé, à l’arrêt, mais rien de dramatique n’est visible. Il n’y a pas de destruction, comme pour une guerre ou des attentats. Pas d’incendies dantesques, ni de panaches de fumée inquiétants. Pas de sirènes, ni de cris, sauf des applaudissements à 20 heures ! Tout est calme. Il faut se rendre dans un hôpital pour trouver une agitation peu ordinaire… Si c’est une fin du monde, elle n’est pas très spectaculaire. Mais je continue à travailler, à dessiner.

     

    Dans Le Journal des Arts, vous vous concentrez sur l’impact du coronavirus sur les activités culturelles. Quelles conséquences sur vos activités de dessinateur ?

    Je pense que l’impact sur la culture sera énorme. D’ailleurs, il l’est déjà. Après le confinement, retournera-t-on au cinéma, au musée, dans une librairie ? À cette heure, je ne peux pas dire quelles seront les conséquences me concernant, mais j’ai un peu d’inquiétude pour la presse écrite.

    Vous déclinez aussi une série « L’art en temps de pandémie », une façon originale de revisiter l’histoire de l’art !

    Oui, le thème de l’art m’a toujours inspiré. Je suis très friand d’expos, car ça nourrit mon imaginaire. Il y a quelques années, j’ai même créé un site dédié ici. Aujourd’hui, c’est la Covid-19 qui inspire ces réinterprétations.

    Cambon-BachelotIl y a un peu plus de dix ans, on se moquait de Roselyne Bachelot, alors Ministre de la Santé, qui stockait (masques, médicaments, matériels sanitaires, etc). Vous regrettez votre dessin paru en 2010 ?

    Non, il n’y a aucune raison de regretter ! Je l’ai même republié sur Twitter suite à la polémique sur la gestion des stocks et en pleine ruée des consommateurs sur le papier toilette.

    Aujourd’hui, pensez-vous possible d’avoir toujours autant d’humour ?

    C’est nécessaire pour ne pas mourir de trouille.

    Propos recueillis par Sarah Meneghello

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