0 Shares 1520 Views

Zoom sur Botticelli, peintre majeur de la Renaissance Italienne

"La naissance de Vénus", Sandro Botticelli

Vous reconnaissez sûrement le chef d’œuvre ci-dessus, l’un des plus célèbres de l’histoire, mais connaissez vous réellement son auteur, Sandro Botticelli ? Zoom sur Alessandro di Mariano di Vianni Filipepi de son vrai non, peintre emblématique de la renaissance italienne et protégé de la famille Médicis. 

Alessandro voit le jour en 1445 à Florence, berceau de la Renaissance. Son père Mariano Filipepi exerce le métier de tanneur ; issu d’une famille modeste, le jeune homme commence dans un premier temps au côté d’un orfèvre réputé. C’est dans cet atelier qu’il développera son sens de la précision et découvrira ses talents d’artiste.

Aminé par l’art depuis son plus jeune âge, il recevra ensuite les précieux enseignements du peintre Fra Filippo Lippi, maître du Quattrocento, célèbre pour ses peintures religieuses. Les premiers travaux de l’artiste seront fortement influencés par le style de Lippi, où l’on retrouve des compositions linéaires. Par la suite, Botticelli rejoindra l’atelier de Verrochio au même moment que Léonardo Da Vinci avant d’ouvrir son propre atelier en 1470. 

Autoportrait, Sandro Botticelli

Le talent du jeune homme et ses œuvres traitant les thèmes religieux et mythologiques attireront l’attention de la célèbre famille de Médicis, qui passera plusieurs commandes qui reflèteront leur goût pour l’Antiquité. C’est aussi grâce à un membre des Médicis que Botticelli obtiendra la même année, sa première commande officielle Allégorie de la force.

Botticelli, nourri de néoplatonisme, s’inspire de la pensée et des écrits de philosophes et poètes comme Marsile Ficin ou encore le Politien. C’est ainsi qu’il produira les œuvres qui le rendront célèbre : Le Printemps (v.1478), La Naissance de Vénus (v.1482) et Pallas et le centaure (v.1482), pour la famille Médicis. Sa Vénus sortant des flots et ses scènes religieuses et mythologiques feront la renommée du peintre florentin. 

Le Printemps, Sandro Botticelli

Dans cette même période, en 1481, le pape Sixte IV fait appel aux plus grands maîtres toscans pour travailler sur les décorations de la prestigieuse chapelle Sixtine. Suite à l’invitation, Botticelli se rend à Rome, en compagnie d’autres artistes et peindra trois des fresques qui, à l’époque, ne seront pas reconnues à leur juste valeur.

De retour à Florence, le style de Botticelli change radicalement sous l’influence du dominicain Jérôme Savonarole et se tournera vers davantage de gravité avec un ton plus dramatique. Incompris de la nouvelle génération, Botticelli décède en 1510 et tombera dans l’oubli. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’artiste peintre sera redécouvert, faisant revivre son art et son nom à travers le monde. 

Simonetta Vespucci, la muse de Botticelli 

Le tableau La naissance de Vénus ne cesse de fasciner de génération en génération. On le connaît comme étant l’un des nus les plus mythiques de l’histoire de la peinture. À son centre est représentée Simonetta Vespucci, considérée à l’époque comme la plus belle femme de Florence. Simonetta inspire les plus grands et fait chavirer les cœurs des Florentins, dont celui de Julien de Médicis, qui sera connu comme son amant platonique. 

La beauté et la grâce de la jeune femme sont célébrées par de nombreux peintres et poètes. Sandro Botticelli, qui fréquente le cercle très fermé de la famille Médicis succombe à son tour. La beauté de la jeune femme ne lui échappe pas et fera de Simonetta, sa muse. Emportée à l’âge de 23 ans par la tuberculose, Botticelli ne cessera d’incarner la jeune femme dans ses toiles jusqu’à la fin de sa carrière. Sandro Botticelli est aujourd’hui enterré près de sa muse dans l’église d’Ognissanto de Florence. 

Simonetta Vespucci, La naissance de Vénus, Sandro Botticelli

Un tableau de Botticelli estimé à plus de 80 millions de dollars 

C’est lors d’une vente organisée par la maison Sotheby’s, à New York, en janvier dernier, que s’est vendu un rare tableau de Botticelli. Le Jeune homme tenant un médaillon a atteint un montant exceptionnel de 92.2 millions de dollars, soit plus de 76 millions d’euros ! 

Si l’identité de ce jeune homme reste un mystère, les spécialistes quant à eux, pensent qu’il pourrait s’agir d’un proche de la famille de Médicis. Non daté, le tableau aurait été réalisé aux alentours des années 1480 par le peintre lui-même. 

© Sotheby’s

Agathe Bourdeauducq 

Articles liés

“Mais t’as quel âge ?!”, un portrait humoristique de toutes les générations
Agenda
121 vues

“Mais t’as quel âge ?!”, un portrait humoristique de toutes les générations

Jeune ou vieux tout est relatif… une chose est sûre, vous appartenez à une génération ! Vos petites habitudes vous ont dénoncés. Et elles sont drôles ces petites manies. Pour relativiser le cap de la trentaine, Marion Pouvreau dresse...

Une invitation à la paresse au Théâtre de la Cité Internationale
Agenda
129 vues

Une invitation à la paresse au Théâtre de la Cité Internationale

« Paressons en toutes choses, hormis en paressant. » dixit Lessing, écrivain allemand. Une chambre devient le théâtre d’une réflexion politico-poétique sur un sujet connu de tous : le travail. Librement inspiré du Droit à la paresse, manifeste social écrit par Paul...

Le collectif Visual System s’installe au théâtre du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, afin de vous présenter “Circonvolution”
Agenda
148 vues

Le collectif Visual System s’installe au théâtre du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, afin de vous présenter “Circonvolution”

Visual System propose de s’approprier par le biais du son et de la lumière le théâtre du Centre Wallonie-Bruxelles | Paris. La performance mettra en scène l’installation réalisée pour “A Circular Journey” à l’Atomium en 2018. Elle s’en inspirera...