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    Bi, n’aie pas peur ! – film de Phan Dang Di

    13 mars 2012
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    Bi, n'aie pas peur ! - film de Phan Dang Di

    Dans un Hanoï étouffant sous la chaleur et l’humidité, plusieurs générations vivent sous le même toit : Bi, un garçonnet de six ans – qui n’aime tant que rôder dans la fabrique de glace attenante à la maison ou courir dans les hautes herbes bordant la rivière – ses parents, sa tante, enseignante célibataire, et leur vieille cuisinière. Le retour du grand-père, gravement malade, après des années passées à l’étranger, va bouleverser l’équilibre fragile de cette maisonnée.

    Si on cherche à suivre une trame dramatique dans Bi, n’aie pas peur !, on peut être déstabilisé, car c’est avant tout un film d’atmosphère, une invitation à un voyage sensoriel et visuel.

    Pour ce faire, Phan Dang Di explore l’eau et ses représentations sous toutes les formes : sculpture de glace qui émerveille Bi, glaçon pour préserver des feuilles d’érables au frigo, liquide rafraîchissant pour soulager le grand-père malade, gouttelettes ruisselantes de pluie sur le corps imberbe du lycéen que la tante épie derrière les roseaux.
    Dans ce climat oppressant de la mousson, la caméra filme sans aucune vulgarité ni voyeurisme les corps alanguis et enfiévrés de désirs, avant de s’attarder sur des plans où le soleil succède à une ondée, où la porte du réfrigérateur est ouverte à tout bout de champ pour se rafraîchir de la moiteur de la chambre à coucher. Contrastes des sensations poussés à l’extrême, pour retranscrire la violence des affects réprimés par les conventions de la société vietnamienne.
    Deux univers se côtoient dans le film : d’un côté, celui de Bi, figure pivot de l’histoire, et de l’autre, celui des adultes. Avec son regard d’enfant et ses interrogations naïves, le petit garçon ignore ce qui se cache derrière l’apparente banalité du quotidien de la vie des grandes personnes qui l’entourent : la maladie, la vieillesse, la mort, et surtout les tourments nés des désirs inassouvis. Autant de vicissitudes de l’existence que les femmes traversent avec panache. Phan Dang Di les montre en effet, plus courageuses, plus intègres, plus endurantes, et finalement plus libres que leurs homologues masculins. En réponse à l’attitude du fils/mari qui préfère fuir la présence de son vieux père malade, la belle-fille choisit d’apporter sollicitude et affection à ce dernier. A l’époux qui s’enivre dans les bras d’une coiffeuse masseuse, sa femme oppose un silence digne. A l’absence d’un père pour répondre aux questions d’un fils, une mère substitue sa présence patiente et aimante. Au trouble suscité par un élève de sa classe, la tante préfère se protéger en acceptant les avances d’un homme de son âge.

    Film sur le poids des non-dits, le silence, la répression des sentiments, Bi, n’aie pas peur! pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Seule cette interjection du titre s’apparente à une injonction sans équivoque, invitant à célébrer la vie, malgré son mystère et ses drames.

    Roxane Ghislaine Pierre

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    Festival du film asiatique de Tours 2011 (mars)

    • 1 prix : Prix du Jury

    Premiers plans d’Angers 2011 (du 21 au 30 janvier)

    • 1 prix : Grand Prix du Jury – Long métrage français
    • Nomination :  Prix du public – Long métrage français


    Festival de Stockholm 2010 (du 17 au 28 novembre)

    • 2 prix : Meilleur film et Meilleur photographie

    Festival de Cannes 2010 (du 12 au 23 mai)

    • Nomination : Caméra d’Or


    Semaine Internationale de la Critique 2010
    (du 13 au 21 mai)

    • 2 prix : Prix SACD et Prix ACID
    • Nominations : Grand Prix de la Semaine de la Critique

    Festival de Hong-Kong 2010 (du 21 mars au 6 avril)

    • 1 prix : Prix du Jeune Talent

    Bi, n’aie pas peur !

    De Phan Dang Di

    Avec Phan Thanh Minh (Bi), Nguyên Thi Kiêu Trinh (mère de Bi), Nguyen Ha Phong (père de Bi), Ha Thuy (tante de Bi), Tran Tien (grand-père de Bi), Mai Chau (cuisinière), Phuong Thao Hoang (coiffeuse) et Anh Le Huynh (étudiant)

    Durée : 90 min.

    Sortie le 14 mars 2012

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