Ceuta, douce prison
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Ceuta, douce prison De Jonathan Millet et Loïc H. Rechi Durée : 90 min. |
Sortie le 29 janvier 2014
Ceuta, douce prison c’est d’abord une histoire que l’on ne raconte généralement pas en plus de 3 minutes au journal télévisé ou, au maximum, lors d’un reportage dans « Envoyé Spécial ». C’est une histoire qu’on ne connait qu’avec une voix off grave et clinique qui dépeint l’horreur d’un drame qui ne touche personne. Ceuta est une terre espagnole au nord du Maroc, qui a la particularité d’avoir vu fleurir ces dernières années un mur appelé « barrière de Ceuta » de 8km de long et de 6m de haut pour endiguer le flot migratoire clandestin. Aujourd’hui encore, elle accueille des centaines de clandestins de tous les pays (principalement d’Afrique) qui espèrent y trouver une porte vers l’Europe. Mais les places sont chères et les survivants au périple inhumain qui amène à Ceuta attendent parfois des années avant de se voir refuser le fameux ticket doré qui leur donne le droit de poser le pied sur des terres européennes. Loïc H. Rechi et Jonathan Millet ont d’abord pris le temps d’établir une relation de confiance avec les migrants qui errent à Ceuta avant de sortir la caméra. Par ce procédé, ils offrent un témoignage authentique des espoirs, des déceptions et des pensées de ces hommes perdus à la frontière d’un monde qui ne les attend pas. En n’entrant jamais dans le centre d’accueil surpeuplé, les deux réalisateurs se concentrent sur les endroits appropriés des migrants, les chemins, les lieux de partage impovisés, le parking ou l’entrée d’un supermarché où certains vont chercher du travail. Ce sont les lieux où ces hommes qui ont vécu l’indicible pendant un voyage qui a duré parfois plusieurs années, se retrouvent doucement. Ce repos forcé semble être à la fois une thérapie et un torture. Chaque jour les éloigne plus d’un futur qu’ils espèrent doré, chaque jour a son lot de déceptions et de peurs (comme celle, présente, d’être renvoyé dans son pays). À ceci s’ajoute l’incompréhension totale des proches restés au pays qui veulent croire à un ailleurs meilleur et le mépris silencieux des européens qui les voient comme des parasites en puissance. À cette frontière aux airs de purgatoire, ces hommes sont seuls. Ils ont abandonné femmes et enfants, ont combattu la nature, ont repoussé les limites de leurs corps, ont oublié un temps ce qui faisait d’eux des hommes. Ces hommes, les survivants, ont vu leurs compagnons de route, mourir. Et ils sont contraints d’errer comme des fantômes puisque sur terre, il n’y a pas de place pour eux. C’est sur un véritable monde d’horreur que se pose le regard humain de Loic H. Rechi et Jonathan Millet. Une douce prison, silencieuse sous un ciel bleu de vacances, et qui voit chaque jour passer des hommes fantômes qui succombent à la plus grande des injustices. Pourtant, certains ont encore la force d’y croire pendant que d’autres mettent en musique la dureté du voyage. Des notes de musique comme un message de prévention à destination de ceux qui sont restés et n’attendent que de partir. Ce documentaire raconte les hommes derrière les chiffres, les discours politiques et les titres de journaux. Il raconte le courage et la force. Il raconte la folie aussi. [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=1WGy6Hb8rL0[/embedyt] A découvrir sur Artistik Rezo : |
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