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Hovig Hagopian : “J’aborde souvent ces expériences de tournage comme des laboratoires”

Rencontre avec Hovig Hagopian, chef opérateur et réalisateur. Entre clips vidéos, courts métrages et documentaires, il nous fait part de son expérience et de sa vision de la profession de directeur de la photographie.

Peux-tu nous parler de ton parcours ? 

Après un baccalauréat scientifique, je me suis orienté vers un BTS audiovisuel option image, avant d’obtenir un Master 1 Cinéma à l’université Sorbonne Nouvelle. J’ai ensuite intégré La Fémis en 2016 dans le département image, pour y suivre une formation continue de quatre ans.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont principalement issues du cinéma. Je suis particulièrement touché par le travail commun de certains duos de chef opérateur/réalisateur, dont j’admire le travail de l’image et le rapport établi à la mise en scène. Je pense notamment à Clément Cogitore et Sylvain Verdet, Jonathan Ricquebourg et Jean-Charles Hue, ou encore Hélène Louvart et Alice Rohrwacher.

Quelle est la difficulté du métier de chef opérateur ?

La grande difficulté de ce travail est de traduire en images les envies d’un metteur en scène. L’enjeu principal est de réussir à cerner ses intentions et à les retranscrire de la meilleure façon possible dans le film.

Les Punaises, de Lisa Sallustio – Photographie par Hovig Hagopian

Quelle est la différence entre travailler sur un film ou un court métrage et travailler sur un clip vidéo ?

Selon moi, la principale différence entre le court métrage de fiction et le clip vidéo est le rapport au temps. Sur un court métrage, le temps de préparation et de tournage est souvent plus long. On reçoit un premier scénario avant le tournage, on prend le temps de discuter du film avec le metteur en scène et de s’imprégner des personnages et de l’histoire. Ce temps de réflexion et de recherche est essentiel, il permet de travailler en profondeur l’esthétique du film. À l’opposé, sur un clip vidéo, tout va beaucoup plus vite. C’est un travail sur un objet commercial, que l’on doit réaliser dans une forme de précipitation et en faisant preuve d’une grande efficacité. C’est une autre façon de travailler, de penser l’esthétique d’un projet. Malgré ces contraintes j’aborde souvent ces expériences de tournage comme des laboratoires, me permettant à chaque fois d’essayer des choses nouvelles, en m’efforçant de ne pas reproduire les mêmes schémas.

 

Quel est le projet sur lequel tu as préféré travailler ?

Le projet le plus récent et sur lequel j’ai beaucoup appris est un clip réalisé par Zaven que nous avons tourné en Estonie pour l’artiste Zaho. Nous avons eu la chance de tourner dans des décors hors norme, avec une équipe principalement composée de techniciens estoniens. Chaque jour avait son lot de surprises, de par les configurations de mise en scène variées et les choix esthétiques divers. C’était une expérience extrêmement enrichissante, aussi bien techniquement qu’humainement. J’ai hâte de pouvoir à nouveau travailler sur un projet à l’étranger, avec autant de défis à relever.

Peux-tu nous parler un peu de ton documentaire, Storgetnya

Dans le cadre de ma dernière année à La Fémis, j’ai réalisé Storgetnya. C’est un court métrage documentaire tourné dans une mine de sel en Arménie. Je suis allé filmer pendant plusieurs jours l’intérieur de l’exploitation, dans une clinique qui se trouve à 230 mètres sous terre. L’air salin y est tout à fait bénéfique pour les asthmatiques, c’est un espace où des hommes et des femmes de tout âge se retrouvent pour des cures, ils viennent y séjourner et pratiquer des exercices physiques pour mieux respirer.

Quel a été l’impact de la pandémie sur ton travail ?

Lors du premier confinement, je me trouvais justement en Arménie sur le tournage de mon film. Au lieu des quinze jours initialement prévus, je n’ai pu en passer que six sur place. L’impact de la pandémie à été très important sur ce projet, mais beaucoup moins pour la suite. J’ai fini mes études fin 2020 et j’ai eu la chance de commencer à travailler très vite ensuite. Mon ressenti est que la pandémie a eu moins d’impact sur la production des clips vidéos ou des publicités que sur les projets de courts métrages. Nombre d’entre eux n’ont pas encore pu voir le jour à cause des restrictions sanitaires, notamment celles affectant le milieu culturel.

As-tu des projets en préparation ?

Après un début d’année particulièrement rythmé par des tournages de clips et de publicités, je suis actuellement en train de préparer deux courts métrages de fiction.

Découvrez l’univers d’Hovig Hagopian sur son site Internet.

Propos recueillis par Mattéo Ramanitra

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