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    James Gray, le plus européen des cinéastes américains

    15 janvier 2017
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    James Gray, le plus européen des cinéastes américains

    La bande annonce du prochain film de James Gray (« The Last City of Z ») vient d’être dévoilée (pour une sortie de film prévue le 15 mars). Portrait de l’un des réalisateurs les plus sous-estimés et incompris de sa génération.

    Ne vous fiez pas à ses titres de séries Z ! James Gray est un grand. De ceux qui redonnent espoir au 7e art et qui feront mentir tous ceux qui clament que le cinéma d’auteur américain est mort. En effet, avec les Paul Thomas Anderson ou Alexander Payne, ne reste-t-il pas l’un des rares à pouvoir créer du grand cinéma intimiste ?

    Comme le premier, il écrit et réalise. Pas d’adaptation. Il crée son univers de A à Z : histoire, héros brisé, style léché, filmant la ville comme un vrai personnage. Le tout dans une atmosphère froide.

    Dans la pure tradition des films noirs, il s’inscrit comme l’un des plus européens des cinéastes d’outre-Atlantique. À l’image de Coppola et de sa trilogie du Parrain, le cinéma de James Gray ne peint pas une fresque de la mafia, mais s’en sert comme support pour parler de sa réelle obsession : la famille. Directement influencé par le cinéma de chez nous, dans la lignée des films de Melville, Gray reprend les mêmes ingrédients: une mise en scène extrêmement maîtrisée, une tension quasi-permanente, un sens du cadre qui fait mouche sur chaque plan. Pas d’esbroufe, jamais de violence gratuite, tout dans la nuance.

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    Un penchant pour les anti-héros

    Bien loin des standards héroïques américains, James Gray ne dessine que des personnages dont le destin semble voué à l’échec. À l’image des Coen, il filme ses magnifiques loosers se battant contre un destin malheureux. Chacun de ses anti-héros souffre de trouver sa place au sein d’une communauté aux codes bien définis. Victimes de leurs erreurs passées, ils se trouvent en proie au doute, à d’éternelles remises en question.

    Le cinéaste aime montrer leurs tiraillements, leur désarroi, en minimisant les dialogues pour optimiser la démonstration de leurs émotions. En effet, chez lui, tout se passe entre les lignes. Les liens entre les protagonistes se fondent sur les non-dits. Les silences sont lourds de sens et disent tout haut ce que les spectateurs pensent tout bas.

    Avec seulement cinq films à son compteur, l’Américain a déjà tourné avec les plus grands. Jugez plutôt : Joaquin Phoenix, Mark Walhberg, James Caan, Charlize Theron, Tim Roth, Faye Dunaway… Il peut toujours compter sur son acteur fétiche, Joaquin Phoenix, dont l’attrait pour les rôles torturés n’est plus à prouver. Si Gray connaît son cinéma sur le bout des doigts, ses films offrent aux comédiens de beaux défis en matière d’interprétation. Et comme sa direction d’acteurs est juste magnifique, les plus grands talents l’accompagnent dans ses beaux projets.

    Injustement mésestimé dans son pays, heureusement que James Gray est apprécié sur le vieux continent. À vous de juger !

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    Alexis Vielle

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