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    La Mouette – Théâtre Les Enfants terribles

    29 novembre 2012
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    La Mouette - Théâtre Les Enfants terribles

    Depuis, la tentation est trop forte de comparer le travail de la compagnie l’Equinoxe de Printemps — qui donne, encore pour quelques deniers jours, La Mouette jouée admirablement et sans moyens, dans une des petites scènes de Paris — avec l’autre Mouette, celle-là sur-spectaculaire et sur-subventionnée, montée au Palais des Papes par Arthur Nauzyciel qui en a fait le In à Avignon cet été 2012 dans une fâcheuse mise en scène. C’est ainsi que l’écrivait bien mélancoliquement notre consœur de Télérama : « mise en scène poseuse, prétentieuse, stylisée, symboliste et mortifère » en ajoutant qu’Anton Tchekhov a dû se retourner dans sa tombe…

    En revanche, l’œuvre d’Anton Tchekhov suppose la délicatesse que nous offre la troupe de l’Équinoxe ; des  comédiens sérieux et passionnés, attelés à leur affaire comme les sincères interprètes d’histoires d’amour entrecroisées où transpire l’amour du théâtre.

    « Je pars avant tout de la personnalité des comédiens, explique le metteur en scène, adaptateur et comédien Sylvain Herry. Je les connais pour les avoir fait jouer dans un précédent spectacle (Roberto S. de Voltés) et je savais appréhender qui serait Dorn, Arkadina ou encore Sorine ! Je pars de ce principe qu’il faut servir les auteurs. Il faut jouer leurs textes et non pas l’inverse et jetant les idées en pâture. » Dont acte !

    Agathe Pujol a regardé cent fois ce qu’il nous reste de Sarah Bernhardt pour se servir de la façon dont elle faisait évoluer ses rôles : « je dois conserver le personnage de Nina qui passera de la naïveté à la destruction tout en conservant l’espérance. Si pour elle la vie est illusoire, il faut que le spectateur s’en rende compte. Elle aime ce qui est glorieux sans être opportuniste « cette jeune comédienne pleine de promesses qui a connu un parcours technique au Théâtre du Soleil et à la Colline, choisit de ne pas jouer la mélancolie mais la luminosité, et, ajoute-t-elle « le personnage lumineux s’éteint malgré sa revendication du droit à la vie ! »

    Qui est Macha, cette femme assurément triste ? Sarah Dibony en véritable tragédienne la transforme. Elle fait de cette femme qu’on dit à tendance alcoolique, une artiste contrariée qui n’aura jamais eu la vie à laquelle elle aspirait. Et nous confie que : «  C’est un plaisir de déposer un voile de tristesse sur on visage, d’être juste à côté de cette tristesse, de se situer au bord des larmes sans s’y vautrer pour montrer aux spectateurs qu’une femme peut-être triste sans que les autres sachent pourquoi. »

    Claude Rasquin, comédienne à deux facettes, apporte sur le plateau garni de son égo la mondanité qui convient à Irina Arkadina, ancienne Diva des planches. Eric Tournecuillert endosse tour à tour deux rôles avec une incontestable présence naturelle. Son jeu est comme lui : intemporel ! Surprenant Vincent Michel, dont l’excellent jeu distancié de Dorn, médecin de campagne, étonne. Ce comédien arrivé au théâtre sur le tard possède un talent évident et le calme qui sied à un jeu tout en douceur et précision. L’écrivain Trigorine (Sylvain Herry ) demeure convaincant de bout en bout et Ludovic Pierrat qui a tout du jeune premier reste également fort juste. Ce comédien apporte avec aisance la preuve que La Mouette est une pièce romantique. ainsi que l’est Treplev dans le texte, son personnage qui aime Nina. Doyen de cette assemblée des existences meurtries, Claude Liehrmann donne à Sorine le double qu’il fallait pour composer un personnage naviguant entre sa désillusion et son conseil de sage avisé. Lui, ne le raconte pas mais porte sur lui que la mort rôde….

    Quant à la Mouette, merci pour elle, elle va bien depuis son retour d’Avignon !

    Patrick DuCome

    La Mouette

    D’Aton Tchéchov

    Mise en scène de Sylvain Herry

    Avec Sarah Dibony, Sylvain Herry, Claude Lierhmann, Vincent Michel, Ludovic Pierrat, Agathe Pujol, Claude Rasquin et Eric Tournecuillert

    Vendredi 30 novembre à 20h
    Samedi 1er décembre à 20h
    Dimanche 2 décembre à 15h

    Tarif : 12 euros

    Réservations : 01.46.36.19.66

    Théâtre Les Enfants terribles
    157, rue Pelleport
    75020 Paris
    M° Télégraphe

    www.lesenfantsterribles.fr

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