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    Dusty Nation : “Être proche de vous comme vous l’êtes de la musique”

    Jade Vigreux 26 avril 2020
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    © Antonin Wolkowicz Teysseres

    Au cœur de l’univers de la musique électronique lyonnaise, Dusty Nation se distingue en concevant la scène comme un espace de convivialité où résonne une House nuancée. Rencontre avec Saint Louïs, DJ et cofondateur du collectif, afin de mieux comprendre leur projet artistique

    Pourquoi avoir choisi ce nom « Dusty Nation » ? 

    Pour commencer, j’ai co-fondé l’association avec un ami à moi sur les bancs du lycée à Nice. Notre ambition initiale était de faire émerger la musique électronique dans une ville peu dynamique sur ce plan-là. En dépit de la culture underground que nous préférions, la musique commerciale était le modèle de référence, nous voulions alors donner une nouvelle impulsion ! Notre ligne directrice se fondant essentiellement sur la House Music précurseuse des années 90, le mot « dusty » fait allusion aux vinyles poussiéreux, emblématiques de cette époque. « Nation » évoque quant à lui, l’esprit de communauté ; la House est un genre musical synonyme de partage et d’acceptation de l’autre.

    Comment définiriez-vous plus précisément, votre identité musicale ? 

    Notre House est très éclectique ; nous ne nous restreignons pas à un seul genre musical. Chaque artiste du collectif – nous sommes trois DJs en tout – a sa palette spécifique. Par exemple, nous avons Pyxide, d’origine lyonnaise, qui joue sur les sonorités Tech et pointues ; puis Eugène qui façonne une House plus « sulfureuse », en ajoutant des breaks très synthétiques ou des voix de type gospel. Quant à moi (Saint Louïs), j’aime relever mes bases de House avec des notes acidulées et funky. En favorisant la mixité de notre groupe, nous essayons de saisir la House dans sa globalité.

    © Antonin Wolkowicz Teysseres

    Vous mixez donc séparément ? 

    Nous avons pour habitude de mixer en B2B (Back to back), c’est-à-dire que nous sommes à trois derrière les platines lorsque nous sommes en représentation ; sinon nous privilégions lors de nos propres soirées, les sets individuels. Ce type de performance, en Back to back, caractérise tout à fait l’ADN de Dusty Nation ; la scène musicale devient un lieu d’échange.

    Cest cela que vous nommez la « Dusty Family » ? 

    Oui, parfaitement. Nous souhaitons, certes, que les personnes viennent à nos événements pour écouter de la bonne musique mais, plus encore, pour vivre un moment de convivialité. C’est cette proximité, entre le crew et le public, que nous valorisons dans notre ligne artistique.

    Quelles sont vos influences musicales ?  

    Même si nos tendances divergent, le Jazz nous intéressent tous unanimement ; que cela soit du Frank Sinatra ou du Gil Scott-Heron ; certaines musicalités résonnent dans nos tracks. Côté musique électro, et cela n’engage que moi, je pourrais citer William Djoko ou encore, à l’échelle locale, Pablo Valentino et Baume que je recommande chaudement.

    Peux-tu nous parler de votre progression artistique ? 

    Après avoir lancé notre projet à Nice, nous avons décidé de l’exporter, pour une vingtaine de représentations et une durée d’un an, aux Pays-Bas en 2016. L’année suivante, en intégrant le label Carré Bleu Records, nous voulions donner une nouvelle couleur au projet et proposer des concepts événementiels différents. Nous étions extrêmement inspirés par l’univers festif du nord de l’Europe ; une décoration très travaillée, la création d’une atmosphère singulière, etc. Autant d’aspects humains, ou même écologiques, que nous souhaitions apporter à la scène électronique lyonnaise.

    Quel serait votre événement idéal ? 

    Le projet rêvé serait un festival collaboratif et pluridisciplinaire, qui intégrerait différentes personnalités et associations de la scène House et autres disciplines artistiques, telles que la peinture ou la photographie. Le tout avec une dimension sociale très marquée.

    Avec quels lieux de diffusion collaborez-vous ? 

    Nous nous produisons principalement au Bellona Club, au Biztoofly et au Terminal où nous résidons avec notre concept « La Petite Sœur ». L’événement On Air, en partenariat avec Mediateur Electronics, se déroulant dans un espace atypique, représente tout à fait le type d’ambiance que nous affectionnons. Nos interventions sur C’Rock Radio sont aussi très complémentaires.

    La musique électronique est particulièrement développée à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ; comment vous placez-vous ?

    Cette diversité d’artistes est une chance ; on peut prendre des baffes musicales à chaque coin de rue ! Cela peut, certes, nous invisibiliser ou nous déstabiliser, mais c’est également très challengeant ! L’enjeux devient alors de savoir comment se démarquer parmi une proposition musicale surchargée. Notre technique évolue au gré de nos connaissances ; ce qui nous a permis, cette année, de faire les premières parties d’artistes comme Bellaire ou Mark Blair. Grâce à la collaboration avec les Chineurs de Madrid, nous parvenons à toucher un public plus vaste et tendons alors vers l’objectif « Nation » du collectif. Aujourd’hui, l’inquiétude se situe plus dans l’anticipation de la reprise des activités nocturnes, suite au confinement.

    © Pablo Gallardo

    Comment vous réinventez-vous dans cette situation ? Une track pour la fin ?

    Nous avons mené un projet dénommé Lyon City Live, qui a pour objet la diffusion d’un live par soir, pendant un mois, et la promotion d’artistes indépendants et locaux. Je conseillerais d’ailleurs un set de cinq heures qui, pour le coup, donne un bon aperçu de notre style (ici).

    Plus d’informations sur le collectif : Facebook et Instagram.

    Propos recueillis par Jade Vigreux

     

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