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    Grandma’s Ashes : “Notre musique est une catharsis”

    Mathilde Bibard 12 janvier 2021
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    © Yann Morrison

    Trio de rock progressif, Grandma’s Ashes nous transporte dans un univers chargé d’harmonies, d’énergie et d’humour. Ce 15 janvier, il sort son premier et tant attendu EP, The Fates, fruit d’une symbiose musicale riche en influences et en émotions.

    On peut dire que vous avez égayé notre confinement, avec l’annonce de votre premier EP et la sortie du clip de votre titre Daddy Issues ! Comment avez-vous vécu cette période ?

    On a été confiné séparément, mais on a beaucoup échangé par écrit, on s’envoyait des maquettes et on a enregistré des sessions live. Finalement, ça a été une période assez intéressante, puisque nous avons pu prendre du recul afin de développer chacune ses idées et échanger ensuite ensemble.

    On vous caractérise souvent comme le trio féminin du stoner rock et du progressif. On remarque vos influences tantôt baroques, tantôt punk. Comment arrivez-vous à trouver une symbiose musicale et à concilier vos propres influences musicales ? 

    Par beaucoup de compromis ! On essaye de s’accorder pour servir une forme de narration. On vient toutes les trois d’univers différents et c’est ce mélange hybride qui devient notre musique à nous. On ne se pose plus la question de nos influences, car nos idées respectives donnent de l’inspiration aux autres.

    Grandma’s Ashes (littéralement les “cendres de grand-mère”) est un nom qui claque et qui assume son côté décalé. Que voulez-vous nous transmettre ? 

    Des choses universelles, des sentiments qu’on partage tous. On parle de l’apathie qu’on peut ressentir face à la société dans laquelle on évolue, la tristesse après la perte de quelqu’un. On cherche à relier ces expériences très personnelles pour créer un partage avec l’auditeur. L’humour dans nos textes vise souvent à apporter de la pudeur. Ne pas parler ouvertement d’un sujet trop douloureux permet de poser un filtre universel et de toucher plus de monde. Nos titres humoristiques, nos compositions assez longues et nos structures peu communes emmènent l’auditeur dans une sorte de voyage. On essaye d’appréhender l’émotion ou la situation comme un tout qu’on ne pourrait pas résumer en deux minutes.

    © Yann Morrison

    Le nom de votre EP, The Fates, fait référence aux Trois Parques de la mythologie. Pourquoi avoir choisi d’incarner cette inspiration ?

    On a joué à Montreuil il y a un an ou deux, et un monsieur à la fin du concert est venu nous voir. Il nous a décrites comme les Trois Parques en analysant tous nos mouvements sur scène. Ça nous a beaucoup fait réfléchir par rapport aux rôles qu’on incarne sur scène : le fait de couper le fil avec la rythmique, de le dérouler avec la mélodie ; ça nous a semblé métaphorique de notre musique. C’est comme dérouler le fil narratif de nos chansons.

    Dans vos chansons, vous mettez en scène des personnages fictifs qui, pourtant, partagent des histoires universelles. On peut facilement s’identifier. Livrez-vous une petite partie de vous dans vos textes ? 

    On met du temps à composer nos musiques, assez introspectives. D’ailleurs, chaque chanson est une sorte de psychothérapie. Si c’est un sujet triste, la chanson achevée et jouée en live prend la forme d’un exutoire. Donner de soi au public, c’est partager et être généreux avec les sentiments. Nos moments sur scène sont très importants car ils catalysent des émotions, proposent une forme de communion. Notre musique est une catharsis, avec un flot d’énergie incroyable.

    Certains morceaux enregistrés en studio pour votre EP ont été produits en version live sans retouche. C’était une volonté de votre part de nous immerger en performance live, brute et sans arrangements ? 

    On a enregistré tous les morceaux de notre EP dans les Studios Ferber. On est avant tout un groupe de live, c’est là où l’on a une communion toutes les trois, et on voulait que ça s’entende dans notre premier EP. C’était une volonté de se définir comme un groupe de live, un trio qui s’écoute. C’est un peu notre capsule temporelle, une version qu’on cristallise et qu’on n’a pas besoin de retoucher.

    © Yann Morrison

    Les morceaux présentés dans votre EP proviennent de sons qui vous accompagnent parfois depuis trois années. Vous y avez apporté la maturité musicale de Grandma’s Ashes. Quelle est votre sensation quand vous les jouez aujourd’hui ?

    Après tant d’attente, c’est un soulagement et une grande joie de les partager avec les gens. Le fait de prendre son temps nous a permis de peaufiner notre esthétique sonore et visuelle. On a apporté de l’unité à nos compositions.

    Toutes les trois vous avez une énergie folle ! On ne peut pas en douter après avoir assisté à vos performances live. Quels sont d’ailleurs vos projets et vos concerts en 2021 ? 

    On espère pouvoir partir en tournée l’été prochain. Le live permet d’avoir des bruits, des échos, des réactions. On aime surprendre le public, changer les rythmes, ce que le digital ne permet pas. Notre musique évolue aussi en fonction de nos propres découvertes musicales. Nous sommes curieuses de tester de nouvelles choses. Sans limite.


    Propos recueillis par Mathilde Bibard

    Sortie de l’EP, The Fates, le 15 janvier en vinyle et sur Spotify.

    Retrouvez Grandma’s Ashes sur Facebook et Instagram.


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