Hozier à la Salle Pleyel : un retour attendu
© Marie Perreau
Le 6 septembre 2018, Hozier sort le nouvel EP, « Nina cried power », composé de quatre chansons. Dans la foulée, Hozier annonce les dates de la tournée européenne. Nous étions à son dernier concert, Salle Pleyel.
Après le franc succès de son premier (et seul !) album éponyme sorti en 2014, Hozier s’est montré plutôt discret sur le devant de la scène. Après plusieurs années d’attente, ses fans vont être ravis avec cette série d’événements. Le concert du 14 novembre a donné le ton.
La première partie était consacrée à de Suzanne Santo, membre de la formation musicale d’Hozier. Ces quarante minutes sont passées en un clin d’œil : chansons entraînantes, volonté de faire bouger un public timide qui adhère très vite à l’énergie de la chanteuse et se laisse volontiers entraîner. Une première partie qui a annoncé la couleur du concert.
Hozier se révèle enfin sur scène
Le concert a commencé par Real People Do de l’album « Hozier », une chanson d’amour qui célèbre la beauté de la nature, thème récurrent dans le répertoire de celui qui est souvent considéré par ses fans comme un « être de la forêt ».
Les chansons du nouvel EP ont résonné dans la salle, comme Shrike, dont le chanteur nous a donné la signification : un oiseau qui aime se mettre sur des endroits pointus, comme les cactus, pour planter ses victimes qu’il laisse sécher quelques jours avant de les manger. « Parfait pour une chanson d’amour ! » nous a-t-il précisé.
Movement, sortie officiellement quelques heures plus tôt, a été jouée à la fin. La voix d’Hozier semblait d’ailleurs provenir d’ailleurs, de l’au-delà. Les musiciens l’accompagnaient à la perfection et l’ombre projetée sur l’un des murs donnait l’impression d’un rêve éveillé. Ce moment hors du temps, porté par sa voix douce, si particulière, qu’il sait libérer quand il veut faire crier la salle, était exceptionnel.
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Un franc succès
Quant au public, il est resté sans voix, ce qui a surpris Hozier : « Vous me traitez avec tant de respect ». C’est la reprise de Destiny’s Child (Say my name) qui a enflammé la salle. Après Take me to church, le public a dansé sur cet arrangement orchestral qui rend la chanson bien différente.
La reconquête a été un succès salué à l’unanimité par un public conquis par la tendresse libérée de ce géant irlandais et la mise en scène particulièrement réussie. Hozier a annoncé un prochain concert parisien avec la sortie d’un album « in a few months ». Nous l’attendons impatiemment.
Marie Perreau
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